A lire sans modération !

Zewo Magazine aux écoutes

Les férus de lecture seront heureux de découvrir la nouvelle édition « Acouphènes », Hyperacousie, maladie de Ménière, Neurinome de l’acoustique, remise au goût du jour. 

Les dessous de l’oreille, le ressenti des patients suivant chaque pathologie analysée, les actuels traitements et thérapies, les conseils pratiques, ainsi que les perspectives d’avenir sont dévoilés dans le nouvel ouvrage « Acouphènes », Hyperacousie, maladie de Ménière, Neurinome de l’acoustique, conçu par l’association France Acouphènes aux Editions Josette Lyon.

Bourdonnements, sifflements d’oreilles, pathologies sont développés dans cette toute nouvelle édition entièrement mise à jour. De nombreux conseils, des stratégies, des témoignages et une liste d’examens conseillés par des médecins ORL sont réunis dans ce livre sous l’impulse de l’association France Acouphènes. Fondée en 1992, elle regroupe des patients et leurs familles, et des bénévoles souffrant souffrant d’une déficience auditive.

L’enseigne Payot met en vente « Acouphènes », Hyperacousie, maladie de Ménière, Neurinome de l’acoustique.Plus d’infos sur : www.payot.ch

Copyright Editions Josette Lyon

La nouvelle application gratuite « MyProfonia » pour grand public est en ligne depuis le 27 septembre dernier, offrant des entraînements auditifs.

MyProfonia offre un programme d’entraînement auditif et de nombreux conseils au grand public. La nouvelle application gratuite est en ligne depuis le 27 septembre 2018, lancée par le Centre auditif Acoustique Médicale Plainpalais à Genève. Elle complète l’application « Patient Malentendant » dédiée aux professionnels, toutes deux initiées par la start-up française Profonia.

MyProfonia
Toute personne souhaitant entraîner son audition, malentendant appareillé ou non, peut avoir accès à l’application MyProfonia. « Nous souhaitons également agir en terme de prévention, envers les jeunes exposés à la musique comme envers les personnes travaillant dans le bruit », commente Patrice Bessy, audioprothésiste indépendant dans le centre auditif Acoustique Médicale Plainpalais.

Après avoir créé son compte à partir de l’application téléchargée, l’entraînement auditif peut commencer. Un exercice pour identifier les monosyllabes est proposé le premier jour. Une fois la session du jour réalisée, un nouvel exercice est proposé le jour suivant et ainsi de suite. Il faut attendre quelques jours pour que la difficulté progressive commence à se faire ressentir. Chaque personne suit son entraînement à son rythme.

L’application permet également de lire tous les conseils et explicatifs sur la baisse d’audition, comment bien vivre avec ses appareils auditifs et se faire appareiller. L’audition, en quelques mots, décrit l’oreille interne, externe et le pavillon.

Compréhension des sons, échelle des décibels, sons nocifs, bruits dans le cadre du travail, protection des oreilles et plus encore le choix d’un appareil, le remboursement, les nouvelles technologies, l’essai d’un appareil, sa durée de vie, etc., sont à portée de main dans l’application. Et un utilisateur de préciser : « je m’exerce pour différencier des mots, stimuler ma mémoire et m’entraîner à comprendre le bruit ; des actions qui me donnent le sentiment de continuer à exister en public ! ».

Selon une étude réalisée par Profonia en novembre 2017, 78% des utilisateurs ressentent des progrès au niveau de leurs fonctions cognitives.

« J’entends mais je ne comprends pas… »

« J’entends mais je ne comprends pas… » est une phrase récurrente. Faits et conséquences.

Une partie de l’audition capte le son : l’oreille externe. Une partie transforme la vibration du son en impulsions nerveuses électriques : la cochlée située dans l’oreille interne. Les aires auditives du cerveau ou le système auditif central permettent de décoder le son et de l’identifier. La compréhension de la parole se fait alors correctement si ces trois parties fonctionnent ensemble.

La presbyacousie est à l’ouïe ce que la presbytie est à la vue, principalement due à la détérioration irréversible des capteurs de son présents dans l’oreille interne, appelées cellules ciliées externes. Comme ces cellules sont moins nombreuses et ne captent plus tous les sons, l’identification des sons est dégradée et entraîne une perte de compréhension. C’est alors que nous déclarons : « j’entends mais je ne comprends pas… »

Conseils d’un professionnel avisé
Patrice Bessy fait le point sur l’entraînement auditif et répond à une série de questions.

Le port d’aides auditives suffit-il à retrouver une bonne compréhension de la parole ? 
– Grâce au port d’une aide auditive et à une technologie de plus en plus poussée, les sons arrivent plus nombreux dans l’oreille et ré-augmente petit à petit son efficacité. Cependant, dans certains environnements sonores, les appareils auditifs ne suffisent pas et les personnes ont encore du mal à comprendre dans certaines situations. C’est à ce moment-là que l’entraînement auditif à un rôle à jouer. Ainsi, pour compléter l’amplification des appareils auditifs, un entraînement auditif peut être mis en place. Cet entraînement va aider à améliorer certaines capacités oubliées par la personne malentendante : l’attention auditive, la concentration, l’écoute sélective, la distinction des fréquences et tonalités.

L’entraînement auditif peut aussi améliorer la compréhension globale en travaillant la distinction de mots similaires, les stratégies d’écoute et de communication, la compréhension des impulsions auditives, mots et phrases, l’articulation et le langage, la lecture labiale.

Quels professionnels effectuent le suivi de l’entraînement auditif ?
– L’entraînement auditif est principalement pratiqué dans la rééducation des implantés cochléaires. Ce sont les logopédistes qui assument ce rôle, épaulés par les audioprothésistes qui eux ont pour rôle de régler les implants cochléaires. L’entraînement auditif pour les personnes ayant un appareillage « classique », c’est-à-dire pour des patients souffrant en majorité d’une presbyacousie, est beaucoup moins courant. Les audioprothésistes, qui ne sont pas spécialisés dans la rééducation de l’implant cochléaire, ont encore peu connaissance de ce nouveau type d’entraînement.

A qui s’adresse l’entraînement auditif ?
– L’entraînement auditif s’adresse à tout le monde, aux personnes appareillées ou non. Aussi bien pour des personnes qui veulent optimiser leur capacité auditive que pour des personnes qui veulent renforcer et améliorer leur audition. L’entraînement peut même alerter d’une éventuelle baisse d’audition si les résultats sont trop bas.

A quel moment enclencher cet entraînement ?
– Plus l’enclenchement de l’entraînement auditif sera réalisé tôt, plus le processus d’apprentissage pour le cerveau sera rapide. Il s’agit d’une gymnastique. Ainsi l’enclenchement peut se faire de manière préventive, en même temps que l’appareillage ou même bien après.

