Publié le: 13 janvier 2021

A Bienne, les malentendants peuvent suivre le journal télévisé grâce au sous-titrage

A Bienne, les malentendants peuvent suivre le journal télévisé grâce au sous-titrage

Depuis janvier 2017, la chaine locale TeleBielingue assure le sous-titrage quotidien de ses deux journaux télévisés, en français et en allemand. Une performance assurée grâce à 7 employés spécifiquement formés.

Depuis 2016, la loi fédérale sur la radiotélévision est claire : les diffuseurs de programmes de télévision régionaux titulaires d’une concession procèdent au sous-titrage des principales émissions d’information. Depuis, de nombreuses télévisions locales tentent de se mettre au diapason des nouvelles normes fédérales, pour le plus grand bonheur des malentendants, qui ainsi, peuvent avoir plus facilement accès à une information de proximité.

A Bienne, la télévision TeleBielingue, qui dessert un bassin de population d’environ 250'000 personnes, a immédiatement pris le train en marche. Dès le mois de janvier 2017, la chaine locale a instauré le sous-titrage pour son journal télévisé d’informations d’une durée de 15 minutes, et pour les deux versions, francophone et germanophone.

Tout à faire…

« Tout était à faire, puisque nous ne pratiquions pas le sous-titrage avant, se souvient Chrystel Breuer, la responsable du sous-titrage pour TeleBielingue. Par exemple, le sous-titrage comprend des normes avec des codes couleurs etc. Après mûre réflexion, et pour ne pas désorienter les usagers quand ils changent de chaine, nous avons choisi de nous aligner sur la norme franco-canadienne pour notre journal en français, et la norme germano-autrichienne pour la version en langue allemande ».  Pour la retranscription écrite, la technologie retenue a été celle du sous-titrage via la fonction télétexte du téléviseur, canal 777 pour l’allemand, et 888 pour la langue française.

Au total, pas moins de 7 personnes spécialement formées – l’équivalent de 2 postes à plein temps – assurent le travail de retranscription écrite quotidien, en ayant recours à un logiciel spécifique, le FAB. Les sous-titres ainsi mis en place ne sont pas proposés en direct, mais au cours de la première rediffusion, comme le prévoit la loi sur la radio-télévision. « C’est un énorme travail et nous œuvrons sans cesse à améliorer le service, explique encore Chrystel Breuer. Ainsi grâce à la visite d’une enseignante en lecture labiale, nous sommes devenus attentifs au fait que le sous-titrage devait autant que possible être synchronisé à la parole des personnes. C’est un vrai challenge, pas toujours facile à réaliser, mais nous nous y efforçons. Nous appelons d’ailleurs volontiers les usagers malentendants à nous faire part de leurs commentaires et avis, ce qui nous permettra encore de nous améliorer ».

Internet et réseaux sociaux

D’abord diffusé sur le canal télévisé, le sous-titrage du journal d’informations a en outre rapidement été étendu à internet et même, depuis peu, aux réseaux sociaux facebook et twitter où le journal télévisé sous-titré est désormais directement accessible.

« Pour l’avenir, l’enjeu premier est de continuer à offrir un sous-titrage toujours plus adapté et plus proche des personnes qui en ont la nécessité, observe Chrystel Breuer. Nous souhaiterions être capable de sous-titrer des évènements sur l’actualité en direct, comme lors de votations. Cela implique d’avoir recours à des logiciels de reconnaissance vocale, et dans les deux langues, avec la difficulté supplémentaire que représente le suisse-allemand. Il faudra donc avoir là également recours à une équipe compétente, formée sur ce type d’activité spécifique».

Restera à en assurer le financement, l’offre de sous-titrage actuelle étant quant à elle actuellement couverte par une subvention spécifique de l’OFCOM, l’Office fédéral de la communication, au prorata du nombre de minutes sous-titrées.

Pour faire part de vos avis et retours d’expérience sur le sous-titrage proposé par TeleBielingue, vous pouvez contacter Chrystel Breuer par email cbreuer@telebielingue.ch