Christelle Montavon, nouvelle présidente de l’Amicale des malentendants de La Chaux-de-Fonds

Transition en douceur à la présidence de l’amicale des malentendants de la Chaux-de-Fonds. Elue le 15 février dernier à l’unanimité, Christelle Montavon remplace Yves Borboën qui a souhaité passer le relais après plusieurs années de présidence. Jeune et atypique, pleine d’énergie et forte du soutien de son comité, Christelle Montavon espère renforcer les liens entre les membres de son amicale mais aussi avec les autres associations de malentendants.

Christelle Montavon, qui êtes-vous ?

Eh bien c’est tout simple, j’ai 32 ans, je suis originaire du Jura, en couple avec ma compagne depuis quatre ans et ensemble nous élevons ma belle-fille. Après avoir longtemps travaillé comme aide-infirmière, je suis malheureusement actuellement à l’AI, en raison d’une très grosse dépression que j’ai eue il y a plusieurs années, ainsi que d’autres problèmes de santé. D’ailleurs, je dois dire que c’est l’apprentissage de la langue des signes qui m’a sauvée de la dépression !

Êtes-vous sourde ou malentendante ?

Ni l’un ni l’autre, et plutôt hyperacousique (rires) ! Mais j’ai grandi avec un père malentendant et acouphénique. J’ai très tôt su que si on ne lui parlait pas en face, on avait droit à des réponses « à la professeur Tournesol » !

Mais dans ce cas, d’où vous vient cet intérêt pour la langue des signes ?

Gamine, j’ai eu une camarade d’école sourde. Et je ne comprenais pas pourquoi il n’y avait rien pour elle en langue des signes, alors qu’elle avait un grand potentiel. Je me suis alors dit: « un jour, j’apprendrai la langue des signes ! » C’est ce que je fais depuis que je suis à l’AI. La combativité et la motivation des personnes sourdes m’ont motivée et aidée à m’en sortir. Elles savent si bien faire une force de leur handicap !

Comment êtes-vous passée du monde des sourds à celui des malentendants ?

C’est tout simple: en cherchant à rencontrer des personnes sourdes via la Société des sourds Neuchâteloise, je suis tombée sur l’Amicale des malentendants de la Chaux-de-Fonds. J’ai pris contact avec Yves Borboën et je me suis retrouvée à l’amicale. Très vite, c’était il y a trois ans, on m’a proposé de faire partie du comité, et même de devenir vice-présidente.

Pourquoi avoir souhaité reprendre la présidence ?

Yves Borboën qui souhaitait partir me l’a suggéré. Mais j’ai hésité pendant toute une année, car avec mes cours de langue des signes, avec mes soucis de santé qui me conduisent à me déplacer à Berne pour me soigner, ce n’était pas une décision évidente.

Cela vous a-t-il fait peur ?

Non, mais c’est une vraie responsabilité. Heureusement, le comité est derrière moi et me soutient, ce qui est très rassurant. Lysiane Wicky, elle-même ancienne présidente de l’amicale, me conseille et m’aide beaucoup.

Et malgré votre profil atypique à plus d’un titre, vous avez été élue à l’unanimité !

C’est bien la preuve que notre amicale est très ouverte ! Ma fibre pour l’engagement et le soin donné aux autres a dû faire le reste… Tout mon parcours de vie a fait que j’aime m’occuper des autres. En plus, j’ai toujours été très sensible au monde de la malaudition.

Quels sont désormais vos projets en tant que présidente ?

Dans un premier temps, je souhaite renforcer les liens entre les comités des différentes amicales et associations romandes. Ainsi, mon premier pas a été d’inviter les présidents des autres amicales à notre assemblée générale. Et moi-même, je vais assister à celle de Lausanne. L’idée bien sûr est que par la suite, les liens entre les malentendants se renforcent aussi.

Qu’attendez-vous de cette démarche ?

Je crois qu’il est important que les amicales et associations soient soudées pour mieux soutenir l’action de forom écoute, qui de ce fait, sera encore mieux écoutée par les autorités. Plus forom écoute sera entendue, plus les malentendants auront toute leur place dans la société ! C’est la raison pour laquelle au niveau de notre ville, je souhaiterais entrer en contact avec les orthophonistes et autres acteurs de la santé pour leur distribuer brochures et documentation de sensibilisation.

Et pour la vie de l’amicale, qu’entendez-vous faire ?

Il ne s’agit pas du tout de faire une révolution, mais de continuer à faire vivre l’amicale ! Avec le comité, on va se rapprocher encore plus des amicaliens pour essayer de mieux connaître leurs besoins et envies et tenter d’y répondre, surtout en matière de sorties. Mon souhait, c’est que les membres restent dans notre amicale, et si possible qu’on en attire de nouveaux, surtout des jeunes et des adolescents, qui malheureusement, deviennent malentendants de plus en plus tôt. Il s’agit donc de trouver des activités à la fois pour chaque catégorie d’âge, mais aussi pour que tous les amicaliens puissent se retrouver tous ensemble !