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Publié le: 30 nov 2016

Vaud : Le Repuis, des formations professionnelles sur mesure

Vaud : Le Repuis, des formations professionnelles sur mesure

Plus grand centre de formation professionnelle spécialisée de Suisse romande, le Repuis offre une possibilité de formation à ceux qui ne peuvent l’acquérir selon un processus traditionnel. Situé à Grandson, il forme en outre chaque année des apprentis malentendants ou sourds, pris en charge selon leurs besoins spécifiques.

Peu de malentendants ou de familles de malentendants le connaissent. Et pourtant, le centre de formation professionnelle spécialisée le Repuis offre une possibilité de formation pour de nombreux jeunes en situation de surdité qui n’auraient pas pu intégrer une formation traditionnelle.

Forte de 200 collaborateurs, l’institution, qui dispose également d’annexes à Lausanne, Genève, Neuchâtel, Fribourg et en Valais, accueille ainsi pas moins de 380 jeunes en formation. Parmi eux, chaque année, une moyenne de 5 jeunes sourds ou malentendants.

Au fil des ans en effet, le Repuis a acquis une solide expérience et expertise dans le suivi et l’encadrement de jeunes souffrant de ce handicap aux spécificités particulières. « Le Repuis connait bien la problématique de la surdité, explique Michèle Lovis, répondante surdité au sein de l’institution. Les jeunes que nous accueillons sont des adolescents comme les autres, mais ils ont en même temps des besoins très spécifiques en lien avec la communication au sens large. Ainsi, lors des cours professionnels pour les formations qualifiantes (AFP, CFC) nous nous sommes rendu compte à quel point il fallait expliquer et réexpliquer ce qu’était la surdité dans les différents centres professionnels, où les enseignants sont rarement au courant. Expliquer par exemple pourquoi un sourd ou un malentendant est plus vite fatigué, pourquoi il peut lui manquer du vocabulaire, etc. »

Respect du choix de la langue

Dans sa démarche de formation et de réinsertion, le Repuis respecte le choix de la langue du malentendant ou du sourd, qu’elle soit orale ou gestuelle, tout en mettant à son service l’ensemble des compétences d’une équipe pluridisciplinaire inscrite dans le réseau du monde de la surdité et très au fait des conséquences sociales, psychiques et scolaires de ce handicap particulier.

Concrètement, tout jeune intéressé doit prendre contact avec son conseiller AI, qui le mettra ensuite en relation avec le service d’admission du Repuis. Comme tous les autres candidats, le jeune souffrant de surdité sera ensuite reçu en entretien individuel afin d’évaluer au plus près ses difficultés, son profil, ses besoins et ses objectifs de formation. « L’objectif est de cheminer dès le début avec le jeune, détaille Michèle Lovis. On procède donc à une évaluation de ses compétences et de ses besoins : a-t-il recours au langage parlé-complété, à la langue des signes, quel niveau de maitrise en a-t-il, quel niveau a-t-il en français écrit, etc. Oraliser ne signifie pas automatiquement tout entendre, ni bien comprendre le sens de ce qui est dit ».

Un stage probatoire d’une semaine est ensuite proposé afin d’affiner la connaissance de ses compétences et ses aptitudes. Il suivra ensuite un parcours très personnalisé – « nous faisons un véritable travail de dentelle pour permettre à chacun d’atteindre la plénitude de son potentiel », explique Michèle Lovis – qui devrait le conduire à atteindre ses objectifs. Des objectifs qui peuvent être modulés et réévalués en cours de formation, en fonction des réussites de l’apprenti.

« A la fin, et comme dans la formation générale, 80 % de nos jeunes ressortent avec une place de travail », se réjouit Luc Lambert, directeur-adjoint du Repuis. La clé de cette réussite ? Sans conteste le concept de formation adopté par l’institution, fondé sur trois dispositifs, choisis en fonction des besoins d’accompagnement des apprentis : formation en atelier au sein des structures du Repuis, formation en entreprise, et formation en partenariat-entreprise. A ce titre d’ailleurs, des collaborations sont ainsi établies avec le CHUV pour les apprentis en intendance, avec les Serres de la Ville de Lausanne pour les apprentis horticulteurs, avec l’entreprise de peinture Cardinale & Cie SA à Crissier pour les apprentis peintres en bâtiment et avec la Migros de Crissier pour les apprentis du commerce de détail.

Solutions d’hébergement

« Chaque apprenti suivra un niveau de formation adapté à ses compétences, en tenant compte de son potentiel d’évolution, et allant de la « Formation pratique interne » au CFC, en passant par l’AFP, l’attestation fédérale de formation professionnelle, explique Luc Lambert. Le croisement du niveau de l’apprenti, l’accompagnement mis en place en fonction de ses besoins et les objectifs diplômants constituent une sorte de Rubik’s cube qui nous permet de définir à chaque fois des parcours très personnalisés ».

Sur le plan des infrastructures enfin, le Repuis offre également des solutions d’hébergement adaptables à chaque cas particulier, avec des places en internat, en lieux de vie décentralisés ou même en milieu de vie ouvert. Les formations proposées sont également très diverses : horticulture, menuiserie, mécanique, maçonnerie, paysagisme, peinture en bâtiment, carrosserie, cuisine, intendance, pas moins de 17 métiers sont ainsi proposés aux jeunes. « L’AI nous fixe des objectifs de rendement que nous devons atteindre, conclut Luc Lambert, le directeur-adjoint. Le terme est un peu froid et économique, c’est vrai, mais au final quand je vois les jeunes sortir de chez nous plus heureux, je me dis que les objectifs humains sont bien atteints. Et c’est bien là l’essentiel ».

Le Repuis, Centre de formation professionnelle spécialisée. Chemin de Coudrex 1, Grandson (VD). www.lerepuis.ch

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