A la découverte de l’Amérique latine

Ni l’âge, ni les problèmes de mobilité ou d’audition n’ont découragé Simone Jeannet et son amie Michelle… A l’hôtel, en auberge de jeunesse ou chez l’habitant, en solo ou avec un guide, en avion, en bus, en voiture, et même en rollator, les deux aventurières ont parcouru au total plus de 50’000 kilomètres pour un inoubliable voyage en Argentine, au Brésil et au Chili.

C’est un projet de longue date qui s’est concrétisé le printemps dernier ! Le 21 février 2011, Simone Jeannet, malentendante et présidente de l’Association des malentendants de la Côte, l’AMALCO, s’est en effet envolée pour Buenos-Aires, en Argentine. Avec à l’arrivée, la perspective d’un périple de plusieurs milliers de kilomètres au fin fond de la Patagonie. « J’ai une nièce qui vit là-bas depuis une dizaine d’années avec ses trois enfants et son mari Argentin, raconte Simone. Cela faisait un bout de temps qu’elle me proposait de venir, mais jusque-là, je n’avais pas très envie d’y aller toute seule ! »

Amie d’enfance

Le projet s’est d’un coup débloqué lorsque Simone retrouve une amie d’enfance, Michelle, dont elle fut très proche et qui était prête à s’engager dans une telle aventure. Non sans avoir fait auparavant un voyage au Maroc, histoire de tester la compatibilité d’humeur de nos deux voyageuses. « Michelle a beaucoup de patience avec moi, observe Simone. Pendant que je marche très lentement, cette passionnée fait des photos ! » Et des photographies, il y en a eu, puisqu’au retour d’Amérique du Sud, nos deux voyageuses sont revenues en Suisse avec dans leurs bagages pas moins de… 4000 clichés.

Car en cinq semaines, nos deux amies auront en tout pris quinze fois l’avion et parcouru 50’000 kilomètres (plus que le tour de la Terre !), alors qu’aucune d’entre elles ne s’exprimait en espagnol. Mieux encore, Simone, qui souffre d’arthrose, se déplace à l’aide d’un déambulateur à roulettes, un rollator, sans que tout cela n’ait empêché les deux aventurières d’aller jusqu’au bout de leur rêve. Et au final, ce fut la découverte d’un monde nouveau, contrasté et ponctué d’endroits magnifiques. « Ce qui m’a le plus interpellée à Buenos-Aires, se souvient Simone, c’était les chiffonniers dans le quartier des banques, qui fouillaient les poubelles à la recherche d’objets à manger ou à récupérer. Santiago du Chili était aussi extraordinaire, mais je dois dire qu’en vérité les villes ne sont pas vraiment notre tasse de thé ! »

Endroits perdus

 

En effet, la tasse de thé de Michelle et Simone, ce furent plutôt ces escapades dans des endroits perdus, aux noms plus exotiques les uns que les autres: Iguazu et ses vigoureuses chutes au Brésil, le désert d’Atakama et son oasis St-Pedro, le geyser d’El Tatio, le très pittoresque village Machuca, Punta Arenas du Chili, la ville la plus méridionale du continent sud-américain, et bien sûr, la légendaire Ushuaia d’Argentine, juste après la traversée du célèbre détroit de Magellan. A Ushuaia, les deux amies n’hésitent d’ailleurs pas à louer une voiture pour se rendre au bout de la Terre de feu, dans le village d’Halberton où les attend une nature aussi somptueuse que sauvage, avant de revenir sur la ville de Calafate, avec ses célèbres glaciers.

Retour ensuite vers le nord en avion, où, après un (très) court séjour à la très chic station San Carlo de Bariloche, la « Gstaad » locale où elles purent même retrouver chocolats et Saint-Bernard suisses, Michelle et Simone arrivent chez la nièce de celle-ci, Ariane, sage-femme itinérante. Là, à Entre Arboles, à 18 kilomètres du village le plus proche, les attendait une ambiance aussi chaleureuse que familiale.

« Ils vivent loin de tout, mais en toute simplicité, observe Simone. Ce sont des gens comme je les aime: simples et chaleureux. C’est d’ailleurs là-bas que l’on a réussi à me bricoler et réparer mon indispensable rollator ! »

Handicap de l’audition

Le 1er avril dernier, au bout de cinq semaines d’un voyage passionnant et riche de rencontres et de découvertes, c’est le retour en Suisse. « Ce fut extraordinaire, conclut Simone avec une lueur de joie dans les yeux, et bien sûr j’adorerais y retourner un jour, d’autant que tout s’est très bien passé avec mon amie Michelle. Là-bas, les gens sont formidables et accueillants et la nature vraiment éblouissante. Etrangement, j’ai plus souffert de mon handicap auditif que de mes problèmes de mobilité, liés à mon arthrose ! Cela a été clairement le plus gênant pour moi: en entendant mal, et qui plus est lorsqu’il s’agit d’une langue étrangère comme l’espagnol, il est tellement plus difficile de communiquer et d’aller à la rencontre des autres ! »

ChA