Fribourg : Une association dynamique et engagée

Fondée en 2000, l’Association fribourgeoise des malentendants (AFM) fait preuve d’un dynamisme impressionnant sous la houlette d’un comité soudé et engagé, présidé par la très énergique Evelyne Jordan.

« C’est un engagement qui demande beaucoup de sacrifices et de travail. Mais cela fait toujours plaisir de faire plaisir, et c’est cet état d’esprit que nous veillons à faire sentir aux nouveaux membres qui nous rejoignent ! » Pour Evelyne Jordan, qui préside l’Association fribourgeoise des malentendants (AFM) depuis six ans, cela ne fait guère l’ombre d’un doute: la vie associative est fondée en premier lieu sur le plaisir. Un plaisir décliné sous diverses formes, puisque, forte d’une soixantaine de membres, l’AFM multiplie les activités: sorties, rencontres, organisation de conférences, enseignements, stands de sensibilisation, etc.

Bon bilan

Ce dynamisme est incontestablement à mettre à l’actif de l’entregent de sa présidente, aussi optimiste que déterminée à faire en sorte que les activités se déroulent dans une atmosphère bon enfant: « les comités se réunissent chez moi, c’est aussi l’occasion de parler d’autre chose, de s’épancher, de nous raconter nos soucis, car les liens humains comptent beaucoup », constate Evelyne Jordan, elle-même malentendante depuis une dizaine d’années. « Et puis, ce n’est pas en faisant des reproches que l’on donne envie aux gens de venir, de s’engager. Nous sommes tous bénévoles, avons des activités par ailleurs, et il faut bien tenir compte de tous ces paramètres ! »

Mais le savoir-faire et le dynamisme de la pétillante présidente n’expliquent pas tout. Car il y a aussi l’engagement de son comité, très soudé, et qui, fort de cinq membres, ne ménage pas ses efforts pour assurer un fonctionnement harmonieux et efficace à l’institution. Et les résultats sont là, puisque l’AFM, en ces temps difficiles où la vie associative peine à trouver des vocations, affiche un bilan impressionnant.

En plus de ses actions de sensibilisation, notamment au cours de la Journée Nationale de l’Audition, l’association organise chaque année cinq à six sorties pour ses membres, dont une avec les collègues alémaniques. « Pour tenir compte de la fatigabilité de nos membres, assure Evelyne Jordan, nous essayons de faire en sorte que les sorties n’aient pas lieu trop loin. Là encore, le but est de passer un bon moment, et à chaque fois, nous essayons de choisir un coin insolite du canton ! » Et d’ajouter dans un sourire: « je crois qu’on aura bientôt fait le tour des destinations, il nous faudra donc aller voir ailleurs ! »

Enseignements

Autre activité: les cours proposés aux membres, dans le local dont dispose l’AFM dans le quartier de Pérolles. Depuis cinq ans environ, sont en effet organisés deux fois par an, au printemps et en automne, des cours de lecture labiale qui rencontrent un franc succès, puisque chaque session fait le plein de participants. Cerise sur le gâteau: des cours d’art floral sont même proposés par la présidente, passionnée par la question depuis le jour où, suite à la perte de son emploi il y a une quinzaine d’années, elle a travaillé comme fleuriste.

Mais ce n’est pas tout: l’association s’engage également sur le plan institutionnel, puisque, sur désignation du Conseil d’Etat fribourgeois, elle siège au niveau de la Commission cantonale d’accessibilité. « Tous les handicaps y sont représentés, observe Evelyne Jordan. Y siéger représente un atout important et cela permet de faire avancer bien des dossiers, alors que d’ordinaire, en tant que petite association, nous n’avons pas beaucoup de poids pour influer sur le cours des événements. En revanche par le biais de la Commission, nous obtenons des résultats importants, notamment en matière d’équipement des édifices en boucles magnétiques ! »

Après six années à la tête de l’Association des malentendants, Evelyne Jordan se verrait bien passer le relais, d’autant qu’elle entame une nouvelle activité professionnelle, comme secrétaire pour l’ALPC, l’Association Suisse pour le Langage Parlé Complété. « Incontestablement, cette expérience m’a nourrie sur le plan humain, conclut-elle avec satisfaction. Aujourd’hui, l’AFM fonctionne bien et ce serait le bon moment pour une nouvelle présidence. Je verrais bien quelqu’un de plus jeune, par exemple. Mais pour l’instant, tant qu’il n’y a personne, je continue ! »