Myriane Friedel: «développer des stratégies!»

Elle a 16 ans et déjà un caractère bien affirmé, avec un tempérament de battante. Myriane Friedel est aujourd’hui en première année de gymnase à Préverenges (VD). Malgré des soucis de santé et d’audition, cette jeune fille franche et déterminée, solidement soutenue par sa famille, a fait de l’adaptation son maître mot.

En juin dernier, vous avez reçu le Prix aux élèves malentendants décerné par forom écoute…

Cela m’a beaucoup touchée que l’on se rende compte du travail et de la concentration que demandent les études pour une personne malentendante ! Ce prix est vraiment une bonne idée ! Il est la reconnaissance du fait que l’on s’est battu et que ça valait le coup.

Comment êtes-vous devenue malentendante ?

En fait, c’est dû à une autre maladie dont je souffre et qui a eu un retentissement sur mes tympans. Mes problèmes d’audition se sont déclarés quand je devais avoir 7-8 ans et depuis, j’ai dû subir quatre interventions chirurgicales. Aujourd’hui, je n’entends pas du tout d’une oreille et à 60% de l’autre !

Visiblement, vous ne portez pas d’appareil auditif…

Non. D’une part je n’en ai pas envie, d’autre part cela pourrait poser des problèmes à mes oreilles. Comme je communique très bien comme ça, mon ORL a dit: « OK, mais on en rediscute en cas de besoin ! »

Comment communiquez-vous dans ce cas ?

Très facilement en réalité, car je me suis adaptée (sourire). J’ai développé des stratégies pour me placer du côté où j’entends, que ce soit dans la vie quotidienne ou en classe !

A ce propos, comment s’est déroulée votre scolarité ?

Tout à fait normalement ! Sauf bien sûr, pendant les périodes où j’ai été opérée des oreilles. Et là, ça a vraiment été très difficile, car non seulement j’ai loupé pas mal de cours, mais en plus, j’entendais beaucoup moins bien, voire même parfois presque plus !!! Heureusement, j’ai été suivie et aidée pour rattraper le retard. Et la lecture labiale m’a beaucoup apporté ! Enfin, en ce qui concerne les camarades, quand on est un peu différent, il faut toujours se battre un peu pour faire sa place ! Après tout va bien…

Et votre famille ?

A cause des problèmes d’audition, on a parfois connu des périodes un peu drôles, où on ne s’entendait pas, au sens propre (rires). Plus sérieusement, ma maman m’a énormément soutenue, elle a toujours été là pour me réconforter, et me pousser à devenir encore plus autonome… Et puis, j’ai un grand frère plutôt protecteur !

Vous semblez en effet être une battante, plutôt indépendante…

En fait, l’expérience de la maladie forge et rend plus mûr, plus fort. Du coup, je suis plutôt quelqu’un de franc, qui aime l’authenticité. En revanche, ce que je n’aime pas, c’est la discrimination, ou alors qu’on se plaigne pour de petits bobos (rires) !

Où en êtes-vous aujourd’hui dans vos études ?

Depuis la rentrée, je suis au gymnase et tout se passe bien. Mes profs ne sont même pas au courant de mes problèmes d’audition, car je me place d’emblée au bon endroit dans la classe et tout se déroule normalement, avec de bons résultats.

Et quels sont vos projets pour la suite ?

Terminer le gymnase ! Je suis en voie commerciale, et ce que je veux pour plus tard, c’est travailler en agence de voyages. J’ai pas mal voyagé en Europe, et même en Thaïlande et, d’une manière générale, j’adore le monde du voyage. Au plus tôt en septembre 2017, je chercherai du travail dans ce domaine.

Et quels sont vos hobbies ?

Je suis assez solitaire, même si j’ai des amis. Je fais pas mal de gymnastique, je lis beaucoup de mangas, j’écoute de la musique, je regarde des films. Comme tous les jeunes, en somme !

Propos recueillis par Charaf Abdessemed

Légende photo: Faire de l’adversité un atout. CA