L’île Maurice, au-delà des clichés

En novembre dernier, Simone Jeannet, malentendante et présidente de l’Amicale de la Côte, s’envole à destination de l’île Maurice, accompagnée de trois amis. Loin de l’inévitable circuit touristique, le voyage est l’occasion d’une véritable immersion au sein des coutumes et traditions locales. Sans compter bien sûr, la découverte d’une nature somptueuse et les plaisirs de la mer, avec l’indomptable Océan  Indien.

Certains voyages ont pour point de départ des hasards heureux. A l’AMALCO, l’Association des malentendants de la Côte, on forme un peu une petite famille, et tout le monde se connaît bien. Julia, l’une de ses membres de longue date, est une habituée de l’île Maurice. Et pour cause : son gendre est Mauricien, et c’est même le mari de Julia qui, il y a bien longtemps, a dessiné les plans de la petite propriété que celui-ci possède dans la région de Grand Bay, la très réputée station balnéaire au nord de l’île. « Giulia m’a souvent parlé de l’île Maurice, mes deux filles y avaient déjà été », raconte Simone Jeannet, malentendante et présidente de l’AMALCO. « Alors, je lui ai proposé de l’accompagner si elle devait y retourner ».

Résultat : quelques mois plus tard – nous sommes en novembre 2013 -, la voici qui s’envole pour l’île Maurice, en compagnie de Julia et son mari, ainsi que de sa vieille amie Michelle, qui l’accompagne lors de la plupart de ses voyages. Très agréable, le vol, long de près de 12 heures, est entrecoupé d’une escale bienvenue à Dubaï.

Etonnamment, le premier contact avec l’île n’est pas très favorable : « au départ, j’étais un peu déçue », se souvient Simone. « Le trajet en autoroute de l’aéroport jusqu’au nord de l’île ne montrait pas grand-chose. »

Belles surprises

Mais une fois installée dans la petite propriété de leurs hôtes, sonne l’heure des belles surprises. Loin des circuits touristiques et des gigantesques hôtels auxquels sont habitués les touristes, la découverte de l’île en habitant chez des autochtones et en compagnie d’habitués revêt une toute autre saveur. D’abord parce qu’elle a permis à Simone de partager de près la vie quotidienne des Mauriciens. « Nous avons été intégrés dans la vie familiale du beau-fils », raconte Simone. « Nous avons vécu comme eux, mangé comme eux et participé à leurs fêtes, comme la célèbre Fête de la Lumière. C’était une famille hindouiste très religieuse, dont la vie est ponctuée de beaucoup de prières et de rites, et on a même eu la chance d’assister à une éclipse partielle de lune, avant laquelle les femmes se doivent de jeûner pour respecter la coutume ».

Au-delà de la découverte des us et coutumes locales, très enrichissante sur le plan humain, la nature sur l’île est somptueuse, en particulier le magnifique Océan  Indien, propice à de douces baignades et encore très chaud pour la saison. Evidemment, pour Simone, volontiers hyperactive, le temps du repos ne saurait s’éterniser. La voilà donc qui loue une voiture pour s’élancer à la découverte de l’île.

Nombreux sites

« C’était assez stressant car c’était la première fois que je roulais à gauche, d’autant qu’il y avait pas mal de précipices, et que les routes là-bas sont parfois vraiment très étroites ». Heureusement, avec une nonchalance qui n’est pas feinte, les conducteurs là-bas se montrent d’une politesse exquise, à mille lieues du stress routier qui prévaut sous nos latitudes. « Ils ne klaxonnent jamais et sont très fair-play », se souvient notre conductrice-aventurière. « Une fois, je me suis retrouvée nez à nez avec un minibus, et le chauffeur n’arrêtait pas de rigoler. Les Mauriciens sont vraiment toujours agréables ».

Les Terres des Sept Couleurs

Longue de 65 kilomètres et large d’à peine 45 kilomètres, l’île Maurice est de dimensions modestes, ce qui permet de rejoindre rapidement les sites d’intérêts. Et ceux-ci ne manquent pas : il y a les magnifiques nénuphars du Jardin de Pamplemousse, mais aussi l’incroyable région de Chamarel qui présente l’une des principales curiosités naturelles de l’île Maurice. Au cœur d’une dense clairière, la terre y est colorée de sept teintes oscillant entre l’ocre, le marron, le rouge et le violacé. Il y a aussi au bord de la mer, dans le sud de l’île, le célèbre Souffleur, une cavité naturelle creusée dans la roche par les vagues et dans laquelle s’engouffre l’écume de l’eau, lorsque l’océan est vigoureux.

Lac sacré

Et puis il y a enfin, au cœur de l’île, le célèbre Lac sacré, lieu de pèlerinage qui est aux Mauriciens de confession hindouiste ce que le Gange est aux Indiens. « Chaque année au mois de février, les pèlerins y affluent par milliers en provenance des quatre coins de l’île. On y trouve de nombreuses statues sacrées, dont la plus célèbre celle de la déesse Shiva », raconte Simone. « Nous avons pu y observer les rituels et c’était vraiment une expérience intéressante ».

Seule déception du séjour : la visite aux dauphins, un des grands souhaits de Simone, soldé par une petite frustration. « Les dauphins étaient en bancs, nombreux autour de nous à virevolter et plonger, c’était superbe », s’extasie-t-elle. « Le seul problème, c’est que tout le business que l’on fait autour d’eux attire un trop grand nombre de touristes et cela gâche un peu cet instant magique ! »

Et de promettre : « lorsque je retournerai à Maurice, et j’ai bien l’intention de le faire pour assister à la Fête de la mer, j’irai encore à la rencontre des dauphins. Mais cette fois, pour pouvoir apprécier ce magnifique spectacle à sa juste valeur, je m’attacherai les services d’un pêcheur privé ! »

ChA