Quels sont les principes de l’entraînement auditif et comment ça marche ?
– L’entraînement auditif se pratique dans un environnement calme avec des exercices à faire chez soi. Le programme est automatique et s’adapte en permanence aux difficultés du patient. Ainsi, le patient peut travailler à son rythme et quand il le souhaite.

« Patient Malentendant » pour les professionnels
Le centre auditif collabore déjà avec la start-up Profonia sur l’appli « Patient Malentendant ». Cette application mobile permet d’améliorer la prise en charge des personnes malentendantes, de mesurer leur satisfaction, d’aider à améliorer leur compréhension de la parole disponible sur smartphone et tablette.

Un accès web pour le professionnel de santé permet le contrôle de l’appli Patient à distance et une interface ORL pour les personnes souhaitant être suivi par un professionnel de l’audition. « Le malentendant est placé toujours au cœur de l’écosystème et il bénéficie d’un suivi renforcé par le professionnel de santé audioprothésiste. », précise encore Patrice Bessy.

Application tout public gratuite Myprofonia

Apple en cliquant sur ce Lien Apple Store

Google Play en cliquant sur ce Lien Google Play

Via le site internet Profonia en cliquant sur ce Lien Profonia

www.acoumedic.ch

www.profonia.com

Application pour les professionnels : Patient Malentendant à visionner sur :

https://www.youtube.com/watch?v=phqIRHzw1gY

Etudes de références sur les performances des patients suite à l’entraînement auditif : « Amélioration de l’écoute dans le bruit grâce à de l’entrainement », D. Martinez :

https://www.researchgate.net/publication/278624764

 

 

copyright document word : Profonia

 

A la tête du Groupe Entraide Romand de Sourds-Aveugles, Malentendants-Malvoyants, GERSAM, Catherine Hutter enseigne la méthode Lorm-Haptic pour mieux communiquer et tire la sonnette d’alarme.

Depuis 1999, le Groupe Entraide Romand de Sourds-Aveugles, Malentendants-Malvoyants, GERSAM, consacre ses activités pour faire connaître et reconnaître le double handicap sensoriel de la surdicécité quasi inaperçu dans notre société.

La plateforme, mise en place par Catherine Hutter, appréhende des outils de communication pour les transmettre aux personnes dans le besoin et leur offrir un soutien. Elle-même subit la surdicécité depuis sa tendre enfance, la maladie Syndrome de Usher type II lui incombant.

Ce petit bout de femme lutteuse et tenace a fait un apprentissage de canneuse de chaises et a exercé en tant que monitrice au sein d’une institution pour personnes aveugles, malvoyants IMC, infirmes-moteurs-cérébraux. De là lui vient la motivation de faire « avancer les choses ».

« Je défends cette cause en mon nom bien-sûr, mais surtout en faveur des personnes concernées qu’on dénombre à 10’000 en Suisse ».

Elle fonde avec Anita Rothenbühler, étant atteinte des mêmes déficiences, l’association « Tactile Suisse allemande » en 1998. Ensemble, elles travaillent bénévolement main dans la main.

La vaudoise se focalise rapidement sur la création d’une structure similaire en Suisse Romande et crée GERSAM, qui célébrera ses vingt années d’existence en 2019.

Où est la relève ?
Etre malentendant ou sourd est une lutte journalière, subir en plus la malvoyance ou la cécité relève d’une bataille dans le quotidien des personnes concernées. « Ces handicaps sont malheureusement très peu connus, c’est pour ces raisons qu’il est nécessaire de poursuivre l’entraide et développer de nouvelles techniques pour pallier l’invalidité. L’isolement est multiplié par deux, les mesures mises en place réduites. Ni l’OFAS, ni l’AI ne reconnait la surdicécité, alors que nous sommes des personnes avec une identité et avons le droit à une vie décente ».

Affilié à l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles, UCBA, la Fédération suisse des Sourds, SGB-FSS et la Fédération suisse des aveugles, FSA, le groupe est autonome et s’autogère.

Parmi les tâches de Catherine Hutter, celle de participer régulièrement à des congrès et séminaires à travers l’Europe, organisée par l’Union Européenne de Sourdaveugles EDbU, lui permettant de découvrir de nouvelles méthodes d’apprentissage, de partager des idées et des projets et de faire connaître l’existence et le travail de GERSAM.

Elle organise des sorties avec les membres à raison de deux ou trois fois par année, donne des cours dans les hôpitaux, visite des EMS pour sensibiliser les professionnels comme les personnes atteintes, participe à des manifestations. Catherine Hutter, avec ses collègues alémaniques, a mis en place la méthode de communication Lorm-Haptic, qu’elle enseigne, notamment à l’aide d’un gant calligraphié, lors de cours pratiques organisés par l’UCBA et destinés aux soignants, guides et collaborateurs AsCom, bénévoles, personnes atteintes et à leur entourage.

Aujourd’hui, à l’heure du bilan, Catherine Hutter, septuagénaire, se soucie de la relève et tire la sonnette d’alarme. Par manque de moyens, l’association Tactile Suisse allemande s’est éteinte en cours d’année et GERSAM peine à trouver des bénévoles pour l’accompagner et poursuivre son travail. « Nous comptons onze membres pour la plupart âgés; les jeunes touchés par la surdicécité ne montrent pas grand intérêt pour notre groupe et ne s’impliquent pas. Pourtant, il est impératif qu’il subsiste et nous devons continuer à développer des outils adaptés à l’époque actuelle ».

Lorm-Haptic
La méthode Lorm, créée par l’autrichien Heinrich Landesmann sous le pseudonyme Hiéronymus au 19ème siècle, constitue un alphabet décrit à l’intérieur de la main (principalement la gauche), par des traits et points tracés dans sa propre langue.

L’application Lorm de l’UCBA permet d’apprendre et pratiquer via les tablettes, smartphone, Androïd et iOS.  A titre d’enseignante spécialisée de communications de la surdicécité, Catherine Hutter a développé, en collaboration avec quatre membres de GERSAM, une brochure explicative publiée dès 2009.

Haptic est une méthode complémentaire avec des signaux tactiles sur la main, l’avant-bras, le bras, l’épaule ou le haut du dos. Un manuel formatif a été édité en français, allemand, italien en 2012. « Un second manuel sortira l’été prochain avec des mises à jour et également une traduction en anglais ».

Les prochains cours de pratique Lorm-Haptic auront lieu à Lausanne d’octobre à décembre; les inscriptions sont ouvertes (voir encadré ci-dessous).

Une canne bicolore
Lors d’un congrès organisé par l’EDbU l’an dernier en Finlande, Catherine Hutter a reçu un cadeau d’une association nationnale de Bulgarie. Il s’agit d’une canne rouge et blanche représentant la surdicécité, homologuée dans de nombreux pays d’Europe. « Lorsqu’on aperçoit une personne avec une canne blanche, on sait qu’elle a une déficience visuelle, mais personne ne peut prétendre savoir qu’elle est aussi atteinte d’une déficience auditive, et c’est se mettre en danger quotidiennement. Je tente désormais et avec peine de la faire homologuer en Suisse ».

