Mémorable road-trip à Cuba

En juin dernier, Thomas Magnin et Bastien Perruchoud, deux jeunes malentendants valaisans, s’envolent pour la Havane, pour un séjour de deux semaines. L’occasion de découvrir un pays un peu hors du temps, mais rendu attachant par la chaleur et la gentillesse de ses habitants.

C’est par l’intermédiaire de forom écoute qu’ils se sont connus. Thomas Magnin et Bastien Perruchoud, pourtant tous deux Valaisans, se sont en effet rencontrés au cours de l’une de ces après-midi « karting », organisées chaque année par forom écoute. Les deux jeunes hommes sympathisent et deviennent amis. Au point de voyager ensemble à l’autre bout du monde.
Au départ, ils devaient être 4. Thomas, Bastien et un couple d’amis, Céline et Michaël. C’est d’ailleurs de Céline qu’est venue l’idée d’aller découvrir Cuba, une idée qui a très vite séduit les autres membres du groupe. Seulement voilà : à un mois du voyage, Céline se casse le pied et doit donc, avec con compagnon, renoncer au voyage. Mais qu’à cela ne tienne, Bastien et Thomas voyageront à deux, et s’envolent le 25 juin dernier, par un vol Air France via Paris, pour la Havane. Le séjour a été planifié à l’avance grâce au concours d’une agence de voyages. « C’était beaucoup plus simple, explique Bastien, pourtant déjà rompu aux grands voyages. Ils ont des traducteurs qui parlent le français, et s’il y a un problème, on peut toujours les appeler. En plus, ça ne coûte pas plus cher qu’un voyage improvisé, alors il n’y avait aucune raison de s’en priver ».

Et le séjour est parfaitement planifié. Quelques jours d’un circuit en voiture autour de l’île, puis les derniers jours dans un grand hôtel de la place, en all-inclusive. Les premiers jours du voyage en revanche, nos deux amis seront hébergés « chez l’habitant », dans chacune des villes qu’ils visiteront.

Et le périple commence bien sûr à la Havane, une ville immense, mais passionnante à découvrir. Le premier contact avec l’île des Caraïbes est très positif. Les Cubains sont chaleureux et serviables, toujours prêts à venir en aide, et le pays est très beau, malgré la chaleur accablante. Le climat y est tropical, chaud et très humide, ponctué par de nombreux orages quotidiens. « Les orages étaient très impressionnants, raconte Thomas. Il pleuvait toutes les fins d’après-midi, de véritables ouragans ! ».

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Système D

Visiter Cuba, qui plus est en voiture de location, c’est découvrir le quotidien de ce pays qui vit en régime communiste depuis plus de soixante ans et qui commence à peine à s’ouvrir. « C’est frappant, constate Thomas, il y a vraiment beaucoup de pauvreté. Peu de voitures, des antiquités qui datent d’il y a très longtemps pour la plupart, des routes en très mauvais état, des maisons décrépies, des calèches sur l’autoroute, des gens qui, dans leur temps libre, font le taxi pour gagner un peu d’argent, etc. »

Pour nos deux amis, le séjour a ainsi été l’occasion d’expérimenter les délices de la bureaucratie cubaine et les joies du système D. Le GPS n’y fonctionne en général pas et nos deux amis ont souvent dû avoir recours aux bonnes vieilles cartes à l’ancienne, quand il n’était pas plus simple, une fois perdus – et cela s’est produit à plusieurs reprises-, de demander son chemin à des habitants. Les stations-service n’y sont pas toujours approvisionnées, et un pneu crevé se solde par une rustine déposée à prix d’or par un réparateur dont tout le travail se fait manuellement. Et ce n’est pas tout : une petite éraflure sur la voiture de location implique d’appeler la police pour établir le constat. Un « oubli » qui a occasionné à nos amis un paiement cash à l’agence de location, heureusement remboursé à leur retour en Suisse par l’organisateur du voyage.

Parfois aussi, les bancomats ne fonctionnent pas, et il faut se rendre au guichet de la banque, où bien entendu, une foule interminable fait la queue. Internet y est rare, même si la connexion quand elle est disponible, y est de bonne qualité. Tout comme parfois, l’électricité peut y être coupée à la suite d’un orage un peu trop violent…

Les Cubains en revanche sont très sympathiques, et leur nourriture particulièrement savoureuse, surtout pour Bastien, qui raffole de fruits exotiques. Thomas parle un peu l’espagnol, Bastien l’anglais, et il leur est arrivé à plusieurs reprises de rencontrer des Cubains qui parlaient le français. Des Cubains accueillants qui souvent les conduisent, les guident et même les invitent à boire un verre.

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Sublimes parcs nationaux

Dès leur arrivée à la Havane, nos deux amis visitent les hauts-lieux de la capitale cubaine, avant de prendre, le lendemain, possession de leur voiture de location. Une voiture chinoise et très récente, d’autant plus agréable à conduire que les embouteillages sont inexistants à Cuba. « Pas de radars non plus, rigole Bastien. J’ai pu faire quelques excès de vitesse sans prendre trop de risques… ». La voiture, c’est une immense liberté. Celle de se rendre à son rythme d’un point à un autre du pays et de découvrir les parcs nationaux, véritable richesse naturelle de cette île à la végétation luxuriante.

C’est d’abord le parc naturel de la Güira, dans la province de Pinar del Rio, qui s’étend sur plus de 22000 hectares de forêts, ruisseaux, lacs, jardins. Puis ensuite le parc national El Nicho, au sein du massif de l’Escambray, non loin de la ville de Cienfuegos, et enfin le parc national de Vinales. Avec à chaque fois, un programme similaire : balade à dos de cheval, baignade, découverte de la végétation et de magnifiques chutes d’eau, dégustation de rhum et de café, visite de fabriques de cigares etc.

Le périple en voiture est aussi pour Bastien et Thomas l’occasion de visiter des cités très différentes les unes des autres : Vinales et Cienfuegos, donc, mais aussi, Trinidad avec ses rues vétustes pavées de vieilles pierres, Varadero où nos deux amis rejoignent, épuisés mais très contents, leur hôtel « all inclusive ». « On était crevés par le circuit en voiture, racontent Thomas et Bastien. Alors pendant six jours, on n’a strictement rien fait. On s’est reposés, on a fait du ping-pong, du catamaran, du kayak, et passé nos dernières journées à siroter des cocktails au bord de la plage ».

Le 7 juillet au soir, les deux amis Valaisans reprennent enfin l’avion pour la Suisse, toujours via Paris, les yeux plein de souvenirs. Tous deux ont beaucoup aimé le séjour, le premier qu’ils effectuent ensemble, et en toute bonne entente. Bastien se promet de revenir un jour à Cuba. Thomas en revanche, qui a adoré Vinales mais a trouvé la route cubaine trop stressante pour y conduire sereinement, n’est pas sûr d’y retourner. « Ce qui est certain, conclut Bastien avec un grand sourire, c’est qu’un jour nous ferons à quatre le voyage prévu avec nos amis Céline et Michaël et que nous n’avons malheureusement pas pu réaliser cette fois-ci ».

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ChA