Lauréats du Prix aux élèves malentendants :10 ans après, que sont ils devenus ?

  • Depuis 2004, forom écoute décerne un Prix destiné à récompenser les élèves, apprentis ou étudiants qui terminent avec succès leur cursus scolaire ou leur formation.
  • En une décennie, environ 200 élèves, issus de tous les cantons romands ont été primés.
  • Nous avons réussi à retracer le parcours d’une dizaine d’entre eux, un parcours fait d’efforts, de joies et d’espérance.

Ils sont au total environ 200 ! 200 jeunes élèves malentendants, reconnus et primés par forom écoute depuis un peu plus de 10 ans. Qu’il s’agisse de la fin de leur scolarité obligatoire, de la fin d’un apprentissage réussi, ou de tout autre diplôme, chaque élève a vu son effort reconnu et encouragé par forom écoute, par la remise symbolique d’un bon d’achat de livres et d’un abonnement d’une année au magazine que vous tenez entre vos mains.

Tout a commencé plus exactement en 2004, lorsque Michèle Bruttin, actuelle présidente de forom écoute, a eu l’idée de récompenser les élèves les plus méritants, ceux qui, après un parcours parfois difficile, réussissaient à terminer leurs études.

« C’était en 2004, et je travaillais dans l’établissement secondaire C.F. Ramuz à Lausanne, se souvient-elle. Nous avions à l’époque Fiona Vullo, une élève, malentendante et appareillée, qui effectuait sa scolarité en voie baccalauréat. Le parcours scolaire de cette élève a suscité en moi une admiration et j’en ai fait part au Comité de direction de forom écoute, présidé à l’époque par Nicole Guillermin. J’ai indiqué que des élèves recevaient des prix pour leurs bons résultats en maths, en français, etc. et que je trouverais bien que nous décernions un prix à cette élève particulièrement méritante au vu de son handicap auditif. »

De fait, chaque année depuis un peu plus de 10 ans, la fondation romande des malentendants écrit aux Conseils d’Etat et aux rectorats de tous les cantons romands. « D’une manière générale, explique Céline Rodriguez qui suit ce dossier à forom écoute depuis plusieurs années, nos interlocuteurs jouent bien le jeu. Nous les informons de l’existence de ce Prix aux élèves malentendants et leur demandons de transmettre l’information aux établissements qui relèvent de leur autorité. Ce sont ces derniers qui, parmi leurs élèves, identifient les personnes qui ont réussi leurs études en dépit d’un handicap auditif. »

Chaque élève se voit ensuite remettre le Prix de forom écoute, soit publiquement lors de la cérémonie officielle de promotions, soit de manière plus discrète s’il le souhaite. « Désormais, nous souhaitons encore élargir notre recherche au cours des années à venir, car nous nous sommes rendus compte que certains jeunes malentendants passaient entre les mailles du filet et que l’information de leur réussite ne nous parvenait pas forcément, ajoute Céline Rodriguez. C’est la raison pour laquelle nous allons élargir nos recherches, via des contacts resserrés avec la fondation A Capella ou l’ALPC, l‘Association Suisse pour le Langage Parlé Complété ».

Pour la seule année 2015, ce sont également une quarantaine de nouveaux jeunes qui devraient être primés, s’ajoutant aux 200 récompensés au total. Et afin de marquer ce chiffre très encourageant, nous avons souhaité retrouver et retracer le parcours des premiers étudiants à avoir été primés, en 2004 et 2005. Parmi ceux-là, une dizaine d’entre eux ont accepté de nous raconter le chemin parcouru (lire ci-dessous). Un chemin de joie, d’espérance et de réussite qui est venu confirmer tout le potentiel qu’ils avaient révélé, voilà déjà 10 ans.

 

 

Isaline Rossel: «L’important, c’est de faire ce que l’on aime»

« Je suis fière du chemin que j’ai fait et d’avoir écouté les conseils donnés. J’ai aussi appris que c’est important de faire ce qu’on aime faire. Je suis heureuse où je suis maintenant et avec les choix que j’ai faits ».

