Vacances : protégez vos oreilles !

C’est les vacances et avec elles, le temps du repos, de l’amusement, et des activités de plein air. Seulement voilà: loisirs ne riment pas toujours avec plaisir, et certaines activités estivales peuvent être dangereuses pour vos oreilles et votre audition. Petit tour d’horizon des principaux dangers qui vous guettent si vous ne prenez pas certaines précautions élémentaires.

Concerts en plein air, attention

Eh oui, c’est bien connu, l’été est la saison la plus propice aux festivals et concerts de plein air, si agréables à déguster dans les parcs et autres jardins publics. Sauf que très souvent, la sono y va à fond, et ces manifestations sont associées à des niveaux sonores très élevés, atteignant parfois allègrement les 110 décibels. Résultat: si les haut-parleurs s’en donnent à cœur joie, les oreilles trinquent, et de nombreux jeunes s’exposent inutilement à des traumatismes auditifs. Bourdonnements, sifflements, pertes auditives temporaires ou définitives sont les conséquences directes d’une exposition intempestive à des niveaux sonores excessifs.

De fait, si vous souhaitez profiter de la musique en toute quiétude, pensez donc à systématiquement protéger vos oreilles. « En matière d’exposition au bruit, explique un médecin ORL, le risque auditif est lié à deux facteurs: l’intensité du bruit et la fréquence d’exposition à ce même bruit. Il faut donc essayer d’écouter de la musique moins fort et moins longtemps ».

Voici donc quelques conseils simples pour protéger au mieux votre audition:

  • Si vous le pouvez, éloignez-vous le plus possible des sources sonores, particulièrement des haut-parleurs, où l’intensité est la plus forte.
  • Utilisez des bouchons auriculaires qui tempèrent considérablement le son.
  • N’hésitez-pas à faire des pauses et à rejoindre un endroit calme pour donner du repos à vos oreilles. Compter environ 20 minutes de repos pour une heure trente de concert.
  • Soyez très vigilants aux signaux d’alerte: si vous entendez des bourdonnements ou des sifflements, ou éprouvez une douleur, c’est qu’il est grand temps de partir. A ce propos, limitez la prise d’alcool, car celle-ci tend à diminuer votre perception de la douleur.
  • En cas de douleurs ou d’acouphènes persistant au-delà de 24 heures, consultez rapidement un médecin.

L’eau, une amie qui ne vous veut pas toujours du bien

Que ce soit à la piscine ou au bord de la mer, l’eau est toujours synonyme de plaisir mais aussi de… souffrance potentielle pour les oreilles. Les activités aquatiques multiplient en effet par six le risque de développer une otite externe, appelée également « otite du baigneur », une affection particulièrement fréquente chez les enfants qui y sont très vulnérables. Et pour cause: notre conduit auditif n’est pas fait pour être rempli d’eau, et l’exposition aquatique prolongée n’est pas sans conséquences, l’eau qui y stagne favorisant la survenue de processus d’inflammation et d’infections par la prolifération de germes. Pensez-donc à consulter un ORL devant tout symptôme anormal: démangeaisons, douleurs, voire même écoulements. Bien que douloureuses, ces otites sont bénignes dès lors qu’elles sont rapidement soignées.

Si votre séjour au bord de l’eau devait s’éterniser, ou si vos oreilles sont particulièrement fragiles, le plus sage est de miser sur la prévention. En premier lieu, il faut systématiquement penser à bien se sécher les oreilles avec une serviette propre après chaque contact avec l’eau. En outre, pour les amoureux de sports aquatiques, des bandeaux protecteurs et des bouchons en silicone sont disponibles dans le commerce.

Malléables et ajustables à la taille et à la forme de l’oreille, les bouchons offrent une excellente protection, puisqu’ils rendent celle-ci complètement imperméable à l’eau. En néoprène quant à lui, le bandeau de protection se passe autour de la tête et recouvre largement les deux oreilles. Enfin, pour les plus vulnérables, le recours simultané à ces deux moyens de prévention permet d’assurer une étanchéité parfaite des canaux auditifs.

Plongée sous-marine, un sport à hauts risques

De toutes les activités estivales, la plongée sous-marine est celle qui, incontestablement, comporte le plus de risques pour l’audition. C’est la raison pour laquelle ce sport de plus en plus populaire est d’emblée formellement contre-indiqué pour tous ceux qui souffrent de pathologies de l’oreille, comme des perforations de tympans et/ou des otites. Il est également strictement proscrit pour les personnes présentant une forte baisse de leur acuité auditive ainsi que des antécédents chirurgicaux otologiques.

Aussi, avant de vous plonger dans la découverte des fonds marins, il est impératif de consulter un ORL qui pratiquera un examen complet, sans compter que d’autres maladies qui ne touchent pas la sphère ORL (diabète, problèmes cardio-vasculaires etc.), peuvent également justifier une contre-indication.

Pour ceux qui sont déclarés aptes, la pratique de la plongée ne doit se faire qu’avec un grand luxe de précautions, car de nombreux incidents plus ou moins graves, parfois irréversibles en matière d’audition, peuvent survenir au cours de celle-ci. Le plus fréquent est ce que l’on appelle le barotraumatisme, lié à l’augmentation de la pression, potentiellement dangereuse dès… 3 mètres de profondeur ! Ce qui veut dire que tous les plongeurs, y compris ceux qui n’ont pas recours à des bouteilles sont concernés, même dans… une piscine.