Catherine Hutter mène le combat d’une vie. Battante et tenace, elle est souvent mise à l’épreuve par le manque d’intérêts des personnes non concernées, par le manque de dynamisme des personnes concernées et par l’absence de lois. Malgré cela, elle se démène pour que le Groupe poursuive ses activités.

Cours de pratique Lorm et Haptic

Méthodes de communication en faveur de la surdicécité

Mardi 16 et 30 octobre 2018 de 14h00 à 16h00

Mardi 13 et 27 novembre 2018 de 14h00 à 16h00

Mardi 18 décembre 2018 de 14h00 à 16h00

Lieu: Angle rue Beau-Séjour / rue Charles-Monnard entrée dans les locaux du Club Alpin Suisse.

Arrêt du bus : « Georgette » pour les lignes nos 1-2-4-8-9-12-17.

Frais par cours: en fonction du nombe de participants-es

Inscriptions : par téléphone au 021 646 14 37 ou par email : cat.hutter@bluewin.ch (préciser objet : cours Lorm et Haptic)

Application Lorm :

Lien vers le téléchargement de la version Android

Lien vers le téléchargement de la version iOS (pour tablettes)

Légendes photo:

1 Catherine Hutter pose fièrement avec sa canne blanche et rouge représentant la surdicécité. Si elle est homologuée dans nombreux pays d’Europe, elle ne l’est pas encore en Suisse.

2 Un second manuel Haptic actualisé sort cet automne (en français, allemand, italien, anglais)

Le troisième volet de la formation de formateur/formatrice de langue des signes est en cours. Elle permet de se professionnaliser et d’acquérir les compétences nécessaires.

Depuis une trentaine d’années, la Suisse promeut un mouvement de professionnalisation des fonctions de formatrices ou formateurs d’adultes, ainsi que de spécialisation, avec l’apparition d’une offre de formation spécifique pour les formateurs-trices de langues ou en alphabétisation. En partenariat avec la Fédération Suisse des Sourds, l’Unité de formation continue de la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne propose une formation spécifique à l’enseignement de la langue des signes qui permettra au participant-e-s d’obtenir une qualification reconnue. Explications avec le Professeur associé HES, Daniel Lambelet.

Le mouvement de professionnalisation et de spécialisation des fonctions de formatrices ou formateurs d’adultes va de pair avec l’acquisition d’un diplôme. « Dans ce contexte, il est important que les professionnel-les qui accompagnent des adultes provenant d’horizons variés dans l’apprentissage de la langue des signes bénéficient également d’une formation continue professionnalisante ».

Pour améliorer les conditions de vie des personnes souffrant d’une perte auditive, les formateurs et formatrices de langue des signes contribuent à les faire accepter et respecter davantage, et à ce qu’elles puissent obtenir l’égalité des droits et des chances, et l’intégration sociale.

« Alors que la Fédération Suisse des Sourds défend la langue des signes et sa culture et encourage ainsi la socialisation linguistique bilingue, elle soutient également cette formation et collabore activement ».

Les diplômés sont habilités à dispenser des cours de langue des signes pour adultes de manière indépendante, ayant acquis ses bases de la linguistique et sa sociologie et approfondi leurs connaissances de la culture sourde. « Ils apprennent également à communiquer avec des groupes hétérogènes et à consolider leurs compétences de communication avec des participants adultes.

« La difficulté que certaines personnes sourdes rencontrent encore à trouver une insertion professionnelle épanouissante, malgré leur qualification, leur engagement au travail, etc est connue. La perspective de pouvoir devenir formatrice ou formateur de langue des signes ouvre pour certaines d’entre elles un horizon stimulant ».

Du côté des étudiants, cette formation leur permet de concevoir des modèles de planification, organiser, communiquer, élaborer, donner des cours et les évaluer. Ils sont également en mesure de percevoir les processus complexes des groupes d’étude, de les analyser, d’intervenir de manière adéquate et de soutenir les apprenant-e-s dans leur processus concret de formation et d’apprentissage.

Témoignage
Noha El Sadawy étudie cette voie et partage ses impressions. Son intérêt porte sur la pédagogie et la linguistique. « Cette formation m’intéresse beaucoup, le contact humain est direct, ce qui nous permet de mieux comprendre et de pouvoir poser des questions sans gêne ».

Elle a auparavant suivi diverses formations sur plusieurs années avec l’aide d’un interprète, semées de moments difficiles et d’autres enrichissants.

Noha a récemment fait son diplôme de CAS en médiation culturelle auprès de l’ESSP et était la seule personne subissant des déficientes auditives. « Il y a eu des problèmes avec l’AI, qui refusait de payer les frais d’interprétariat pour me permettre de poursuivre mes études. Après trois mois, j’ai dû m’arranger avec les interprètes bénévoles sans lesquels je n’aurais pas pu suivre ces cours, que je continue avec grand intérêt ».

Et d’ajouter : « il me paraît important que nous puissions participer aux cours avec les formateurs/formatrices, directement en langue des signes. Nous nous regroupons et échangeons beaucoup ».

L’aspect social est enrichi par la découverte de la communauté sourde et malentendante, les enseignants/enseignantes évoquent des exemples liés à elle.

« J’encourage l’intégration de cette formation équivalente à celle des étudiants entendants ; il est juste de pouvoir étudier comme eux ».

La fondation forom écoute reviendra sur cette formation au terme des examens en 2020 et au moment des prochaines inscriptions.

www.eesp.ch

 

© Marc Magnin

Regards Neufs poursuit ses activités pour rendre accessible la culture cinématographique aux personnes souffrant d’une déficience visuelle ou auditive.

Géré par l’association Base-Court créée en 1999, Regards Neufs a trouvé son public au fil des ans. Initialement, cette plateforme est dédiée uniquement à la programmation de films courts suisses et internationaux. Depuis 8 ans, elle propose également des longs métrages avec audiodescription en salle et sous-titrage. Elle promeut ainsi l’accès à la culture cinématographique aux personnes déficientes visuelle ou auditive.

En 2015, la fondation forom écoute publiait un article à ce sujet. Le point aujourd’hui, deux ans après l’entrée en scène de l’application Greta en Suisse et la formation d’audiodescripteurs romands.

Regards Neufs propose des films sous-titrés dans différentes salles de cinémas romandes depuis 2010. Dans un premier temps, cette prestation était offerte aux personnes malvoyantes ; l’offre s’est ensuite étendue à Genève et Martigny dédiée aux personnes sourdes et malentendantes. Celle-ci restait tout de même restreinte, car elle concernait quasi exclusivement les personnes en situation de handicap visuel ou auditif ; l’audiodescription était audible dans la salle et le sous-titrage présent à l’écran.