Prix aux élèves malentendants 2006, Isaline Rossel vit aujourd’hui à la Chaux-de-Fonds avec son mari, Néerlandais, rencontré il y a 4 ans. Et s’il y a une qualité qui caractérise son parcours, c’est bien la ténacité. Après sa scolarité obligatoire, elle souhaite entamer un apprentissage d’opticienne. Malheureusement, après plusieurs entretiens, son jeune âge (16 ans) la conduit à renoncer –provisoirement- à ce projet, jugée « un peu jeune pour occuper un poste qui demande d’avoir beaucoup de contact avec les clients ». La jeune femme décide donc de s’inscrire dans une école de commerce à la Chaux-de-Fonds, à l’issue de laquelle elle obtient son diplôme d’employée de commerce, après trois années d’études. Dans la foulée elle poursuit avec une année de stage en entreprise et décroche sa maturité commerciale.

« A ce moment-là, raconte-t-elle, et comme je voulais toujours devenir opticienne, je trouve une place d’apprentissage pour enfin apprendre le métier que j’aimais. Au lieu des 4 ans d’apprentissage prévus, j’ai pu obtenir mon CFC après seulement 3 ans, grâce au fait que j’avais déjà deux diplômes. Ce n’était pas la façon la plus rapide de devenir ce que je voulais, mais j’ai appris beaucoup de choses durant ce parcours et mon année de maturité m’a permis de grandir. C’était une bonne expérience professionnelle ».

Malentendante depuis son enfance, celle qui travaille aujourd’hui dans un magasin d’optique à la Chaux-de-Fonds, « heureuse dans son métier et sa place de travail », tire une leçon de son parcours : « J’ai toujours voulu être discrète sur mon handicap, par timidité, par conscience d’être différente. Moins les gens en savent, moins il y a de questions, ou de regards étranges à mon égard ». Et de conclure : « Mais ce que j’ai appris, c’est qu’il faut avoir le courage de demander ce dont on a besoin. Dans certaines situations, j’aurais aimé me sentir mieux comprise. Ainsi, à l’école, j’ai parfois dû insister pour bénéficier de l’aide à laquelle j’avais droit ».

 

Fiona Vullo Nascimento: «L’université n’était pas pour moi »

Lauréate du Prix en 2004, Fiona Vullo est aujourd’hui étudiante hygiéniste-dentaire à Genève, où elle se rend tous les jours pour étudier, depuis sa ville de Lausanne. Cette formation d’hygiéniste, elle l’a choisie après avoir tenté sans succès des études de médecine dentaire. Trop dures pour une malentendante, dans un environnement universitaire très bruyant. « Et puis, raconte-t-elle, je me suis rendue compte que le concept d’études universitaires n’était pas fait pour moi ». Pour elle, cependant l’essentiel était de rester dans le monde… de la dentition. « C’est un monde qui m’a toujours fascinée. Peut-être que parce que lorsque l’on est malentendant, la première chose que l’on voit chez quelqu’un, c’est sa bouche, afin de pouvoir lire sur les lèvres… ». En parallèle de ses études, Fiona travaille, le week-end et les jours fériés, comme assistante dentaire dans une clinique lausannoise. Mais cette hyperactive, qui est récemment rentrée au Conseil de fondation de forom écoute, ne s’arrête pas là. Passionnée de voyages, de danse et de sport, elle a passé un diplôme d’aquagym, il y a un an. Son avenir dans 10 ans ? Diplômée et exerçant dans le monde de l’hygiène dentaire bien sûr, mais aussi pourquoi pas, dans l’humanitaire, ou le milieu artistique. Et bien sûr, maman, pour cette jeune femme qui espère bien avoir rencontré l’âme sœur dans l’intervalle.

 

Prisca Piller: « Tout le monde peut y arriver »

Dix ans après la fin de sa scolarité obligatoire, Prisca Piller est une mère de famille comblée qui vit au Mont et travaille aujourd’hui comme horlogère en complications, après avoir suivi une formation d’horlogère praticienne à l’Ecole technique de la Vallée de Joux, couronnée par un CFC obtenu en 2006.