En effet, la descente dans l’eau induit des modifications de la pression de l’air contenu dans l’oreille, ce qui déforme le tympan. Pour éviter la survenue d’un barotraumatisme de l’oreille externe, particulièrement douloureux et le plus souvent lié à la déchirure du tympan, le plongeur doit pratiquer une manœuvre de rééquilibrage des pressions, qui consiste à souffler par le nez en se pinçant le nez, ce qui a pour effet d’insuffler volontairement de l’air dans l’oreille moyenne. Plus rarement, mais plus redoutable encore, il arrive que le barotraumatisme touche l’oreille interne, s’exprimant par une baisse rapide et importante de l’audition, et nécessitant une prise en charge en urgence.

De fait, la plongée sous-marine doit toujours être pratiquée avec l’accompagnement d’un moniteur chevronné qui enseignera les différentes mesures de prévention et de protection de l’oreille. Par exemple, l’utilisation de tampons auriculaires est formellement proscrite pendant la plongée, justement parce que ceux-ci empêchent le rééquilibrage des pressions dans le conduit auditif. En revanche, et pour protéger ce conduit, les plongeurs sont volontiers invités à utiliser des solutions liquides destinées à limiter l’humidification de l’oreille.

Altitude, randonnées et transport aérien

En comparaison avec la plongée sous-marine, le transport aérien, grande star des vacances, ne présente évidemment aucun risque pour l’audition. Pour une raison simple: la pressurisation de la cabine des aéronefs, qui crée une « atmosphère artificielle », contrebalance les effets dangereux de la dépression atmosphérique liée à l’altitude. Seuls moments un peu délicats: le décollage et l’atterrissage, où l’on observe les plus importantes variations de pression, d’où une sensation de bourdonnement et d’oreilles bouchées. Et là encore, comme pour la plongée, une petite manœuvre suffit à induire un rééquilibrage, en soufflant à travers ses narines, que l’on aura bouchées au préalable en se pinçant le nez. Cette manœuvre, dite de Valsalva, permet de faire passer l’air entre les cavités, via la trompe d’Eustache.

En tout état de cause, si vous ressentez une douleur durable lors de votre voyage, ou si votre oreille demeure bouchée, il est impératif de consulter: vous souffrez peut-être d’une otite barométrique, qui survient en général si vous êtes déjà atteint d’une infection latente ou si un bouchon de cérumen obstrue le conduit auditif.
Ce phénomène est également observé, quoique dans une moindre mesure et sans aucune gravité, lorsqu’on s’adonne à l’alpinisme ou aux randonnées de haute montagne, au cours desquelles il est préférable d’éviter de descendre ou de monter trop rapidement en altitude.

Que faire en cas de corps étranger dans l’oreille ?

C’est un incident bénin, mais bien plus fréquent qu’on ne le pense. En été, il n’est pas rare en effet qu’un corps étranger s’introduise dans le conduit auditif externe. Objet ou même insecte, le résultat est le même: c’est angoissant et très inconfortable, surtout si en plus, il y a la crainte de se faire piquer. Les corps étrangers non vivants sont plutôt le fait des enfants: mines de crayons, bouts de papier, billets, sable de plage, cailloux, jouets minuscules ou même aliments (petits pois, haricots etc…), l’imagination des petits bambins est sans limites, et peut aisément gâcher vos vacances.

Dans ce cas, bien sûr, il faut essayer de retirer l’intrus, soit par une mini-noyade très efficace s’il s’agit d’un insecte vivant, soit à l’aide d’une petite pince à épiler. Evidemment, si l’objet du délit n’est pas facilement extirpable, la seule solution est de se rendre aux urgences les plus proches pour une consultation chez un ORL, qui vérifiera en outre que le conduit auditif ne souffre pas de lésions traumatiques.

 

Pensez à protéger votre appareil auditif !

Faut-il plus particulièrement prendre soin de son appareil auditif pendant la saison estivale ? La réponse est incontestablement oui, essentiellement en raison des températures élevées. « En raison de la sudation, observe Stéphane Fourreau, audioprothésiste à Lausanne, on observe statistiquement plus de pannes d’appareils auditifs en été. C’est la raison pour laquelle il faut veiller à avoir durant cette saison une hygiène encore plus poussée, aussi bien des oreilles que de l’appareil. Dans l’idéal celui-ci doit être retiré, essuyé et nettoyé avec des lingettes et ce, au moins une fois par jour. Et la nuit, on peut aussi le placer dans un flacon contenant des sels dessiccateurs qui vont absorber toute l’humidité ».

C’est un fait : à la différence de l’altitude qui ne leur pose aucun problème, les appareils auditifs n’aiment pas l’eau. Raison pour laquelle il faut absolument les retirer en cas de baignade, sauf si vous disposez d’un équipement protecteur spécifique et adapté comment en proposent désormais certains fabricants. « En outre, conseille Stéphane Fourreau, si on passe les trois mois d’été en bord de mer, ce qui est plutôt long, il vaut mieux éviter de porter son appareil au bord de l’eau, car à la plage, l’atmosphère est très humide et très saline ».

Dernière précaution à prendre, les sports de plein air. Si les activités sportives individuelles comme le vélo ou le jogging ne posent pas de souci, les sports collectifs comme le foot ou le basket etc. peuvent causer des dégâts en cas de choc direct ou de chute de l’appareil. « Pour ceux qui peuvent s’en passer, le mieux reste de les retirer dans ce cas, conseille encore Stéphane Fourreau ».

ChA