L’audiodescription des longs métrages documentaires et de fiction financés par l’Office fédéral de la culture étant obligatoire, une formation d’audiodescripteur professionnel a été donnée en 2016 et 2017.

Depuis deux ans, l’association prend son essor au niveau national, grâce aux applications Greta (audiodescription) et Starks (sous-titrage). Dès lors, trois nouveaux films par mois sont proposés à leur sortie en salle, ainsi que dans le cadre de festivals.

Greta deux en un
A l’origine, l’application mobile Greta permettait d’accéder uniquement à l’audiodescription et Starks au sous-titrage dans toutes les salles suisses lors des séances tout public.

Le téléphone se synchronise automatiquement à la bande son du film sans connexion wifi. L’audiodescription est audible dans un simple casque branché au smartphone et la lecture du sous-titrage s’effectue sur l’écran.

Depuis 2018, ces deux applications sont regroupées sur l’application Greta. Il suffit de choisir si l’on souhaite accéder à l’audiodescription ou au sous-titrage lors de la première connexion. La lecture du sous-titrage pour les personnes sourdes et malentendantes sera encore améliorée avec la sortie prochaine de lunettes connectées.

Au service de la sensibilisation
Depuis 2014, Regards Neufs organise des ateliers de sensibilisation à l’audiodescription dans des classes primaires. L’objectif est de rendre attentives les personnes valides aux questions du handicap et à l’importance de l’accessibilité de la culture au plus grand nombre. Les élèves écrivent eux-mêmes l’audiodescription d’un court métrage avec le concours d’une pédagogue formée.

Cette démarche leur permet de se mettre dans la peau d’une personne aveugle ou malvoyante en situation de projection, afin de décrire de la manière la plus pertinente les actions et les éléments nécessaires à la bonne compréhension du film.

La recherche du mot juste pour une description précise et respectant l’esprit de l’auteur implique un travail rigoureux de la langue. Suite à l’écriture, les élèves interprètent et enregistrent leur audiodescription dans un studio son ; une occasion de travailler l’interprétation et la diction. Un making-of et un DVD édité complètent ce dispositif.

Ils présentent ensuite le fruit de leur travail durant une séance publique en salle de cinéma. Elle aura lieu le samedi 13 octobre à la Cinémathèque Suisse à 11h. Le Génie de la boîte de raviolis de Claude Barras sera projeté avec l’audiodescription réalisée par les élèves. Leur travail sera également visible le même jour à la Bibliothèque d’Yverdon. Entre 10h30 et 11h30, Bruno Quiblier, directeur de Base-Court y présentera le film et le travail de sensibilisation réalisé par Regards Neufs.

Droit d’écoute
Si depuis 2016 l’audiodescription fait partie des exigences de l’Office Fédéral de la culture auprès de producteurs de films par le biais d’une ordonnance, les sous-titrages pour personnes sourdes n’ont pas l’obligation d’être produits. Il reste encore du travail pour que le public sourd et malentendant ait accès à un plus grand nombre de films.

Les milieux du handicap visuel, notamment la Fédération Suisse des Aveugles, se sont fortement mobilisés pour que la production d’audiodescriptions progresse tant à la télévision qu’au sein de la production cinématographique helvétique.

Alors que la création de sous-titres est bien moins chère, le cadre légal ne spécifie rien en la matière. Regards Neufs encourage les associations qui représentent les intérêts du public touché par un handicap auditif à se mobiliser pour obtenir que les films suisses soient également sous-titrés lors de leur sortie en salle. Elle poursuit ses efforts dans le but de voir la loi évoluer.

Bouillon de culture
Regards Neufs collabore tout au long de l’année avec des festivals de films tels que Visions du réel, Le Festival de Locarno, le GIFF à Genève ou encore le Festival du Film de Zurich. Durant sa 14ème édition qui se déroule du 27 septembre au 7 octobre 2018, Regards Neufs y propose deux films avec audiodescription et sous-titrage en allemand : Les ailes du désir de Wim Wenders et Wolkenbruch de Michael Steiner.

« Nous intervenons également sur invitation d’autres institutions culturelles, dont la Biennale Out of the Box, le Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ou le CHUV, afin de faire mieux connaître les méthodes d’accessibilité du cinéma pour les personnes touchées par un handicap », précise l’équipe de Base-Court.

Pour les projections en festival et les sorties de films en salle ou toute autre activité, les informations sont disponibles sur le site : http://www.regards-neufs.ch/

A voir et à entendre

Samedi 13 octobre 2018

Projection : Le Génie de la boîte de raviolis de Claude Barras, Cinémathèque Suisse à 11h.

Présentation : résultats du travail des élèves de classes primaires de l’Atelier de sensibilisation à l’audiodescription, Bibliothèque d’Yverdon-les Bains de 10h30 à 11h30.

Présentation : film et travail de sensibilisation réalisé par Regards Neufs, avec le directeur de Base-Court, Bruno Quiblier.

Copyright : Base-Court

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Application mobile Greta, mode d’emploi.

Audiodescription et sous-titrage avec les contenus disponibles au même endroit.

Lors de la première connexion, choisir la version souhaitée des films dans les cinémas. L’utilisation de l’application et son interface restent inchangées : même identifiant et accès au catalogue des audiodescriptions ou sous-titres disponibles. Pour installer la dernière mise à jour de Greta, télécharger la nouvelle application sur App Store ou Google Play et choisir l’option audiodescription ou sous-titrage lors de la première utilisation.

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sans légende

 

 

Pour sa 29ème édition, le Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc, qui se déroulera du 15 au 30 mars 2019, verra une équipe suisse concourir, dont le but est de promouvoir la malentendance et la surdité.

Depuis 1990 déjà, Le Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc est réservé à la gente féminine de 18 à 71 ans, qui parcourt le pays durant neuf jours. Le concept de cette compétition automobile a pour objectif la tolérance, la solidarité et la persévérance. Ni vitesse, ni GPS n’entrent en ligne de compte ; la navigation à l’ancienne uniquement hors-piste est privilégiée.

A travers l’association « Surdigaz’Elles » l’initiatrice du projet, Laure Francesconi, prépare cette course d’arrachepied, actuellement à la recherche de sponsors.

Surdigaz’Elles veut médiatiser la malentendance
L’objectif principal de Surdigaz’Elles est de faire parler de la malentendance et de la surdité. En aparté de son travail au sein de l’Association Romande des Enseignantes en Lecture Labiale (ARELL), Laure soutient, via des traductions, une personne sourde participant au Rallye Paris-Dakar. « L’idée m’est venue de prendre une personne malentendante comme co-pilote ; c’est évidemment compliqué. Elle devra enlever son appareil et nous préparerons des mots code pour simplifier nos échanges ».

Valérie Adatte sera ainsi la première malentendante à participer à la compétition.  Agée de 50 ans, elle travaille dans le domaine social depuis de nombreuses années.

