Road trip dans l’hiver canadien

Membre du Conseil de fondation de forom écoute, Marco Ecclesia a passé en janvier dernier, une quinzaine de jours au Québec. Un périple de plusieurs milliers de kilomètres à la découverte de l’immensité canadienne, mais aussi une occasion unique de nouer des contacts privilégiés avec les malentendants québécois.

« J’ai réalisé un rêve d’enfant, j’ai emmagasiné des souvenirs que personne ne pourra m’enlever, j’ai vécu à cent à l’heure, et j’ai goûté chaque instant de ma présence en terre québécoise. Les Québécois sont d’ailleurs des gens très accueillants, ils savent mettre à l’aise, sont très portés sur l’humour et s’accommodent de plaisirs simples ! » Malentendant et membre du Conseil de fondation de forom écoute, Marco Ecclesia, de retour de Montréal le 27 janvier dernier, ne modère pas son enthousiasme: les deux semaines qu’il vient de passer au Canada resteront sans nul doute comme un de ses plus beaux souvenirs.

L’idée d’un tel voyage est née suite à une discussion lors d’une soirée festive avec des cousins, eux-mêmes de retour d’un voyage en Amérique du Nord. Ni une ni deux, le projet d’un second périple, cette fois en compagnie de Marco, a très vite germé dans les esprits, puis s’est concrétisé en quelques mois. Cap donc, dès le 15 janvier 2012 sur Montréal, avec un objectif affiché: profiter des plaisirs de plein air offerts par le rigoureux hiver canadien. Résultat: dès l’arrivée, le petit groupe d’amis entame son séjour par un premier parcours en motoneige, suivi d’une formation et d’une sortie en… chiens de traîneaux. Avant d’enchaîner, deux jours plus tard, par de mémorables séances de descentes en bouées sur d’immenses toboggans de neige.

Match de NBA

Autre grand moment de ce séjour: la ville de Toronto, avec la visite de la célèbre CN Tower, si haute que le panorama permettait d’entrevoir Rochester dans l’Etat de New-York. Mais pour Marco, grand accro de sport, la métropole canadienne a surtout été l’occasion de réaliser un important projet: assister enfin à un match de basket américain (NBA), aux premières loges. « Un match de NBA assis au premier rang, cela représentait un vieux rêve d’enfant, s’exclame Marco Ecclesia. C’était magique de voir l’extraordinaire détente des joueurs, de vivre l’ambiance du stade. Ce rêve est désormais réalisé, et je suis très heureux de l’avoir vécu !»

Sport, mais encore et toujours activités de plein air, car en dehors du vol Montréal-Toronto, la petite équipe d’amis s’est offert un véritable road-trip de 3000 kilomètres à travers l’immensité canadienne, traversant en voiture une multitude de villes et villages: Saint Michel des Saints, Sainte-Adèle, Saint-Antoine de Tilly, Québec, Mont-Tremblant, Valcartier, Sainte-Anne de la Pérade, etc. « La plupart du temps, nous avons dormi dans des gîtes où franchement, l’accueil était phénoménal, raconte Marco Ecclesia. En plus, le cadre était vraiment merveilleux. Imaginez un peu: dans le gîte de Mont-Tremblant, nous avons déjeuné avec une vue sur des chevreuils qui venaient manger à 20 mètres de nous. Un vrai Walt Disney grandeur nature ! »

Bon enfant

Et puis, le Québec n’aurait pas été le Québec sans la légendaire chaleur de ses habitants: « Je je n’ai été là-bas qu’en tant que touriste, mais les Québécois me semblent très ouverts: à l’Office du tourisme par exemple, on vous fait passer derrière le comptoir, et on cherche activement avec vous la meilleure solution… Ils ne se contentent pas de vous renseigner et souhaitent vous voir repartir avec le sourire… En Suisse, c’est très professionnel, mais pas aussi accueillant que ça ».

Un accueil qui se traduit également par une attention particulière, spontanément réservée aux malentendants: « ce qui en réalité est le plus difficile, c’est plutôt l’accent très différent entre l’ancienne génération des 60 ans et plus, qui roule les « r », et les plus jeunes qui ne le font plus… sourit encore Marco. Mais on s’y fait, car les Québecois sont très patients et font tout pour que vous compreniez. Je n’ai pas connu de véritable barrière linguistique, et dès que je tardais à comprendre, je signalais que j’étais malentendant. Et là, ils font tout: ils gesticulent, montrent des objets, articulent beaucoup… c’est très bon enfant ! »

Malentendants du Québec

Curieux et très engagé, notre jeune globe-trotter des neiges n’a en outre pas raté l’occasion de tisser des liens avec l’Association des devenus sourds et des malentendants du Québec (ADSMQ), dont il a même interviewé le président, Michel Nadeau (lire l’interview en page 20). Car pour Marco, membre du Conseil de fondation de forom écoute, la démarche allait de soi: « c’est un contact précieux et très prometteur pour forom écoute, s’enthousiasme-t-il. Une amitié suisso-québécoise est en train de naître, ils vont d’ailleurs régulièrement nous envoyer leur magazine Sourdine qui est l’équivalent de notre aux écoutes, et nous leur enverrons également nos numéros ! »

Rentré du Québec des images plein les yeux et des contacts prometteurs plein la besace, Marco entame désormais l’année 2012 avec une énergie renouvelée, afin de relever les ambitieux défis qui l’attendent: terminer ses études avec succès, et surtout lancer sa propre société pour offrir ses services de « Consultant en marketing de minorités ». « Je voulais vraiment recharger mes batteries avec ce voyage, conclut-il avec satisfaction. Mais une chose est sûre: j’entends retourner là-bas, car chaque jour, je n’avais de cesse de penser à ma famille, et je veux que mes petites filles puissent elles aussi découvrir la magie des chevreuils au petit déjeuner ! »

ChA