La thérapie génique ouvre une nouvelle porte

Les recherches sur la thérapie génique de la neurobiologiste Christine Petit redonnent espoir aux personnes atteintes de surdité.

Publié sur le blog français des acouphéniens, l’article sur la thérapie génique et les recherches du Pr. Christine Petit, pionnière de l’analyse génétique des surdités et directrice de l’Unité génétique et physiologie de l’audition à l’Institut Pasteur, paraît très encourageant.

Les recherches sur la thérapie génique suscitent beaucoup d’espoir ces dernières années que ce soit pour les parents d’enfants sourds ou pour tous ceux qui sont atteints par la surdité ou les acouphènes.

L’identification de centaines de gènes a accéléré le développement de traitements capables de réparer l’oreille interne. Environ 1 enfant sur 700 naît avec une surdité profonde ou sévère. Un déficit précoce de l’audition d’origine génétique dans 60 à 80 % des cas.

Génétique
C’est en 1995 à l’Institut Pasteur (Paris) que le premier gène responsable de surdité est isolé. Depuis, plus d’une centaine d’atteintes génétiques responsables d’autant de formes distinctes d’atteintes auditives ont été identifiées. Ces découvertes révolutionnent la recherche et ouvrent la voie au développement de thérapies pour réparer l’oreille interne, au premier rang desquelles la thérapie génique.

« L’audition est un domaine des neurosciences qui doit beaucoup à la génétique. Nous avons pu identifier les mécanismes moléculaires permettant à la cellule sensorielle située dans la cochlée de recevoir le son et de le transformer en un codage électrique qui sera délivré par le nerf auditif au cerveau ».

Cette meilleure compréhension du système auditif a permis d’identifier les mécanismes défectueux à l’origine des surdités neurosensorielles. Des formes liées à l’atteinte des cellules sensorielles ou à celles du nerf auditif.

L’identification de ces gènes a également permis le développement de modèles sur la souris. « La cochlée de souris et la cochlée humaine sont très semblables. On peut donc raisonnablement s’appuyer sur ces modèles pour identifier les formes de surdité pour lesquelles les thérapies géniques sont les plus prometteuses ».

Expérimentations
Dans son laboratoire, la chercheuse travaille à la fabrication de gène-médicament capable de pallier les effets des gènes malades. Fin 2017, elle a démontré que l’injection d’un gène thérapeutique directement dans l’oreille interne de souriceaux permettait de réparer les cellules sensorielles abîmées. Avec une injection à deux semaines, ces animaux sourds profonds ont partiellement retrouvé l’audition et totalement l’équilibre.

Aux États-Unis, des chercheurs (université de Kansas City) conçoivent déjà un essai clinique chez l’homme. Il vise à insérer un gène dans les cellules de soutien (un autre type cellulaire présent dans l’oreille interne) pour les forcer à devenir des cellules sensorielles. Une approche séduisante qui pose de nombreux défis.      « La cochlée compte plus de 17.000 cellules sensorielles et toutes différentes les unes des autres. Chaque cellule répond à une fréquence donnée en fonction de sa morphologie et de ses propriétés biophysiques. Outre la genèse de nouvelles cellules, il faut réussir à restaurer ses connexions avec les cellules de soutien devenues moins nombreuses et les neurones du nerf auditif pour que le message auditif soit correctement codé ».

En parallèle, les thérapies cellulaires fondées sur l’implantation de cellules-souches se profilent et les options pharmacologiques regagnent du terrain. « À l’heure actuelle, seul l’implant cochléaire permet de sortir les enfants sourds profonds du silence. Ces nouvelles thérapies devront donc faire mieux que ces dispositifs ».

Sources: Le Figaro, Institut Pasteur.

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