Les pro du pilotage posent fièrement devant le projet qui leur tient à coeur

Récemment diplômée, elle est assistante socio-éducative et collabore avec la Fondation les Castors, au Foyer de Porrentruy. Ancienne membre du Conseil de fondation de forom écoute, elle endossera son brassard.

Atteinte de déficience auditive, elle a subi une opération à l’oreille gauche lui permettant d’entendre à 86%, quant à l’oreille droite, elle atteint seulement 15%. Cela n’empêche pas cette mère de trois enfants de braver certaines contraintes liées à la course et de se lancer sur la route. Au contraire, Valérie est très motivée, sensibilisée également par des situations alarmantes. « En effet, je connais une malentendante qui n’ose pas faire ses courses de peur de déranger les gens qui pourraient l’aider. D’autre part, une collaboratrice a lu un article sur notre projet et a découvert que la lecture labiale existait. C’est un comble de vivre dans ces conditions », s’exclame-t-elle.

Recherche de fonds
Le projet constitue 100% de bénévolat. Préparation de dossiers, déplacements afin de visiter d’éventuels sponsors, etc. « Au stade actuel, nous devons trouver CHF 40’000.- avant le 31 décembre 2018 pour le réaliser. A contrario, nous devrons reporter la compétition en 2020.

Les fonds représentent les investissements pour le véhicule loué par ZZ Automobile groupe SA, la balise de sécurité détectable à 1 mètre (obligatoire), ainsi qu’un stage de 2 jours pour la prise en main du véhicule, un second de 2 jours à Avignon pour apprendre à maîtriser la navigation et un troisième de 2 jours pour la mécanique.

Préparation mentale et physique
« Outre des activités sportives mi-hebdomadaires, je tente de visualiser la course et m’y projette chaque jour, visite de long en large le site du Rallye, m’inspirant des témoignages et des images que je partage via les réseaux sociaux, et surtout, je concentre mentalement mes capacités pour arriver au bout de la course ». Le Rallye Aïcha des Gazelles est réputé pour la solidarité des équipes. Lorsqu’une d’elles essuie un problème, les autres doivent s’arrêter pour tenter de l’aider, sinon elles sont pénalisées sur le classement final.

Tenue appropriée pour découvrir le matériel en vue de la course

« Si la peur de l’inconnu est présente, je suis animée par ma participation au service de la malaudition qui dure depuis vingt ans et je me concentre surtout sur les fonds nécessaires à trouver ».

Hors-course
L’organisation humanitaire Cœur de Gazelles se déplace en caravane médicale itinérante au sud du Maroc depuis 17 ans pour donner accès aux soins aux populations les plus reculées lors de la course,  Innovant, du matériel et des informations sur la malentendance et la surdité seront distribués en mars prochain. « Si un ORL ou audioprothésiste pouvait se joindre au voyage, ce serait idéal ».

Au-delà de la course, Surdigaz’Elles poursuit ses efforts en Suisse romande afin de créer un fonds d’entraide pour les personnes souffrant d’une déficience auditive (moyens auxiliaires, financement, etc), car la participation de l’AI pour un appareillage est partiel, le problème persiste …

Découvrez les moments forts des précédentes éditions sur :

www.rallyeaichdesgazelles.com

Gazelles TV est présente sur l’opération chaque année, en développant un pool images.

Surdigaz’Elles, Sous la Roche Bourquin 24, 2952 Cornol

laure.francesconi@arell.ch

Compte Poste Délémont : IBAN CH 0900 0000 1507 9250 9

En équivalent : matériel, accessoires, fournitures…

Légendes photos:
1 Valérie Adatte à gauche et Laure Fransesconi à droite découvrent un véhicule dédié au Rallye qu’elles loueront auprès de ZZ Automobiles groupe SA
2 Tenue appropriée pour découvrir le matériel en vue de la course
3 Les pro du pilotage posent fièrement devant le projet qui leur tient à coeur

On peut être malentendant et braver les défis, notamment sportifs; Bastien Perruchoud retrace son raid à travers ces lignes.

Bastien Perrouchoud, membre de la Commission jeunesse et prévention (Comm’s Jeun’s) au sein de la fondation forom écoute, est très engagé pour mettre sur pied des rencontres et organiser des loisirs entre malentendants, mais pas uniquement.

2 Descente sur Eison copyright sportograf.com

Ce sportif de 24 ans, toujours enclin à expérimenter de nouvelles aventures, nous surprend une fois de plus. En mai dernier, il remplit, de manière impromptue, un coupon de concours pour participer au Grand Raid BCVS en Valais. Il s’agit d’une course à vélo, non des moindres, puisqu’elle accueille chaque année quelque 3’000 participants du monde entier, parmi lesquels des sportifs professionnels de renom.

3 Montée du Pas de Lona copyright sportograf.com

Bastien reçoit une réponse positive mi-juin seulement. « Il est rarissime que je gagne quoi que ce soit et là, bingo, l’inscription de 150.- m’est offerte, ainsi que la tenue officielle complète ».

Victoire pour sa première
Le jeune homme commence ainsi à rouler une ou deux fois par semaine, entraînant sa petite Reine sur les sentiers battus escarpées du Valais pour être prêt à concourir le 18 août « J’ai taillé la route seul ; cela m’a permis de me centrer sur moi-même et de trouver mes limites ». Il réalise une reconnaissance de parcours en deux fois. « J’envisageais de faire cette course une fois dans ma vie, mais pas aussi rapidement ».

4 Arrivée au ravitaillement de l’A Vieille copyright Marc-Antoine Perruchoud

Bastien a le choix entre quatre parcours. Départ d’Evolène pour 37 km et 1’845 m de dénivelé, d’Hérémence pour 68 km et 2’966 m de dénivelé, de Nendaz pour 93 km et 3’944m de dénivelé et, pour les plus téméraires, de Verbier avec 125 km de distance et 5’025m de dénivelé. Jusqu’à l’arrivée à Grimentz, monts et vaux défilent sous les roues des cyclistes. Le valaisan réalise alors sa première course à vélo depuis Hérémence sous un soleil de plomb. Il réalise la course en 7h23. « Mon but était d’avoir la force, tant physique que psychologique, d’atteindre l’arrivée ».

Pas de barrière pour les malentendants
Supporté par ses parents, sa famille et ses amis proches, le jeune homme les rencontre sur sa route, aux postes de ravitaillement et à l’arrivée. « C’est très encourageant d’être encouragé ! ». 93ème dans la catégorie hommes, un beau résultat : « j’étais évidemment très heureux, mais mon but était de démontrer qu’un malentendant peut réaliser ce type de défi. Je pense qu’il faut passer outre les barrières « imaginaires » et se laisser vivre. Et trouver quelques astuces pour éviter de se mettre en danger ». CQFD, Bastien colle deux symboles pour malentendants que forom écoute distribue, sur son vélo et à l’arrière de son casque.  Et de préciser : « lorsqu’un un cycliste m’avertit qu’il va me dépasser par la gauche ou par la droite, je ne l’entends pas ».