« Mon handicap auditif est resté plutôt stable, je parle assez bien, et tout s’est bien passé grâce à la lecture labiale et l’aide des interprètes en LSF que j’avais pendant les cours théoriques. Je suis convaincue que tout le monde peut y arriver et atteindre ses objectifs », observe la jeune femme également devenue dans l’intervalle maman d’une petite fille âgée d’un an. « Je suis très heureuse d’en être arrivée là, et je suis contente de ma place de travail. A court terme, mon objectif est donc de profiter de ma petite famille. »

 

Manju Yamuna Grosvernier: «Le soutien des proches est inestimable »

Une montagne de courage, et une immense volonté, pour au final, surmonter le handicap et réussir ! Voilà ce qu’il a fallu à Manju Grosvernier pour venir à bout des obstacles qui ont jalonné son chemin. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour elle, les 10 dernières années ont été plutôt bien remplies. Souffrant à la fois d’un handicap auditif et visuel, la jeune femme vit à Genève, où elle travaille à 100% depuis cinq ans, en tant que secrétaire à l’hôpital cantonal. Dans l’intervalle, un long chemin parsemé d’embûches a été parcouru, non sans efforts. En particulier en termes d’études, puisque Manju a suivi avec succès entre 2007 et 2009, une formation de secrétariat et d’assistanat médical à l’Ecole Bénédict de Neuchâtel, en étroite collaboration avec l’AI.

« Lors de mes études, j’ai souvent eu des reproches parce que je ne répondais pas aux gens quand ces derniers me parlaient. Hélas, je ne les voyais et ne les entendais pas ! Et à ce jour, c’est toujours une angoisse pour moi d’avoir quelqu’un à ma droite et de ne pas le voir ni l’entendre. J’ai essayé de gérer comme j’ai pu ce handicap qui, en tant que secrétaire, n’a pas toujours été facile, surtout quand il faut dactylographier des courriers en écoutant des médecins de langue étrangère. Mais aujourd’hui, je maîtrise bien plus les sujets médicaux et j’ai bien réussi à m’adapter ».

Sans aucun doute, les dix ans écoulés ont profondément changé Manju, tant sur le plan personnel que sur le regard porté sur la vie. « J’ai appris combien il était difficile d’avancer, souvent assez seule face à une société dans laquelle j’étais finalement si différente, observe-t-elle. Le film « La famille Bélier » m’a d’ailleurs profondément touchée. Il met en évidence avec une telle sensibilité ce que des milliers de gens vivent chaque jour face à une société dans laquelle il faut continuellement s’adapter lorsqu’on est différent. Il y a tellement de différences et au lieu d’en faire une richesse, nous sommes dans une société qui les rejette. C’est dommage ! » Et de conclure : « Je souhaiterais enfin faire sortir de l’ombre ceux qui ont eu le courage de partager ce chemin avec moi. Leur dévouement, leur foi en moi, leur soutien et leur amour, m’ont permis de surmonter bien des épreuves au cours des dix dernières années et ils se reconnaitront».

Ses projets pour les années à venir ? Continuer à progresser sur le plan professionnel et fonder une famille.

 

Djenail Ernst: «Je n’entends pas me laisser faire »
Depuis qu’elle a obtenu son Prix aux élèves malentendants il y a dix ans, la Vaudoise Djenail Ernst vit « au jour le jour ». Ce qui ne l’a pas empêchée d’avancer, puisqu’elle a terminé en 2011 son apprentissage de… peintre en bâtiment. Pour la jeune femme, le handicap auditif n’a pas eu beaucoup de retentissement sur son évolution professionnelle : « Ma perte auditive n’est pas très sévère, explique-t-elle. Au point que depuis une quinzaine d’années, je ne porte même plus mes appareils auditifs et j’entends quasiment tout sans souci. Je me contente juste d’avertir mes patrons qu’un problème peut être possible, mais qu’il ne m’empêche en aucun cas de bien faire mon travail. »
Non, les problèmes que Djenail a pu rencontrer dans sa vie professionnelle sont plutôt dus à sa maternité, car elle est dans l’intervalle devenue maman de deux magnifiques enfants, le premier né en octobre 2012, le second en avril dernier. Un immense bonheur personnel, mais teinté d’amertume, car l’accès au monde du travail lui est de facto devenu beaucoup plus difficile.
« En 2012, le chômage m’a obligée à chercher du travail alors même que j’étais enceinte et qu’aucun employeur ne m’aurait jamais embauchée, raconte-t-elle. Ce n’est finalement qu’en 2014 que j’ai été engagée avec un contrat à durée déterminée dans un brico-loisirs de Payerne, contrat qui n’a bien entendu pas été prolongé lorsque je suis tombée enceinte de mon second enfant. »
De fait, l’heureuse maman, qui termine son congé maternité, est aujourd’hui à la recherche d’un travail. « Les patrons recherchent des jeunes avec de l’expérience, mais pour en avoir, il faut bien avoir été engagé, conclut-elle. Cela va être un combat, mais je n’entends pas me laisser faire. J’espère trouver quelque chose dans mon domaine, mais même autre chose, je suis volontiers preneuse !»

