www.ecoute.ch. Spécialiste des questions techniques pour malentendants, l’architecte biennois Max Meyer connaît bien lui aussi les installations mises en place au niveau du Palais fédéral. En 2009, il a publié sur mandat de l’association suisse alémanique Sonos, un ouvrage intitulé « Construire pour les malentendants » et qui s’est fondée sur l’exemple de la restauration du Parlement fédéral. Satisfaisant « Le résultat final est très satisfaisant, observe-t-il. Au final, il y a un accès complet et total pour les personnes malentendantes, ce qui n’était pas évident quand on tient compte des contraintes architecturales de l’édifice, mais aussi des paramètres de sécurité et de confidentialité, importants dans un tel lieu. Bien sûr, des améliorations sont toujours possibles, en particulier dans les grandes salles. Mais dans les salles historiques, il sera difficile de faire mieux, en raison de l’absorption et de la réverbération des sons ». ChA         " />

Berne : Un Palais fédéral accessible aux malentendants

Depuis 2008, l’édifice historique où siègent les chambres fédérales est accessible aux malentendants, via des boucles magnétiques et des installations sans fil. Pour l’architecte et expert biennois Max Meyer, qui a ausculté l’ensemble de l’infrastructure, le résultat est très satisfaisant.

C’était en novembre 2008, il y a un peu plus de quatre ans. Après 36 mois de travaux, le Palais du Parlement fédéral, à Berne était inauguré officiellement, après que grues et échafaudages aient été remisés au placard. Il faut dire que l’édifice, centenaire, avait bien besoin d’une cure de rajeunissement. Et après le «Bernerhof» et l’aile ouest, c’était au tour du Palais du Parlement proprement dit de subir d’importants travaux.

Le résultat a été à la hauteur des attentes, et les modifications nombreuses, puisqu’il s’agissait, selon le communiqué officiel, « d’offrir aux membres de l’Assemblée fédérale un environnement de travail représentatif et moderne ». Grande innovation, de nouveaux ascenseurs et rampes d’escaliers, répondant « aux exigences d’accessibilité pour les personnes handicapées », ont en outre été mis en place.

Heureusement, les malentendants n’ont pas été oubliés dans l’opération et, dans la panoplie des nouveautés, figuraient de nombreuses installations à leur intention. Des infrastructures spécifiques qui ont coûté, selon les estimations fournies par Marius Perler, chef des constructions à l’Office fédéral des constructions et de la logistique, environ 90’000 francs, une paille devant les… 103 millions qui ont été alignés pour l’ensemble des travaux de rénovation.

Motion

Il faut dire que l’on partait de rien, ou si peu, c’est-à-dire, dans les salles du Conseil National et du Conseil des Etats, de prises pour écouteurs sur les pupitres des parlementaires et sur toutes les places des tribunes ouvertes au public.

En 2002, constatant que les « installations techniques du Palais du Parlement et la configuration du bâtiment (limitaient) fortement les possibilités d’utilisation de ce dernier par les malentendants », le Conseiller national bernois Rudolf Joder déposait une motion intitulée « Rendre le Palais fédéral utilisable par les malentendants », demandant, en particulier, l’installation de boucles magnétiques.

Dans sa réponse, le Conseil fédéral s’est aussitôt déclaré prêt à entrer en matière et à faire examiner la « possibilité de faire procéder à des améliorations de nature architecturale et technique en faveur des malentendants ».

Résultat: les installations à l’intention des déficients auditifs ont été intégrées au projet global de restructuration et assainissement du bâtiment parlementaire, mis en œuvre en 2006-2008, et inauguré il y a quatre ans. Dans l’intervalle, en 2007, c’est un autre parlementaire, Marc Frédéric Suter qui préside aujourd’hui Intégration Handicap, la Fédération suisse pour l’intégration des handicapés, qui revient à la charge, par le biais d’une question au Conseil fédéral, demandant encore une fois l’installation de boucles magnétiques.

« Je suis moi-même handicapé et me suis occupé des intérêts des personnes handicapées pendant 16 ans au Conseil national, se souvient-il. A l’époque, personne n’arrivait à me dire si des installations étaient prévues ou pas, d’où ma question ». Et de rappeler, un brin philosophe: « c’est la nature humaine, ce qu’on ne réalise pas soi-même, ce qu’on ne vit pas soi-même, n’existe pas. D’ailleurs, quand je suis arrivé pour la première fois au Palais fédéral, j’ai dû entrer comme un container, par une porte secondaire, car il n’y avait pas d’accès pour les personnes handicapées. »

Solution sur mesure

Toujours estil qu’en 2008, est enfin livré un Palais entièrement rénové et modernisé, et doté d’équipements modernes pour les personnes malentendantes: désormais, « le bâtiment du Parlement dispose d’installations pour les malentendants dans les deux salles du parlement, sur toutes les tribunes des visiteurs et dans toutes les salles de conférences des commissions, explique ainsi Daniel Scheidegger, des Services du Parlement. Nous avons mis en place une solution sur mesure, qui consiste en l’installation de boucles magnétiques, de boucles magnétiques individuelles mais aussi d’installations sans fil sur la base d’émetteurs infrarouge ».

Ces installations ont d’ailleurs été évaluées et testées par la commission « Boucles magnétiques » de forom écoute, et figurent sur la liste des lieux équipés, publiée et régulièrement mise à jour sur le site internet www.ecoute.ch.

Spécialiste des questions techniques pour malentendants, l’architecte biennois Max Meyer connaît bien lui aussi les installations mises en place au niveau du Palais fédéral. En 2009, il a publié sur mandat de l’association suisse alémanique Sonos, un ouvrage intitulé « Construire pour les malentendants » et qui s’est fondée sur l’exemple de la restauration du Parlement fédéral.

Satisfaisant

« Le résultat final est très satisfaisant, observe-t-il. Au final, il y a un accès complet et total pour les personnes malentendantes, ce qui n’était pas évident quand on tient compte des contraintes architecturales de l’édifice, mais aussi des paramètres de sécurité et de confidentialité, importants dans un tel lieu. Bien sûr, des améliorations sont toujours possibles, en particulier dans les grandes salles. Mais dans les salles historiques, il sera difficile de faire mieux, en raison de l’absorption et de la réverbération des sons ».

ChA