Enseignement en lecture labiale : La formation bat son plein !

Entamée en janvier dernier, la formation d’enseignantes en lecture labiale se déroule selon le planning prévu. Les 24 étudiantes ont déjà suivi de nombreuses journées de cours, et réalisé leurs premiers stages pratiques. Motivées et enthousiastes, elles relèvent la qualité des enseignements et de l’encadrement, non sans se poser des questions sur le futur exercice de leur profession.

C’est assez exceptionnel pour être souligné. Six mois après le début de la nouvelle formation d’enseignantes en lecture labiale, entamée sous l’égide de forom écoute, de l’Ecole d’Etudes Sociales et Pédagoqiques de Lausanne (EESP) ainsi que de l’Association Romande des Enseignantes en Lecture Labiale (ARELL), pas une seule défection ! Mois après mois, l’ensemble des 24 candidates demeurefidèle au poste, et s’accroche pour ne pas perdre le fil des enseignements. Et le verbe « s’accrocher » n’est pas trop fort, car il faut dire que les premiers cours ont été, c’est le moins que l’on puisse dire… plutôt rudes. En cause, les deux disciplines enseignées en entrée de formation, l’anatomie et la linguistique…

« Cela nous a fait des journées plutôt bien remplies, et la quantité de connaissances transmises n’est pas négligeable », argumente une participante. « Franchement quand, dans une seule journée, on a l’anatomie le matin et la linguistique l’après-midi, c’est plutôt costaud ! Inutile de dire que le soir, on est cuit ! » « Parfois, on se dit : Mon Dieu que c’est exigeant, renchérit une autre étudiante. Au point que, certaines veilles de cours, quand je regarde mon classeur de documents, je me demande si je vais vraiment y aller ! » « Heureusement, ajoute-t-elle avec un grand sourire, cela ne dure pas, et une fois qu’on est là, tout va très vite, car c’est vraiment très intéressant et passionnant ! Je suis impressionnée par la diversité des contenus ! »

Unanime est en revanche, l’appréciation de la qualité de la formation. « Les professeurs sont d’excellent niveau, ils sont gentils, serviables et même parfois enthousiastes », constate avec satisfaction une participante. « L’organisation est très pro, ajoute une autre. Nous sommes très bien informées du déroulement des cours, les supports pédagogiques nous parviennent rapidement, c’est vraiment très bien ». « C’est incontestable, nous sommes bien encadrées », confirme-t-on encore. « Daniel Lambelet (le professeur de l’EESP en charge de la formation, ndlr) est présent au début de chaque cours, et l’information passe bien ! »

Un grand nombre d’étudiantes exprime néanmoins leur hâte à entrer dans le vif du sujet. « Certes, ces premiers enseignements, ardus, sont indispensables et enrichissants », exprime l’une d’entre elles. « Mais cela ne va pas assez vite, et j’avoue que j’ai vraiment hâte d’être à l’année prochaine, tant le programme des cours de 2015 me paraît passionnant et plus directement dans la réalité de la profession ! »

Stages pratiques

Pourtant, le vif du sujet, une très grande partie des étudiantes a déjà eu l’occasion de s’y frotter, au travers des stages pratiques organisés au cours de ce premier semestre, en coordination étroite avec les enseignantes de l’ARELL. En pratique, chaque étudiante s’est donc déplacée, en fonction de sa situation géographique, pour assister à un, voire plusieurs cours dispensés par une enseignante de l’ARELL dans le cadre de l’exercice de sa profession. Et là encore, les éloges sont unanimes : « Les enseignantes sont vraiment super », témoigne une étudiante qui a effectué son stage avec deux enseignantes différentes. « Elles sont accueillantes, motivées, rassurantes et vraiment très pédagogues. Et c’est d’autant plus agréable que les malentendants qui suivent ces cours m’ont également accueillie avec beaucoup d’encouragements, en me disant : c’est bien, il faut que la relève se forme ! »

Qualifiés de « très importants », ces stages permettent aux étudiantes de prendre conscience de la réalité du métier, en particulier de l’importance du travail préalable de préparation des cours. « Moi, ce qui m’a frappée, ajoute une étudiante, c’est plutôt la dimension psychologique liée à la dynamique du groupe lors de l’enseignement. Ainsi, j’ai observé qu’une bonne part de malentendants venait autant pour le soutien du groupe que pour l’apprentissage de la lecture labiale en elle-même ». « Cela dépend de la personnalité des apprenants », tempère néanmoins une autre étudiante. « Certains ont besoin du groupe, d’autres moins. »

« Franchement, cette volée est très plaisante », conclut le professeur Daniel Lambelet, le responsable de la formation. « Les étudiantes sont motivées, organisées, et très pro-actives. Tout se déroule donc de manière agréable et est de bon augure pour la suite ! »

Interrogations

Après un semestre d’enseignements, commence très logiquement à arriver le temps des interrogations. Celles liées aux futurs examens bien sûr – « Il serait bon que l’on nous informe des objectifs pédagogiques au début de chaque cours, comme ça nous saurions mieux comment nous préparer », « j’espère qu’ils ne seront pas trop exigeants, nous ne sommes pas des linguistes ou des anatomistes » etc. – mais aussi celles liées au futur exercice de la profession.

Dans quelles conditions devront-elles travailler ? Auront-elles suffisamment de travail ? Pourquoi la coordination avec les audioprothésistes et les médecins ORL n’est-elle pas meilleure afin de mieux faire prendre conscience de l’importance de l’apprentissage de la lecture labiale ? Autant de questions très légitimes, mais auxquelles il est encore difficile de trouver des réponses définitives, tant la profession est encore méconnue et en voie de structuration.

Après une interruption estivale bien méritée, cap donc sur le deuxième semestre de cours, plus orienté sur la voix, l’audition, et les pathologies afférentes. Avec une bonne surprise, totalement imprévue. Les étudiantes ne devraient plus être 24, mais… 26. Deux bébés sont en effet attendus pour le début du mois d’octobre. Pouvait-on rêver meilleur symbole pour l’avenir d’une profession en plein renouveau ?

ChA