 

Delphine Quach: «La déficience auditive n’est pas forcément un handicap »


« Tout le monde est plus ou moins malentendant, et entendre, c’est ouvrir son esprit aux autres »
. C’est avec cette belle phrase que Delphine Quach résume la philosophie de vie qui l’a conduite à suivre des études d’architecture à l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) et à décrocher son diplôme en 2011. « Cette période d’études était une expérience très enrichissante bien qu’épuisante. Mais ce parcours m’a appris l’importance de l’ouverture d’esprit », résume-t-elle avec pudeur. Un parcours qui l’a conduite à tenter ensuite une expérience professionnelle d’une année et demie à… Montréal.
« C’est cette expérience qui m’a permis de réaliser que ma déficience auditive n’est pas forcément un handicap, qu’il suffit de changer de perception et de prendre les choses en main. En effet, là-bas, la surdité n’est pas toujours perçue comme un obstacle ». Et incontestablement, le Prix aux élèves malentendants qu’elle a reçu il y a dix ans l’a encouragée à aller de l’avant, « l’encouragement étant important dans une période où la confiance en soi est parfois fragile ». Aujourd’hui la jeune femme vit en couple à Vevey, une ville qu’elle aime particulièrement et travaille en tant qu’architecte indépendante à Lausanne, gérant, pour l’essentiel, des projets de transformation dans toute la Suisse romande.
« Etant architecte indépendante, je suis en contact direct avec mes clients et les entreprises de construction, explique-t-elle. Aussi, pour maîtriser la pratique de l’architecture dans des conditions plus accessibles, j’ai privilégié de travailler dans des bureaux de petite taille plutôt que dans les bureaux de grande taille. D’où le choix également de travailler pour mon propre compte en collaboration avec des amis architectes ! »
Comme bien des architectes de Suisse romande, Delphine espère aujourd’hui pouvoir trouver une deuxième activité professionnelle à temps partiel afin de « sécuriser sa situation financière », et garantir son travail d’indépendante.

 

Solène Perruchoud: «Fière du chemin parcouru »

Pour Solène Perruchoud, le Prix aux élèves malentendants, qu’elle a obtenu en 2005, a été l’occasion de merveilleuses rencontres, tout en s’impliquant dans la Commission jeunesse de forom écoute, la fondation romande des malentendants. « J’ai pu y trouver ma voie et m’investir afin de faire connaitre notre cause et surtout montrer aux jeunes malentendants qu’ils ne sont pas seuls. J’y ai créé des amitiés très fortes, j’ai vécu des moments très intenses en émotion. Du point de vue des études, ce prix m’a beaucoup encouragée en validant tout le travail fourni et les efforts consentis ».

Après le prix reçu alors qu’elle était en 4ème année de collège, Solène Perruchoud obtient sa maturité au collège-lycée de la Planta, à Sion. Elle enchaîne par des études de psychologie à l’Université de Fribourg où elle décroche un Bachelor. Elle étudie actuellement pour obtenir un master. Si durant sa scolarité obligatoire elle a bénéficié du soutien d’une codeuse LPC, elle a décidé, à l’université, de choisir la voie de l’indépendance et de n’avoir plus recours qu’à un simple micro, « beaucoup plus simple pour prendre des notes ».

