Fin d’école obligatoire et après ?

Se lancer dans la vie professionnelle avec un handicap à la fin de sa scolarité obligatoire est un sacré défi. Témoignage.

« Avoir confiance en soi », la formule magique que des milliards d’entre nous aimeraient posséder, comme Katherine Trendle, qui, en outre, est malentendante. Cette adolescente, née en 2000, raconte ses difficultés à trouver une place d’apprentissage après sa scolarité obligatoire et l’obtention de son certificat VG.

« Je voulais me débrouiller seule et trouver une place d’apprentissage, au-delà de l’aide du centre de formation professionnelle spécialisée, Le Repuis, qui gère le lien entre les intervenants », explique-t-elle.

Katherine considère qu’elle a beaucoup progressé durant sa scolarité malgré son handicap : seul frein : la confiance en soi. Ces années sont vécues avec des hauts et des bas dépendants des branches et du rapport relationnel avec les enseignants ; un défi supplémentaire pour développer cette confiance tant recherchée. Car il en faut pour entreprendre des démarches et se lancer dans la vie professionnelle.

La jeune femme a suivi cinq stages durant ces deux dernières années scolaires ; l’un comme forestière-bûcheronne qui lui a beaucoup plu, mais qui est très physique. « On m’a alors parlé d’un stage d’horticultrice ; j’en ai suivi deux avec engouement et ai décidé d’en faire mon futur métier », poursuit la jeune femme.

Du côté des exigences des maîtres d’apprentissage, la barre est élevée et les places rares ; certains demandent aux jeunes d’avoir déjà un peu d’expérience pratique et de connaître bon nombre de noms de plantes avant même de commencer l’apprentissage.

N’ayant pas trouvé de recruteur pour cette rentrée 2017, Katherine cède, un peu à contrecœur, à suivre le Raccordement 1.

L’Assurance invalidité, elle, offre la possibilité de suivre une formation professionnelle ou une formation en école grâce à des mesures de compensation et des aménagements spécifiques. « Si je choisis d’entreprendre une seconde formation après mon apprentissage en vue d’un autre métier, ce sera par mes propres moyens », précise Katherine.

Un parcours rayonnant

Lorsque son père pressent un problème auditif, la jeune nicaraguayenne vient s’établir en campagne vaudoise auprès de ses grands-parents. Agée de trois ans et demi, les médecins pratiquent un implant cochléaire et c’est à l’Hôpital Universitaire de Genève, HUG, qu’elle démarre un premier apprentissage quotidien : mettre un mot sur chaque bruit, une expérience éprouvante.

La jeune femme, de prime abord réservée, ne déchante pas ! Au contraire, elle a suivi des cours d’improvisation au théâtre pour acquérir de l’assurance et son enseignante scolaire en musique l’a encouragée à chanter dans un cœur et à participer à un festival de Gospel. Une expérience enrichissante, qu’elle a beaucoup appréciée.

Son éducatrice sociale au sein de l’Ecole cantonale des sourds, ECES, où elle a suivi la langue des signes durant sa petite enfance, la convainc de s’inscrire dans un atelier d’écriture. Elle va écrire ses propres textes puis les chanter. « Un de mes rêves serait de pouvoir participer à l’émission de télévision française « The Voice», s’exclame-t-elle, rayonnante. De quoi inspirer d’autres jeunes !

En attendant d’effectuer de nouvelles recherches pour une place d’apprentissage d’horticultrice, Katherine veut réaliser un blog afin de sensibiliser les personnes malentendantes à satisfaire leurs ambitions, à créer des projets de toutes sortes et à minimiser leur appréhension face à la malentendance.

Et de conclure : « réaliser ses rêves ? On peut y arriver comme les autres. Il faut le vouloir et le croire, dépasser son handicap malgré ce que les gens diront, sans perdre une minute, car la vie est trop courte ! ». A bon entendeur…