Formation professionnelle

Etre jeune malentendant et suivre un apprentissage jusqu’à l’obtention du CFC, est méritoire ; Bastien Marquis en témoigne.

En janvier dernier, Bastien Marquis, jeune malentendant de 24 ans originaire de Delémont, racontait son escapade en solitaire à San Fransisco dans nos pages du magazine en ligne.

Durant son apprentissage de gestionnaire en intendance, Bastien avait pu prendre six semaines de congé pour réaliser un de ses rêves. Développer son autonomie, apprendre à se connaître et découvrir jusqu’où il pourrait aller avec son handicap et se prouver qu’il ne l’empêchait pas de faire ce qu’il voulait.

Une expérience riche, agrémentée d’un séjour linguistique dans une école de langues et du certificat EF Cambridge English Level Test (EFCELT) en poche, même avec quelques difficultés de compréhension dues de la malentendance.

Pari gagné !

Aujourd’hui, le jeune homme a terminé son apprentissage et reçu son CFC de gestionnaire en intendance, qui consiste à des activités d’entretien et de gestion dans un ménage collectif comme les homes, les institutions, les établissements hospitaliers ou hôteliers, les crèches ou encore les exploitations agrotouristiques.

Le gestionnaire en intendance doit pouvoir planifier, exécuter et superviser diverses tâches qui lui incombent comme l’entretien de locaux, la préparation des repas, l’accueil et des travaux administratifs, le rendant autonome.

Retour à chaud sur les défis à relever durant l’apprentissage lorsqu’on est malentendant.

De manière générale, comment s’est déroulé votre apprentissage ?

Il s’est déroulé en deux étapes. J’ai d’abord réussi les examens théoriques avant de partir aux Etats-Unis, puis j’ai dû repasser les examens pratiques cette année, n’ayant pas obtenu les points nécessaires. Dès mon retour de voyage, j’ai démarré un stage dans un home en novembre dernier, en vue des examens pratiques.

Est-il difficile de trouver une place d’apprentissage avec un handicap ?

Si on m’a engagé à la dernière minute, il a été facile de trouver une place d’apprentissage de deux ans en formation professionnelle AFP, destinée aux jeunes qui ont des aptitudes essentiellement pratiques, et j’ai été tout aussi chanceux pour ma formation en vue du CFC. Les deux ont duré en tout six années, puisque j’ai dû refaire la pratique.

Comment se sont passé les cours théoriques sur les bancs d’école ?

Bien, il était parfois difficile de suivre, j’étais surtout perturbé par les bruits ambiants et par les élèves qui bavardaient durant les cours.

Des mesures ont-elles été prises pour que vous puissiez suivre ces cours théoriques, au même titre que vos camarades ?

Non, aucune mesure spécifique. Je me plaçais simplement devant pour bien comprendre les enseignants et j’effectuais mes devoirs, aidé par le centre régional d’apprentissages spécialisés, CERAS.

Avez-vous été rémunéré comme vos camarades où y a-t-il eu discrimination ?

J’ai été rémunéré comme tout le monde, sans discrimination.

Quelles sont les portes qui s’ouvrent à vous aujourd’hui ?

La formatrice du home dans lequel je travaillais, m’a conseillé de m’orienter vers un domaine dans lequel je sois le plus à mon aise. J’ai choisi l’accueil et le service.

Avez-vous un objectif professionnel précis ?

J’aimerais, à l’avenir, me perfectionner et suivre une autre formation dans ce domaine. Mon rêve absolu serait de devenir steward à bord des avions, mais mon niveau d’anglais est encore insuffisant.

Volonté, ténacité, ambition ont accompagné Bastien durant ses années d’apprentissage. Des caractéristiques, dont tous les jeunes entendants comme malentendants devraient s’approprier. Bon vent Bastien, on te souhaite le meilleur !