Un quart des résidents d’EMS coupés du monde extérieur en raison de troubles sensoriels

Plus les êtres humains deviennent âgés, plus ils sont exposés à des problèmes visuels ou auditifs. L’Union centrale suisse pour le bien des aveugles (UCBA) vient de publier une étude sur la proportion de personnes présentant des troubles sensoriels résidant en institutions pour personnes âgées et centres de soins.

L’Union centrale suisse pour le bien des aveugles (UCBA) est occupée depuis plusieurs années par la situation des personnes présentant des handicaps visuels ou auditifs. Dans ce contexte, elle a lancé une étude qui porte sur 24’000 dossiers issus d’institutions pour personnes âgées et de centres de soins, et ceci dans plusieurs cantons de Suisse. Les données proviennent du système d’évaluation RAI (RAI-NC), propre à ces établissements.

Et le constat est clair : 42% des résidents et des résidentes étaient atteints de déficiences visuelles. Les chiffres sont également éloquents dans le domaine auditif : le potentiel auditif est si dégradé auprès de 48% des résidents, qu’il engendre des difficultés de communication. Les appareils auditifs sont en outre uniquement installés auprès d’une minorité des personnes malentendantes. Chez 13% d’entre elles, il ressort qu’elles ne peuvent ni comprendre, ni entendre ce qui est dit. En outre, on constate que les troubles auditifs progressent avec les années. Dans le quotidien, la communication est donc limitée et l’intégration des informations devient compliquée. Cet état provoque des malentendus et des maladies qui sont souvent synonymes d’un recul dans la société.

Enfin, autre chiffre éloquent, environ 27% des résidents d’institutions pour personnes âgées et de centres de soins sont confrontés à un handicap sensoriel double. Ils ne peuvent plus compenser la perte auditive par une bonne vue, tout comme leur ouïe devient insuffisante pour reconnaître des personnes à la voix, sans le recours à la reconnaissance visuelle.