Sport en salle et décibels ne font pas bon ménage

Les nuisances phoniques dues au débit de décibels dans les salles de sport sont inquiétantes pour la santé auditive.

Le site hear-it.org publiait un article sur les nuisances et dangers des niveaux de décibels dans les centres de fitness le 26 juillet 2016. Les sources (www.pix11.com,www.healthyhearing.com et www.washingtonpost.com) évoquaient les résultats de recherches antérieures de l’Université George Mason en Virginie aux Etats-Unis, démontrant que les niveaux de bruit dans un certain nombre de centres de fitness durant les heures de spinning, atteignent souvent les 100-110 dB, soit 30-40 dB plus élevé que les niveaux maximums recommandés.

Selon les protagonistes, une exposition n’entraînerait pas de déficience auditive chez un participant ou un instructeur, mais de manière prolongée et constante, une exposition à des niveaux de décibels supérieurs à 90 dB, pourrait entraîner une déficience auditive permanente, en raison des dommages causés aux cellules ciliées dans l’oreille interne.

Où en est-on aujourd’hui ?

Le 1er août de cette année, hear-it.org mettait à nouveau en garde les assidus de sport en salle. Selon la source : www.bostonmagazine.com et www.ncbi.nlm.nih.gov, une étude effectuée à Boston aux Etats-Unis, sur la musique forte durant les cours de spinning, a trouvé des résultats inquiétants.

Le niveau de bruit moyen dans les classes de spinning était en moyenne neuf fois supérieur à la dose d’exposition au bruit, recommandée pour une journée de travail complète de huit heures.

Les participants ont été exposés à un niveau de bruit supérieur à 100 dB durant plus de 30 minutes du temps total. La durée des cours de spinning s’élevait à environ 45 minutes, ce qui signifie que les participants ont été exposés à plus de 100dB les deux tiers du temps total.

Le niveau de bruit mesuré dépasse de loin les recommandations générales. L’Institut national pour la sécurité et la santé au travail, NIOSH, recommande une exposition journalière à 100 dB de 15 minutes maximum, a contrario les instructeurs et les participants à répétition, sont en danger.

Une transgression de la recommandation peut avoir des conséquences graves pour la capacité auditive et créer des lésions telles que la déficience auditive.

Les résultats de l’étude sont basés sur 17 classes de spinning à Boston, où le niveau de bruit a été mesuré avec une application smartphone, appelée SoundMeter Pro. Les appareils ont été placés dans les porte-bouteilles des vélos des participants.

Des études similaires ont montré que ce problème est également présent dans les classes de Bodypump et Zumba.

Ce phénomène de débordement serait donc à prendre au sérieux les propriétaires de salles de sport et par les autorités compétentes.

Et en Suisse ?

Dans notre pays, l’ordonnance son at laser (OSLa) stipule que les organisateurs de manifestations doivent veiller à protéger le public des risques générés par les sons produits ou amplifiés pas électroacoustique. Elle fixe des valeurs limites et des conditions visant à protéger le public contre les nuisances sonores et les rayons laser émis dans le cadre de manifestations.

La valeur limite générale pour le niveau sonore est de 93 dB(A) (l’intensité moyenne décibels par intervalle de 60 minutes). Le niveau sonore peut dépasser 93 dB(A), mais ce type de manifestations doit toutefois être annoncé et satisfaire à des exigences particulières. « Le niveau sonore mesuré à n’importe quel moment de la manifestation ne doit jamais dépasser 100 dB(A) et le niveau sonore instantané ne doit jamais dépasser 125 dB(A) », précise le porte-parole de l’OFSP, Daniel Dauwalder.