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Publié le: 29 sept 2018

Formateur et formatrice de langue des signes

Formateur et formatrice de langue des signes

Le troisième volet de la formation de formateur/formatrice de langue des signes est en cours. Elle permet de se professionnaliser et d’acquérir les compétences nécessaires.

Depuis une trentaine d’années, la Suisse promeut un mouvement de professionnalisation des fonctions de formatrices ou formateurs d’adultes, ainsi que de spécialisation, avec l’apparition d’une offre de formation spécifique pour les formateurs-trices de langues ou en alphabétisation. En partenariat avec la Fédération Suisse des Sourds, l’Unité de formation continue de la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne propose une formation spécifique à l’enseignement de la langue des signes qui permettra au participant-e-s d’obtenir une qualification reconnue. Explications avec le Professeur associé HES, Daniel Lambelet.

Le mouvement de professionnalisation et de spécialisation des fonctions de formatrices ou formateurs d’adultes va de pair avec l’acquisition d’un diplôme. « Dans ce contexte, il est important que les professionnel-les qui accompagnent des adultes provenant d’horizons variés dans l’apprentissage de la langue des signes bénéficient également d’une formation continue professionnalisante ».

Pour améliorer les conditions de vie des personnes souffrant d’une perte auditive, les formateurs et formatrices de langue des signes contribuent à les faire accepter et respecter davantage, et à ce qu’elles puissent obtenir l’égalité des droits et des chances, et l’intégration sociale.

« Alors que la Fédération Suisse des Sourds défend la langue des signes et sa culture et encourage ainsi la socialisation linguistique bilingue, elle soutient également cette formation et collabore activement ».

Les diplômés sont habilités à dispenser des cours de langue des signes pour adultes de manière indépendante, ayant acquis ses bases de la linguistique et sa sociologie et approfondi leurs connaissances de la culture sourde. « Ils apprennent également à communiquer avec des groupes hétérogènes et à consolider leurs compétences de communication avec des participants adultes.

« La difficulté que certaines personnes sourdes rencontrent encore à trouver une insertion professionnelle épanouissante, malgré leur qualification, leur engagement au travail, etc est connue. La perspective de pouvoir devenir formatrice ou formateur de langue des signes ouvre pour certaines d’entre elles un horizon stimulant ».

Du côté des étudiants, cette formation leur permet de concevoir des modèles de planification, organiser, communiquer, élaborer, donner des cours et les évaluer. Ils sont également en mesure de percevoir les processus complexes des groupes d’étude, de les analyser, d’intervenir de manière adéquate et de soutenir les apprenant-e-s dans leur processus concret de formation et d’apprentissage.

Témoignage
Noha El Sadawy étudie cette voie et partage ses impressions. Son intérêt porte sur la pédagogie et la linguistique. « Cette formation m’intéresse beaucoup, le contact humain est direct, ce qui nous permet de mieux comprendre et de pouvoir poser des questions sans gêne ».

Elle a auparavant suivi diverses formations sur plusieurs années avec l’aide d’un interprète, semées de moments difficiles et d’autres enrichissants.

Noha a récemment fait son diplôme de CAS en médiation culturelle auprès de l’ESSP et était la seule personne subissant des déficientes auditives. « Il y a eu des problèmes avec l’AI, qui refusait de payer les frais d’interprétariat pour me permettre de poursuivre mes études. Après trois mois, j’ai dû m’arranger avec les interprètes bénévoles sans lesquels je n’aurais pas pu suivre ces cours, que je continue avec grand intérêt ».

Et d’ajouter : « il me paraît important que nous puissions participer aux cours avec les formateurs/formatrices, directement en langue des signes. Nous nous regroupons et échangeons beaucoup ».

L’aspect social est enrichi par la découverte de la communauté sourde et malentendante, les enseignants/enseignantes évoquent des exemples liés à elle.

« J’encourage l’intégration de cette formation équivalente à celle des étudiants entendants ; il est juste de pouvoir étudier comme eux ».

La fondation forom écoute reviendra sur cette formation au terme des examens en 2020 et au moment des prochaines inscriptions.

www.eesp.ch

 

© Marc Magnin