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Publié le: 21 janvier 2019

Parcours sans faute

Parcours sans faute

Un parcours exemplaire pour Robin Masur, universitaire diplômé, actif dans le monde professionnel et écrivain public, malgré son handicap auditif.

Scolarité, études, apprentissage sont des passages obligés pour pouvoir voler de ses propres ailes. Si la malentendance ou la surdité peut freiner l’élan pour se lancer, le cadre familial et les aides externes jouent un rôle clé pour donner l’impulsion. Preuve en est avec le vaudois Robin Masur.

Robin est né sourd profond des deux oreilles, son handicap est dépisté vers l’âge de deux ans. Très entouré par des parents aimants, il communique avec eux en langue parlée complétée, LPC, dès sa tendre enfance. Les nombreuses séances de logopédie l’ont énormément aidé à mieux s’exprimer. C’est dans ce cadre qu’il lie des contacts avec d’autres jeunes dans le même cas.

A contrario, l’école publique est une étape en solitaire, la période de préadolescence est très dure, A l’âge de 12 ans, une codeuse-interprète vient en renfort. « Ce fut une véritable révélation ; d’un coup, je pouvais comprendre les profs et je pouvais bien mieux suivre les cours, spécialement en français et allemand et rire des blagues de mes camarades de classe ».

Robin prend alors son envol, jusqu’à obtenir sa « matu » en économie à la fin du gymnase. Il hésite entre deux voies : étudier la théologie ou entamer une formation de bibliothécaire. Finalement, ce sera les deux ! Les études de théologie aboutiront à l’obtention du Master en 2004, puis il enchaîne avec un Bachelor en information documentaire auprès de la Haute école de gestion (HEG) à Genève entre 2006 et 2009.

Le jeune homme est alors engagé auprès du Centre pour l’information et la documentation chrétiennes (CIDOC) à Lausanne il y a 9 ans. « Je suis comblé de pouvoir associer mes deux sujets favoris. Etant responsable de la bibliothèque, je m’occupe de la gestion documentaire et administrative de la bibliothèque, ainsi que du personnel (4 collaborateurs), etc, dans un domaine qui m’est cher ».

Aujourd’hui âgé de 38 ans, Robin est papa depuis quelques mois. « Mon épouse et mon fils sont également sourds et nous interagissons en langue des signes et en langue parlée complétée, LPC, avec le petit, qui manifeste déjà beaucoup d’intérêt ».

Deuxième profession : écrivain public

En 2004, la Fédération Suisse des Sourds, SGB-FSS, lance un appel d’offres en Suisse romande pour développer des permanences d’écrivains publics. « Il y a une forte demande ; les personnes sourdes éprouvent beaucoup de difficulté à répondre par écrit à tous types de courrier. Leur crainte principale est que le contenu soit mal interprété par les destinataires. Etant très à l’écoute pour chaque besoin individuel, je peux transmettre les demandes ou les informations de manière précise avec un regard extérieur et neutre ».

Que ce soit d’ordre professionnel ou privé, l’écrivain public gère la permanence de Lausanne tous les mercredis entre 16h30 et 20h pour traduire ou reformuler des textes et de la correspondance vers le français écrit, ou à l’inverse, pour traduire des textes en langue des signes française, LSF. Les séances se déroulent sur inscription ou spontanément.

Lettres officielles, rédaction de courriels, rédaction du contenu de bulles de bandes dessinées, réponses à des demandes d’information, offres d’emploi, corrections et mises à jour de CV passent par la plume de Robin. « Les demandes ne sont pas toujours très claires, il est important d’interpréter correctement les besoins et de respecter la volonté des clients, afin de servir au mieux leurs intérêts. Ils n’ont parfois pas suffisamment conscience des codes sociaux et conventions à respecter dans notre société. D’autre part, les destinataires doivent pouvoir comprendre le contenu du courrier rapidement ».

Cependant, l’écrivain public ne peut pas tout faire et doit parfois reconnaître ses limites dans certains domaines. Ainsi, la lecture d’une décision d’un tribunal n’est pas du ressort de Robin, qui va, dans ce cas précis, conseiller les clients de la de prendre contact avec avocat.

« Je reçois aussi de nombreuses demandes pour la correspondance privée. Les personnes sont soucieuses d’envoyer une lettre ou une carte de vœux sans faute d’orthographe ».

Les permanences d’écrivain public à Lausanne et Fribourg, initiées par la SGB-FSS, sont destinées avant tout aux personnes malentendantes ou sourdes s’exprimant en LSF. Et Robin de conclure avec ce message : « avec la permanence d’écrivain public, les démarches administratives des sourds sont grandement facilitées. De fait, même si c’est plus facile à dire qu’à faire, n’hésitez pas à venir à la permanence demander de l’aide ! »

 

Permanences d’écrivain public pour les sourds et malentendants

Lausanne : tous les mercredis entre 16h30 et 20h

Inscriptions : Robin Masur, rmasur@hispeed.com

Fribourg : sur demande

Inscriptions : Christine Sanders Bronchi, bronsand@bluewin.ch