5 Après le barrage de Moiry avant d’arriver à Grimentz copyright sportograf.com

Si un contrôle technique du VTT est exigé avant le départ, le port du casque rigide, un téléphone portable avec batterie chargée, la plaque de cadre, le numéro d’urgence, le sticker du contrôle technique sont obligatoires, l’utilisation d’appareils audio avec oreillettes est formellement interdite.

Bastien, qui joue au football au sein de l’Association Suisse des Sourds du Valais, a réalisé la course des 20 km de Lausanne en avril dernier. Fan de ski et de peau de phoque, le prochain défi pourrait-il être La Patrouille des Glaciers ? « Ma principale motivation et d’apprendre à mieux me connaître à travers un défi, de trouver la force et l’endurance, de me sentir capable tout simplement », conclut-il en se réjouissant de réaliser La Dérupe Chalais-Vercorin début novembre prochain, une course de son village, auquel il donne de son temps lors de chaque événement. Une manière de renforcer les liens entre habitants et de participer au développement culturel de Chalais ». Chapeau bas Bastien !

6 Ligne d’arrivée Grimentz copyright sportograf.com

 

7 Bastien Perruchoud pose fièrement à l’arrivée, devant sa plus fidèle supportrice, sa maman, copyright Sabine Perruchoud

1 Passage Mandelon avant la descente pour Evolène copyright sportograf.com

2 Descente sur Eison copyright sportograf.com

3 Montée du Pas de Lona copyright sportograf.com

4 Arrivée au ravitaillement de l’A Vieille copyright Marc-Antoine Perruchoud

5 Après le barrage de Moiry avant d’arriver à Grimentz copyright sportograf.com

6 Ligne d’arrivée Grimentz copyright sportograf.com

7 Bastien Perruchoud pose fièrement à l’arrivée, devant sa plus fidèle supportrice, sa maman, copyright Sabine Perruchoud

De nombreux parents ne sont pas conscients des signes avant-coureurs d’une déficience auditive chez leurs enfants.

Beaucoup de parents ne sont pas conscients des signes avant-coureurs de la déficience auditive. Et beaucoup d’entre eux attendent trop longtemps avant d’agir en observant enfin les symptômes, selon une étude américaine.

Selon cette même étude, 46% des audiologistes et orthophonistes des États-Unis ont l’impression que les parents ne sont pas au courant des signes avant-coureurs d’une déficience auditive chez leur enfant.

L’étude a révélé qu’aux États-Unis, près de 40% des audiologistes et près de 30% des orthophonistes constataient qu’en moyenne, les symptômes de déficience auditive ne sont pas détectés chez les enfants pendant six mois à un an. Même si près de 60% des audiologistes et des orthophonistes ont indiqué que leurs patients sont conscients de l’importance de la détection précoce des problèmes de parole, de langage et d’audition, les audiologistes et orthophonistes croient que les parents attendent en moyenne 6 mois à 1 an avant qu’ils agissent lors de la première observation des symptômes de déficience auditive chez leurs enfants.

« Il y a une période critique de développement au cours des sept premières années de la vie et si vous manquez cette période critique de développement de la langue, l’enfant aura des problèmes d’élocution et de langage à long terme », a déclaré le Dr Desjardins, professeur en audiologie à l’Université du Texas El Paso (UTEP) aux États-Unis.

Les audiologistes et les orthophonistes estiment que le principal obstacle à la détection précoce des troubles de la communication est le manque de sensibilisation. Dans l’ensemble, 35% des audiologistes et 47% des orthophonistes estiment qu’un manque de sensibilisation explique pourquoi de nombreux parents ne détectent pas les symptômes tôt.

L’étude consistait en un sondage en ligne qui a été envoyé à un échantillon aléatoire d’audiologistes et d’orthophonistes certifiés par l’American Speech Language Hearing Association en 2018. L’étude comptait au total 1.121 réponses.

Sources : « Résultats de l’enquête ASHA Early Detection » et www.ktsm.com

10 signes que votre enfant peut avoir une perte auditive
Les parents peuvent surveiller les signes qui indiquent une perte auditive chez les enfants plus âgés même si les aptitudes du langage sont déjà développées.
Néanmoins, les directives suivantes de la American Hearing Health Foundation (Fondation Américaine de la Santé de l’Audition) peuvent aider les parents à détecter une perte auditive acquise possible. (voir encadré ci-contre).

Identification d’une perte d’audition possible chez les bébés
A 3 mois, votre bébé reconnaît votre voix et fait des bruits de gazouillis. Bruits soudains et forts devraient surprendre votre bébé. A 6 mois, votre bébé reconnaît les sons de la parole et des bruits familiers. Avec des bruits intéressants, votre bébé tourne la tête, et votre bébé joue avec sa propre voix et rit. Votre bébé utilise également sa voix pour indiquer le plaisir et l’inconfort. A 9 mois, votre bébé comprend des mots simples comme «maman» et «papa», «non», «bye-bye» et son propre nom. A 12 mois, votre enfant peut prononcer un ou plusieurs mots réels et reconnaissables.

A 18 mois, votre enfant comprend des phrases simples et récupère des objets familiers sur demande, et prononce de 20 à 50 mots et des phrases courtes et votre tout-petit apprend de nouveaux mots chaque semaine. A 24 mois, le vocabulaire parlé de votre enfant devrait être de 200 à 300 mots et des phrases simples peuvent être dites. Les adultes qui ne sont pas près de lui chaque jour peuvent comprendre la parole de votre enfant. Un enfant de cet âge doit également être en mesure de s’asseoir et d’écouter pour la lecture de livres. Si vous soupçonnez une déficience auditive chez votre enfant, vous devriez contacter votre médecin généraliste de famille.
Source: http://www.hsuoracle.com

Tester l’audition des enfants
Les enfants en bas âge et les nouveau-nés ne peuvent subir les mêmes tests que les adultes ou les enfants plus âgés. Pour évaluer les capacités auditives de jeunes enfants, il faut employer d’autres méthodes de test. Les tests sont souvent effectués par un inspecteur des services de santé ou à l’hôpital.

L’évaluation de l’audition peut consister en des tests électrophysiologiques indolores qui ne demandent aucune réaction physique de l’enfant en bas âge, ou en des tests qui apportent des informations de base. Voici des tests courants, qui ne sont normalement pas tous effectués chez le même enfant : manipulation de stimuli sonores qui représentent diverses gammes de fréquences (tambour, hochet, clochette, etc.).

Test du champ acoustique avec renforcement visuel, l’enfant est exposé à divers sons émis par des haut-parleurs. Le résultat donne une approximation des seuils à certaines fréquences.

Les tests avec casque sont employés avec les bébés et les jeunes enfants qui sont assez mûrs pour tolérer ce type de test, qui apporte des informations spécifiques sur la déficience auditive.

