Great escape !

Dix sur dix, c’est le score que Grégoire Droz-dit-Busset attribue à son séjour linguistique et sa fantastique escapade en Angleterre.

De retour de son séjour linguistique de six semaines à Manchester, Grégoire Droz-dit-Busset, secrétaire bénévole du Conseil de fondation de forom écoute, répond à chaud à nos questions.

Quel était le but de votre voyage ?
Je m’y suis avant tout rendu afin d’améliorer mon anglais. En 1ère année Bachelor auprès de la Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université de Lausanne, la langue anglophone est indispensable, tant pour les cours que la lecture. Baigner durant six semaines dans un pays anglophone m’a permis d’être plus à l’aise avec cette langue et surtout de mieux et plus vite la comprendre.

Ayant subi une perte auditive bilatérale sévère (~60%) de cause congénitale, le jeune homme de vingt ans est appareillé et surpris positivement par son séjour. Avez-vous rencontré des difficultés au niveau auditif ?

Moins que je ne l’aurais imaginé. C’était la première fois que je me retrouvais dans un univers 100% anglophone ; je pensais que je serais très vite fatigué à cause de la concentration. Au final, la plus grande difficulté que j’ai rencontrée était la compréhension orale de l’anglais, dont je n’avais aucune pratique.

Et au niveau social ?
Sur le plan humain, j’ai été très étonné par la différence de mentalité entre la Suisse et l’Angleterre. Chez nous, nous sommes très vite stigmatisés et mis à l’écart, là-bas c’est tout le contraire. Quand le bureau académique a appris que j’étais malentendant, sa première question a été : « Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous faciliter la vie ? ». Les anglais font le maximum pour l’intégration des personnes avec handicap ; ils jugent le travail, pas les gens, le contraire des suisses. Par ailleurs, nombreuse était la population qui arborait des tatouages, des piercings ou des coiffures colorées et artistiques très visibles, sans que ça pose problème.

Quant à mes relations avec les autres, elles ont été excellentes, je n’ai éprouvé aucune difficulté à m’intégrer et à me faire des copains/copines.

Est-il aisé de se déplacer et voyager avec un problème d’audition ?
À titre personnel, je n’ai subi aucun obstacle, étant très extraverti et débrouillard. Si j’avais rencontré un problème, j’aurais su le résoudre. Si je dois donner un conseil, c’est de se préparer à l’avance, connaissant plus ou moins les questions auxquelles on doit répondre à l’aéroport et les obligations que l’on doit y accomplir.

Des anecdotes plaisantes et déplaisantes ?
Que du bonheur ! Des visites à Liverpool et à Londres, lesquelles m’ont laissé des souvenirs fantastiques. Au cas où je referais un séjour linguistique, c’est dans une de ces deux villes que je me rendrais. J’ai par ailleurs visité les stades de Manchester City et Manchester United et la ville est cosmopolite, j’ai donc pu me rassasier de manière très diversifiée.

Quels sont les organismes accompagnant un jeune subissant un handicap ?
J’ai fait ce séjour linguistique à travers Education First, EF, qui a tout organisé. D’ailleurs, il a été créé dans les années soixante par un jeune suédois dyslexique ayant toujours considéré l’école comme un défi. Il fut surpris par la façon dont il réussit à apprendre l’anglais sans effort en Angleterre.

Le mot de la fin ?
Si j’ai l’occasion, je m’y installerai sans hésiter. Les britanniques sont vraiment tolérants avec les personnes qui souffrent d’un handicap ou qui ne correspondent pas « à la norme ». Je conseille à tous les jeunes, malentendants, sourds ou normo-entendants qui souhaitent améliorer une langue étrangère, de faire un séjour linguistique. C’est le meilleur moyen de l’appréhender et de s’améliorer, à condition de poursuivre la pratique une fois de retour. Pour ma part, je lis les informations en anglais, regarde des films et séries, dont je connais la trame, et communique avec des personnes anglophones.

Egalement responsable bénévole de la commission jeunesse et prévention Comm’s Jeun’s, Grégoire aime aussi la nouvelle technologie, la photographie et sans parti pris analyse la politique suisse, française, américaine, russe et chinoise et lorsque le sujet l’intéresse vraiment comme NO-BILLAG, il s’engage sans limite.

Good luck for your future, dear Greg !