info@ecoute.ch ou Marie-Thé Sangsue, présidente de l’Association romande de formation en lecture labiale: mariethe.sangsue@bluemail.ch Ch.A.   Au cœur du métier, l’humain Devenir enseignant(e) en lecture labiale n’est pas un défi facile car c’est un métier qui exige beaucoup de qualités. En premier lieu bien sûr, un intérêt réel pour le monde de la malaudition, mais aussi une véritable aptitude à l’empathie. « Il faut vraiment être sensible à tout ce qui touche à l’humain, relève Marie-Thé Sangsue. C’est primordial afin d’établir une bonne communication avec les personnes malentendantes. Evidemment, il faut aussi être très patient, mais quand on est passionné par ce que l’on fait, cela ne doit pas poser de problème ». Enfin, il faut faire preuve d’une véritable disponibilité, car la formation se fait en cours d’emploi. Afin de mieux cerner la réalité de ce métier unique, il sera d’ailleurs demandé aux futurs candidats d’accomplir un stage d’observation lors d’un cours hebdomadaire ou intensif.     " />

Lecture labiale: bientôt une nouvelle formation d’enseignantes !

Il n’y en avait plus eu depuis 1997, et la nécessité d’une relève se fait cruellement sentir ! En collaboration avec l’Association Romande des Enseignantes en Lecture Labiale (ARELL), forom écoute lance un nouveau cycle de formation de deux ans et demi. Objectif: former au moins une quinzaine de futurs enseignants.

Pour nombre de malentendants, la réhabilitation des capacités auditives passe par deux piliers majeurs: les appareils auditifs bien sûr, toujours plus efficaces et de plus en plus miniaturisés, mais aussi la lecture labiale. Moins connue et moins médiatisée, celle-ci représente pour eux un complément indispensable de la vie quotidienne et un incontournable outil de communication.

Car même lorsque l’on est appareillé, certaines situations (environnement bruyant, conversation de groupe etc.), rendent la compréhension des mots difficiles, voire même impossible. Déchiffrer ce que l’interlocuteur dit en identifiant les sons prononcés à partir de la forme des lèvres devient dans ces cas-là un outil majeur pour améliorer ses capacités de communication.

Relève impérative

Depuis de nombreuses années, forom écoute a fait de l’enseignement de la lecture labiale un des grands axes de son engagement en faveur des malentendants, une démarche soutenue financièrement par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS). Seulement voilà: la demande est toujours là, et le nombre d’enseignantes capables de former les malentendants décroît sans cesse. « A la fin de dernière formation d’enseignantes en 1999, nous étions au total 18, se souvient Marie-Thé Sangsue, présidente de l’ARELL, l’Association Romande des Enseignantes en Lecture Labiale. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 7, et si on considère que 3 d’entre nous vont bientôt arriver à l’âge de la retraite, et que d’autres exercent en parallèle une activité professionnelle complémentaire, on mesure l’urgence qu’il y a à préparer la relève ».

« C’est clair, il est indispensable de faire quelque chose pour assurer la relève, renchérit Michèle Bruttin, présidente de forom écoute. Nous savons à quel point la lecture labiale est essentielle pour les malentendants et nous sommes très conscients de l’urgence de la situation ».

Une urgence d’autant plus impérieuse, que former un enseignant demande deux ans et demi de travail en cours d’emploi. Résultat: forom écoute, en collaboration avec l’ARELL a décidé de lancer un nouveau cycle de formation, qui devrait démarrer à la fin de l’année ou au tout début de l’année prochaine. Un petit événement dans le monde de la malaudition, lorsque l’on considère qu’il n’y a aucun autre enseignement de ce type en Suisse romande, et que la dernière volée de nouveaux professeurs est sortie en… 1999, il y a donc près de 15 ans !

350 heures d’enseignement

Petit bémol cependant: mettre en route un tel projet implique un grand effort. L’année dernière déjà, l’ARELL a engagé une première réflexion sur ce que devrait être le contenu de la future formation. « Sur la base des documents établis lors de l’expérience du précédent cycle d’enseignement, nous avons travaillé durant le printemps dernier sur le canevas et le contenu de la future formation, explique Marie-Thé Sangsue. Anatomie, physiologie, psychologie, rééducation auditive, communication, déontologie figureront ainsi au programme de la formation, qui exigera au total plus de 350 heures d’enseignement. »

L’autre volet préparatoire est financier. Car monter un tel projet coûte cher, très cher même, puisque le montant de la formation complète s’élèvera à 6000 francs par étudiant, financés pour moitié par le ou la future enseignante, et pour l’autre moitié par forom écoute. « Nous n’avons malheureusement pas de fonds spécifique dédié à cette future formation, observe Michèle Bruttin. Nous devons donc chercher un financement nous-mêmes, et si l’on considère que l’on formera au moins 15 personnes, on imagine le montant des fonds à trouver ».

Bonne nouvelle cependant, une partie de l’argent nécessaire semble être d’ores et déjà trouvée, une fondation ayant promis un financement d’une soixantaine de milliers de francs. « Tout cela demande un intense et lourd travail de recherche, de lobbying, de négociations et de préparation de dossiers, ajoute Michèle Bruttin. D’autant qu’en plus du souci financier, il y a la grande problématique du suivi du projet par les membres bénévoles du Conseil de direction qui exercent en parallèle une activité professionnelle et du personnel de forom écoute. Mais j’ai bon espoir que tout soit finalisé pour la fin de l’année ! »
Si vous souhaitez obtenir plus d’informations sur cette future formation, vous pouvez contacter forom écoute par courriel à l’adresse info@ecoute.ch ou Marie-Thé Sangsue, présidente de l’Association romande de formation en lecture labiale: mariethe.sangsue@bluemail.ch

Ch.A.

 

Au cœur du métier, l’humain

Devenir enseignant(e) en lecture labiale n’est pas un défi facile car c’est un métier qui exige beaucoup de qualités. En premier lieu bien sûr, un intérêt réel pour le monde de la malaudition, mais aussi une véritable aptitude à l’empathie. « Il faut vraiment être sensible à tout ce qui touche à l’humain, relève Marie-Thé Sangsue. C’est primordial afin d’établir une bonne communication avec les personnes malentendantes. Evidemment, il faut aussi être très patient, mais quand on est passionné par ce que l’on fait, cela ne doit pas poser de problème ». Enfin, il faut faire preuve d’une véritable disponibilité, car la formation se fait en cours d’emploi. Afin de mieux cerner la réalité de ce métier unique, il sera d’ailleurs demandé aux futurs candidats d’accomplir un stage d’observation lors d’un cours hebdomadaire ou intensif.