En voyage de noces… 20 ans après

20 ans après leur mariage, Valérie Adatte, malentendante jurassienne et son mari Serge, s’envolent vers la Grèce pour un voyage de noces aussi tardif que romantique. Par voyage de noces, entendez surtout un voyage en amoureux et… sans enfants. Récit d’un petit séjour sympathique, entre farniente et découvertes.

En matière d’amour, comme pour tout le reste d’ailleurs, il n’est jamais trop tard pour bien faire ! La preuve ? C’est 20 ans après leur mariage que Valérie Adatte, malentendante jurassienne bien connue de nos lecteurs (nous avions relaté dans nos colonnes son parcours très atypique de clown relationnelle et d’assistance socio-éducative), et son mari Serge, se sont enfin décidés à faire… leur voyage de noces. Non pas que l’envie ait manqué jusque-là, mais comme souvent, les couples au moment de convoler, sont plutôt jeunes et… sans-le-sou.

Alors voilà : pour fêter ses 20 ans de mariage, Valérie et Serge décident de rattraper le coup et s’envolent depuis l’aéroport de Zurich le 15 juillet dernier. Destination : la Grèce. « On avait envie de partir en amoureux depuis un bon moment, mais c‘est Serge mon mari qui a tout choisi, car il voulait absolument me faire une surprise, raconte Valérie. Il m’a juste informée de la destination: Santorin. Comme il sait que j’adore le soleil, la mer, la bonne cuisine et que notre précédent voyage en Grèce m’avait laissé un souvenir impérissable, le choix fut vite fait! D’autant plus que lui-même est passionné par les « vieux cailloux », autrement dit, les vestiges de civilisations anciennes. Du coup, la Grèce était une destination idéale pour nous satisfaire tous deux. »

Nombreux voyages

Tous les deux ! Il faut dire que jusque-là, de nombreux voyages avaient été effectués, mais toujours en famille. Agréable et sympathique bien sûr, mais pas très romantique. « Nous avons beaucoup voyagé, en France, en Suisse, et dans bien d’autres pays : la Hongrie – ce fut mon baptême de l’air -, l’Egypte, la Grèce déjà et la Turquie où nous venons de retourner car j’ai adoré Istanbul, son atmosphère, la gentillesse des gens. Mais en dehors de Budapest, où nous étions partis en tête-à-tête, nous avons toujours voyagé avec nos enfants, en particulier notre fils Axel aujourd’hui âgé de 12 ans ».

Santorin donc. Appelée aussi Théra, cette île grecque située en mer Egée est le vestige d’une île ancienne détruite par une éruption volcanique près de deux siècles avant J.C. L’hôtel y est magnifique avec de superbes bougainvilliers et surtout très confortable et doté d’une magnifique piscine semi-privée.

Sitôt arrivés, Valérie et Serge louent une voiture et décident de sillonner les lieux. C’est donc la découverte de la ville d’Akrotiri, recouverte par la lave et partiellement exhumée, mais aussi de la montagne de Théra, également très riche en vestiges.

« Là-bas, il y avait un vent à vraiment décorner les bœufs, si fort qu’un de mes appareils acoustiques s’est presque enlevé tout seul, rigole Valérie. Comme je suis assez trouillarde et qu’en plus j’ai le vertige, mon mari est allé visiter tout seul, et je l’ai attendu sagement à l’abri, entamant une conversation avec une dame qui avait elle aussi le vertige… et qui attendait également que son mari ait fini sa visite. »

Et Serge et Valérie, qui ont tout de même consacré un peu de temps au farniente, ne se contentent pas que de « vieilles pierres ». Ils visitent également Fira, ville très branchée riche de commerces et de bars, et aussi la très touristique ville d’Oia, construite à flanc de falaise. « C’était magnifique, mais franchement, nous avons préféré les petits endroits pittoresques où nous sommes allés nous perdre volontairement. Nous avons fait une excursion en bateau jusqu’à l’île de Ios et avons pu admirer le coucher de soleil en rentrant sur le bateau. Mais pour moi, le plus bel endroit reste le célèbre village de Mégalochori: typique et authentique, il a vraiment conservé son âme et on a l’impression d’y faire un bond dans le passé ».

Haut-parleurs

Evidemment, la malentendance n’est jamais très loin, et comme toujours, Valérie s’y adapte avec son humour et son sens coutumier de l’autodérision. « J’avais le chic, aux restaurants, de systématiquement m’asseoir juste à côté des haut-parleurs qui diffusaient de la musique, ce qui n’était pas très compatible avec mes appareils auditifs, raconte-t-elle. Le soir de notre anniversaire, on a choisi un beau petit resto, et la première chose que j’ai cherchée c’était ces maudits haut-parleurs. Je demande à Serge où ils sont. Lui me regarde en se marrant… « Mais quoi? répond-il. Quels haut-parleurs? Tu ne vas pas me dire que tu ne les a pas vus? »… En guise de haut-parleur, il y avait deux messieurs qui jouaient de la guitare à deux mètres de moi et je ne les avais pas vus !»

Après une semaine de repos, de découvertes, de repas et de balades romantiques, sonne l’heure du retour vers la maison et la vie familiale. « C’était vraiment un voyage de rêve, conclut Valérie. Tout était très bien et magnifique. Le dernier soir, nous sommes allés admirer le coucher de soleil tout au bout de l’île, près du phare. Au crépuscule, nous nous sommes embrassés en nous disant qu’on n’attendrait pas dix ans pour renouveler l’expérience d’un voyage en amoureux. »

 

ChA