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Sur nos monts… en VTT

Malentendant depuis sa naissance et appareillé, Yves Schaller est un quadragénaire heureux. Cet employé jurassien qui travaille dans l’horlogerie, consacre l’essentiel de ses loisirs au vélo tout terrain. Depuis 5 ans, ce sportif accompli est membre du VTT Club Jura et crapahute sur les sentiers escarpés de Suisse et de France. En dépit de son handicap auditif, il n’a d’ailleurs pas hésité à s’attaquer au célèbre Grand Raid du Valais.

C’est une passion venue de loin, mais qui ne s’est révélée que sur le tard. Enfant, Yves Schaller, aujourd’hui quadragénaire, aimait beaucoup partir marcher en famille dans de longues randonnées passées à découvrir de magnifiques paysages. En Valais, dans les Grisons, un peu partout en Suisse. D’où peut-être, ce goût de l’effort, de la nature et des découvertes qui le caractérise aujourd’hui.

Depuis cinq ans pourtant, ce n’est pas à la marche que cet employé dans l’horlogerie consacre le plus clair de ses loisirs et de ses vacances. Mais bel et bien au vélo, ou plus exactement, le VTT, le vélo tout terrain. Un sport exigeant, difficile mais si enrichissant qu’il l’a poussé à devenir membre du VTT Club Jura, canton où il habite depuis sa naissance.

Rencontres

« Je connaissais une ou deux personnes dans ce club, se souvient-il. C’est ce qui m’a poussé à m’y inscrire dès que j’ai fini mes études, car auparavant, je n’avais vraiment pas le temps. » Etonnamment, ce n’est pas le vélo proprement dit qui a poussé ce sportif accompli à adhérer au club, mais bel est bien le besoin de… rencontres. « J’appartiens en effet à de nombreuses associations, explique ce membre du comité de l’Association des malentendants du Jura et environs (AMJE, ndlr). C’est important car cela permet de faire des rencontres, de nouer des contacts et de rompre la solitude. Mais il est vrai que cela prend beaucoup de temps, et parfois je songe un peu à lever le pied ! »

Un besoin de contact qui s’est peu à peu mué en une véritable passion pour le vélo. Presque chaque semaine, le mercredi et surtout le samedi, Yves Schaller, accompagné d’une dizaine de ses camarades de club, enfourche son VTT pour des sorties qui peuvent atteindre… 50 kilomètres. Plusieurs heures de pédalage intensif, à la découverte de magnifiques paysages, et qui permettent d’aller jusqu’au bout de soi-même. « C’est effectivement un sport très physique qui implique une bonne préparation, avertit-il. Mais il me permet non seulement de faire des rencontres, mais aussi de m’évader en dehors du travail. » Une évasion qui prend même la forme de vacances d’une semaine à vélo, passées à découvrir le Valais, le Parc national du Mercantour ou l’Auvergne en France, les Grisons, etc.

Descentes dangereuses

Et il y a mieux: depuis deux ans maintenant, notre athlète s’est même attaqué au Grand Raid, la célèbre course cycliste VTT du Valais. « J’ai beaucoup hésité, car je savais que c’était une course très exigeante, raconte-t-il. Pour finir, je me suis lancé sur le demi parcours. La première fois, c’était très fatigant car je ne savais pas exactement à quoi je m’attaquais. Mais finalement, tout s’est très bien passé. »

Etonnamment, ce que craint le plus ce sportif aguerri, qui n’hésite pas à s’attaquer à des dénivelés de plusieurs centaines de mètres, ce ne sont pas les montées, qui effraient tant de cyclistes, amateurs ou professionnels, en raison de l’intense effort physique qu’elles exigent. Non, ce sont plutôt… les descentes, toujours dangereuses pour lui, en raison de son handicap auditif.

« Non seulement j’ai le vertige, mais j’ai de gros problèmes d’équilibre en raison de ma malaudition, explique Yves Schaller. Dans les sentiers étroits et pleins de cailloux, le VTT me demande beaucoup de concentration et de technique, surtout quand, juste à côté, il y a le vide et pas de barrières ! Avec le temps et l’aide de mes camarades qui m’ont appris à me placer le plus bas possible pour abaisser mon centre de gravité et ne pas basculer, les choses se sont améliorées. Mais il est clair que le problème demeurera. A la fin de nos sorties, je suis plus fatigué que les autres et c’est ce problème qui fait que je ne pratique que peu de vélo de route, qui implique de pouvoir entendre le trafic automobile. »

Ski et badminton

Cette prudence dans l’exercice d’un sport aussi exigeant n’est en aucun cas excessive car en VTT, toute chute dans les sentiers escarpés est toujours très dangereuse. « Il m’est arrivé une fois de tomber, raconte encore Yves. Et j’ai vraiment eu beaucoup de chance, parce que je m’en suis tiré avec un point de suture au menton ». Et d’ajouter en rigolant: « cela aurait pu mal finir, c’est d’ailleurs pour ça que le VTT fait toujours un peu peur à ma maman. Le résultat c’est que je dois toujours être très concentré. »

Quand il ne travaille pas et ne s’adonne pas à son hobby favori, Yves Schaller… fait du sport. Ce passionné pratique aussi le badminton, et surtout depuis son enfance, le ski. Mieux encore, les rares fois où il quitte l’Europe, c’est pour s’adonner au… trekking dans l’immensité du désert marocain ou égyptien.

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Ch.A.