Le test d’oto-émissions acoustiques (EOA) utilise des écouteurs insérés dans l’oreille et raccordés à un microphone et un récepteur dans chaque canal auditif. Les sons sont transmis dans l’oreille, puis les sons émis par la cochlée sont enregistrés dans le canal auditif. L’analyse de ces émissions permet de déterminer les seuils à certaines fréquences.

Pour le test de réponse du tronc cérébral (RTC), on place des électrodes à divers endroits de la tête et de l’oreille. Un stimulus acoustique est présenté à chaque oreille, par l’intermédiaire soit d’un casque, soit d’écouteurs insérés. L’analyse des ondes du tronc cérébral révèle les seuils des capacités auditives.

Les résultats du test d’audition sont reportés sur un graphique appelé audiogramme, qui vous permettra de savoir si votre enfant souffre effectivement d’une déficience auditive et, dans l’affirmative, de quel type et à quel degré.

En outre, les enfants dont la déficience auditive est soupçonnée ou confirmée sont généralement envoyés chez un spécialiste en vue d’une évaluation complète du développement de la parole. Cette information est utilisée en conjonction avec le test d’audition. Sources hear-it.org.

 

Directives d’authentification de la Fondation Américaine de la Santé de l’Audition

– Votre enfant semble bien entendre à certains moments, et ne répond pas à d’autres moments.

– Votre enfant veut le volume du téléviseur plus fort que les autres membres de la famille.

– Votre enfant dit plus souvent « quoi ? ».

– Votre enfant avance une oreille pour écouter, ou se plaint qu’il ne peut entendre que de sa « bonne oreille ».

– Baisse des notes de votre enfant ou son enseignant note qu’il ne semble pas entendre ou répondre aussi bien en classe que les autres enfants.

– Votre enfant dit qu’il ne vous a pas entendu. Cela peut sembler évident, mais beaucoup de parents estiment que leurs enfants ne font pas attention alors qu’en fait, il peut y avoir une perte auditive non identifiée.

– Il semble que votre enfant ne fait tout simplement pas attention.

– Votre enfant commence à parler plus fort qu’auparavant.

– Si votre enfant vous regarde intensément lorsque vous lui parlez, comme si en se concentrant ainsi, il peut dépendre plus des indices visuels pour l’interprétation de la parole.

– Vous avez juste un sentiment, mais vous ne pouvez pas mettre le doigt sur ce qu’est votre préoccupation. Ne vous arrêtez pas à cela. Demandez conseil à votre médecin pour vous rassurer.

– Si vous soupçonnez une déficience auditive chez votre enfant, vous devriez contacter votre médecin généraliste de famille.

Sources : www.hsuoracle.com.

Sources photo : Entendre l’essentiel

 

Dissimuler sa malentendance durant les vingt premières années de sa vie en affrontant les épreuves et les études : tel est le vécu d’une jeune femme qui témoigne à travers ces lignes.

Malentendante de naissance, * Mathilde est diagnostiquée alors qu’elle entame l’école primaire ; les appareils prescrits finissent dans la poche de la fillette qui les enlève dès qu’elle quitte la maison. « Je n’étais pas dans le déni, j’étais consciente que j’entendais mal, mais j’avais trop peur du jugement. J’ai préféré jouer à cache-cache avec mon entourage, surtout mes camarades, en redoublant d’efforts pour faire semblant de vivre dans la normalité. J’essayais simplement de sortir la tête de l’eau pour être à niveau ».

Assise au premier rang en classe, Mathilde bûche sans cesse avec discipline, étudie beaucoup à la maison et apprend le contenu des cours par cœur. S’ensuit un apprentissage dans le domaine de la vente avec obtention du CFC, ainsi qu’un diplôme de secrétaire médicale lors d’une seconde formation. A la suite de ce diplôme, elle s’est reconvertie professionnellement et a poursuivi ses études en obtenant un CFC d’employée de commerce. « Privée d’assistance, sans compter les conséquences qui s’enchainaient, j’ai emprunté cette route par défi, dissimulant ma déficience auditive.

On disait de moi que j’étais dans la lune, moi, j’étais dans ma bulle. Je me suis malgré tout retrouvée dans le rôle de souffre-douleur, mais ce qui ne tue pas rend plus fort ». Quand on prend des coups, tout s’écroule et on doit repartir au point de départ en se forgeant une carapace, alors qu’épaulée par un entourage positif, on est naturellement porté vers le haut.

Dotée d’un caractère affirmé, la jeune fille solitaire ne se laissait pas démonter. « Lorsque j’avais envie de pratiquer un loisir, j’y allais seule. J’ai fini par apprécier ce retranchement sur moi-même ». Cette étape de vie lui a permis de devenir très indépendante.

Le déclic
Au fil des années, la perte auditive de Mathilde s’est naturellement dégradée. Son petit ami bienveillant de l’époque l’a aidée à assumer son handicap. A vingt ans, elle a travaillé dans un office AI, où elle a vu passer des cas plus lourds que le sien.

Une collègue malentendante et d’autres compréhensives lui ont donné le courage d’entamer les démarches pour accepter d’en parler et de porter des intra-auriculaires. Il lui a fallu vingt années avant de pouvoir vivre normalement. L’entrée dans l’âge adulte a été particulièrement pénible, car la fragilité de l’adolescence est encore présente, alors que l’entourage attend qu’on se comporte comme tel.

Lorsqu’elle a entendu le chant des oiseaux pour la première fois, elle s’est alors demandé comment elle avait pu vivre sans si longtemps. Et de préciser : « Aujourd’hui, j’annonce d’entrée mon handicap, ça m’apprend à regarder les gens dans les yeux. Mais le fait de porter des appareils leur laissent croire que j’entends aussi bien qu’eux ; c’est faux ! Heureusement que j’ai le contact aisé, c’est moi qui réalise le 90% des efforts.

Si la technologie est plus développée pour les appareils auditifs ou les implants cochléaires, les intra-auriculaires sont un peu moins performants, ils ne peuvent par exemple pas tous être connectés à un téléphone portable.

Présente lors de la Journée à thème initiée par la Fondation forom écoute en juin dernier, Mathilde est venue témoigner de son cas de rigueur accepté à l’époque par  un Office de Assurance Invalidité romand, qui a participé aux frais des appareillages. « On m’a certifié que j’avais passé entre les gouttes ».

Aller de l’avant
Depuis un an et demi, la jeune femme, sportive à ses heures, travaille au sein d’une association pour personnes handicapées dans le Nord Vaudois, où elle se sent très à l’aise. « J’ai auparavant également vécu des expériences négatives dans le cadre professionnel, voire du mobbing ».

Aujourd’hui âgée de trente-deux ans, cette fonceuse poursuit sa route avec courage en se fixant toujours un objectif à atteindre. A cet effet, elle démarre une formation d’assistante RH tout prochainement.