« Je suis fière du chemin parcouru, même si cela n’a pas toujours été évident. Il a été semé d’embûches, de défis personnels et de sacrés challenges à affronter. Mais avec le soutien de la famille, des amis et de forom écoute, on peut arriver à atteindre nos objectifs et rêves! »

Hyperactive, la jeune étudiante travaille en été à Vercorin, à la forêt d’aventure, et en hiver en y donnant des cours de ski, une « vraie bouffée d’oxygène ». Après l’obtention de son master à la mi-2016, Solène devrait enfin se lancer dans la vie active, « ouverte à toutes les possibilités », mais avec un véritable penchant pour la psychologie du sport, la psychologie d’urgence et l’univers du développement personnel.

 

Nadine Flotron: «Des efforts supplémentaires pour réussir»

Lauréate du prix aux élèves malentendantes il y a dix ans, Nadine Foltron qui vit à Savagnier (NE), mais s’apprête à déménager à Bienne (BE), a achevé avec succès un bachelor en sciences, en psychologie et un master en criminologie. Son rêve était de devenir inspecteur de police, à la police criminelle ou aux mœurs, mais elle a dû y renoncer en raison de son handicap auditif, qui s’est aggravé dans l’intervalle.
De fait, elle travaille actuellement comme collaboratrice scientifique dans un office d’application des peines et des mesures. « La perte auditive invalide beaucoup, observe-t-elle, notamment en raison de son caractère invisible, et des stigmatisations qui y sont toujours associées. Cela demande un effort supplémentaire pour s’investir et réussir ses études et son entrée dans le monde professionnel ».
Ce qui ne l’empêche pas de réussir à voir le fameux côté plein de la bouteille : « le fait d’être malentendante permet de remettre énormément de choses à leur place, nuance-t-elle ainsi. Lorsque le simple fait d’être ralenti ou handicapé dans les relations sociales est un vécu permanent, il est parfois plus facile de rester pragmatique et de ne pas se préoccuper des tracas sans intérêt. »
En couple avec un conjoint « qui est au courant de son handicap et ne s’en préoccupe pas », Nadine ne manque pas de projets pour les années à venir : acquérir une expérience professionnelle, parfaire son anglais et son allemand, apprendre l’espagnol et pourquoi pas, tenter une expérience de vie à l’étranger. Elle garde également un excellent souvenir du Prix aux élèves malentendants décerné par forom écoute, « une reconnaissance du fait que malgré un handicap – non visible – il était possible de poursuivre des études et de les réussir ».
« Ce prix m’a surtout apportée une reconnaissance dans​ mon handicap, en tant que partie de moi-même, sans que cela ne me définisse entièrement par cet handicap, conclut la jeune femme. Forom écoute, bien que je n’aie jamais participé aux activités proposées, est une excellente initiative et devrait être mise beaucoup plus en valeur. »

 

Aurore Noirjean: «Dix années qui m’ont donné confiance en moi»

Après avoir obtenu le Prix aux élèves malentendants en 2005, Aurore Noirjean poursuit ses études durant deux années dans une formation spécialisée au CPLN, le Centre professionnel du Littoral neuchâtelois. Elle devient alors employée en intendance dans un home pour personnes âgées.

En 2007, son handicap auditif s’est malheureusement aggravé et elle a du se faire implanter. Depuis, elle a fait d’énormes progrès et entend beaucoup mieux. « Les 10 ans qui se sont écoulés m’ont vraiment appris à avoir confiance en moi, observe-t-elle à propos de son parcours. J’ai appris à me sentir comme les autres ! »

Comme les autres ? Tout à fait, puisqu’en plus de sa formation réussie, Aurore qui vit dans le canton du Jura, est également devenue la maman d’un petit garçon de deux ans, entendant.

Aujourd’hui, la jeune femme n’exerce pas d’activité professionnelle, car elle envisage de reprendre des études. Son souhait ? Suivre une formation « Accompagnement des personnes en fin de vie », un domaine d’activité pour lequel elle éprouve un vif intérêt.

 

Dossier réalisé par Charaf Abdessemed