« L’objectif de ce témoignage est d’aider les malentendants en leur signifiant que lorsqu’on a de la peine à assumer, il faut laisser le temps au temps et évoluer par étapes. Chacun ressent individuellement la normalité. Il faut apprendre à accepter les choses et être en accord avec soi ». Mais la peur d’entendre moins avec le temps et l’usure normale lui rappelle qu’elle doit se battre au quotidien.

L’accessibilité à son environnement ne coule pas de source pour les personnes subissant un handicap. AVACAH les soutient depuis plus de vingt-cinq ans. Portrait.

Anciennement « Commission des barrières architecturales », formée par des bénévoles, l’Association Vaudoise pour la Construction Adaptée aux personnes Handicapées, AVACAH, promeut l’accessibilité aux bâtiments privés, publics et dans les transports publics.

Active depuis 1992, elle compte aujourd’hui une centaine de membres individuels et une trentaine de collectivités, engagées dans le but de défendre les intérêts de personnes souffrant d’un handicap physique ou sensoriel, qu’il soit momentané ou permanent.

Jean-Michel Péclard a participé à sa création, lui-même atteint d’un handicap physique. « Le contrôle des dossiers d’enquêtes, la sensibilisation et l’accompagnement pour avoir accès aux infrastructures et à des programmes de formation constituent les piliers de notre travail. On n’imagine pas les situations fâcheuses auxquelles les personnes en situation de handicap, qu’elles soient âgées, familles ou professionnels, sont soumises par manque de rigueur. Des lois existent, malheureusement, il faut insister pour qu’elles soient respectées », s‘exclame-t-il. A ses côtés, Simone Jeannet, malentendante, spécialiste handicaps de l’ouïe, membre du Comité de l’AVACAH, l’accompagne fidèlement dans ses démarches.

La loi LATC sur l’aménagement du territoire et les constructions, appliquée depuis 1985, la loi LHand, norme SIA 500 « Constructions sans obstacles » ainsi que la norme VSS 640 075 « trafic piétonnier, espaces de circulation sans obstacles » spécifient les exigences légales en faveur des personnes handicapées.

« L’an dernier, après avoir contrôlé 617 enquêtes publiques, nous avons déposé 272 oppositions et remarques, tant dans le cadre de logements, bâtiments publics que dans le domaine de la mobilité et des loisirs », poursuit Jean-Michel Péclard,

Au fil des ans, l’équipe d’AVACAH s’est étoffée avec la collaboration d’un deuxième délégué technique ayant une formation d’architecte.

Les enquêtes contrôlées concernent principalement les habitations collectives à partir de sept logements, les lieux publics: école, administration, café-restaurant, cinéma, etc, ainsi que les transports publics, de l’accessibilité aux boucles magnétiques et lignes de guidage.

L’association effectue également les contrôles de certaines réalisations pour vérifier la bonne prise en compte des aménagements nécessaires.

Boucles magnétiques, les indispensables
Des visites de contrôles régulières pour l’installation optimale et le bon fonctionnement des boucles magnétiques, en partenariat avec la Fondation forom écoute, permettent un suivi nécessaire, afin que les personnes malentendantes puissent être connectées dans le cadre de l’enseignement, de l’éducation, de conférences ou d’événements culturels. « A cet effet, nous diffusons un clip vidéo sur leur installation et leur utilisation, invitant les personnes concernées à mieux appréhender le processus », précise Anne Grassi, chargée de projet au sein de forom écoute.

La prochaine édition « Le Livre sur les Quais », qui se déroulera du 31 août au 2 septembre prochain, bénéficiera de boucles magnétiques durant des conférences.

Jean-Michel Péclard évoque avec émotion les réactions positives des personnes malentendantes venues tester les premières boucles magnétiques au Cinéma Rex de Vevey, il y a quinze ans.

Sensibiliser pour concerner les individus
« Avec l’expérience, nous nous sommes rendu compte que les mises en situations à travers des cours et formations constituent le meilleur moyen pour que les bienportants essayent de se mettre dans la peau de personnes nécessitant une aide. A ce sujet, de grandes enseignes jouent régulièrement le jeu, invitant leurs employés à vivre cette expérience inédite ».

L’association encourage également toute personne subissant un handicap à suivre le cours d’introduction « Architecture sans obstacles », d’ores et déjà agendé aux 14 et 15 mars 2019.

Comme l’an dernier, il est dédié à la découverte des lois existantes, d’ateliers de constructions ouverts au public, atelier espaces de circulation, débats et échanges sur la perte auditive, mises en situation et parcours. Ceci afin que toute personne souffrant d’un handicap temporaire ou permanent puisse accéder à une formation ou exercer une activité professionnelle de manière autonome. « Il me paraît important de souligner que ces cours ont également pour but de réduire et éradiquer les inégalités entre les personnes », commente Simone Jeannet.

Virevolte, une remorque de sensibilisation itinérante

L’AVACAH a développé un parcours de sensibilisation aux handicaps physiques et sensoriels à l’aide d’une remorque itinérante, qui se déplace dans le canton de Vaud. Avec l’appui de personnes concernées, les participants ont la possibilité de réaliser des tests auditifs. Coupé du monde des sons, la lecture labiale, la stratégie de communication ou les moyens auxiliaires à disposition les initient au quotidien qu’une personne malentendante subit.

Des chaises roulantes, empruntant un parcours de combattant sont également attribuées
Se mettre dans la peau d’une personne malvoyante aidée d’une canne blanche ou d’un chien, tester des reconnaissances tactiles et utiliser des objets ou la lecture braille, font également partie intégrante du concept Virevolte mis sur pied depuis 2011 et financé par les fonds propres et l’aide des organisateurs. « C’est une expérience pédagogique, participative et à la fois ludique, à laquelle des groupes régionaux et certaines communes participent volontiers », précise Simone Jeannet.

Virevolte peut également être présenté dans d’autres cantons ou associations sur demande.

Grâce à la participation de bénévoles, de membres collectifs et individuels, d’employés de l’association, de l’OFAS, de l’Etat de Vaud, de dons et de legs, l’AVACAH poursuit ses activités en faveur des personnes en situation de handicap, trop fréquemment mises à l’écart. Longue vie à l’AVACAH !

Cours d’introduction « Architecture sans obstacles »

14 et 15 mars 2019, Hôtel Aquatis, Lausanne
Législation existante, ateliers de constructions, atelier espaces de circulation, débats et échanges. www.avacah.ch

Culture & Boucles magnétiques

« Livre sur les Quais », Morges

31.08 au 02.09.2018

La salle du Casino, le Grenier bernois et la tente des Grands débats seront pourvues de boucles magnétiques

Programme et informations sur : www.lelivresurlesquais.ch et www.ecoute.ch

Installation et utilisation des boucles magnétiques : démo en ligne via un clip vidéo sur : www.ecoute.ch