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Vaud – Projet Accès-Cible: la culture pour tous

Chaque année en septembre, la Nuit des Musées conduit une trentaine de musées et institutions culturelles lausannoises à ouvrir exceptionnellement leurs portes au public, pour une longue soirée, dès 14 heures et jusqu’à 2 heures du matin. Dans le cadre d’un projet intitulé Accès-Cible, la manifestation œuvre à faciliter l’accès aux personnes handicapées, tout en sensibilisant le grand public à la problématique du handicap. Histoire d’une success-story lausannoise.

Ouvrir la culture à tous. Tel est l’ambitieux credo du projet Accès-Cible de la Nuit des Musées, qui connaît depuis quelques années un très grand succès. Chaque année depuis 2008, l’association lausannoise La Nuit des Musées œuvre, en collaboration avec Pro Infirmis et de nombreuses organisations de personnes handicapées – dont forom écoute -, à permettre l’accessibilité de la manifestation à toute personne souffrant d’un handicap.

Lancée en 2001, La Nuit des Musées ouvre ainsi l’accès d’un grand nombre d’institutions culturelles de la capitale vaudoise, durant une nuit et pour la modique somme de 10 francs. Pour l’occasion, de multiples animations sont mises sur pied, avec un incontestable succès, puisqu’à chaque édition, plus de 50’000 visiteurs se pressent aux portes des divers musées lausannois.

Projet ambitieux

Comme souvent pour les grands projets, tout a commencé par un heureux concours de circonstances. « Il y a une dizaine d’années, Pro Infirmis Vaud a pris le parti de soutenir l’accessibilité à la culture au sens large, explique Monique Richoz, directrice cantonale de l’institution. A cette période, nous étions en pourparlers pour veiller à l’accessibilité du futur Musée cantonal, à Ouchy. Et c’est là que des politiques nous ont mis en relation avec La Nuit des Musées ».

A l’époque, le projet Accès-Cible de la Nuit des Musées visait à susciter l’intérêt d’un public a priori pas ou peu intéressé par la culture: en premier lieu, les jeunes apprentis et les étrangers. La rencontre avec Pro Infirmis a fourni l’occasion d’étendre le concept initial aux personnes souffrant de handicap, de facto exclues de la culture. « Depuis de nombreuses années, on est obnubilé par les questions d’intégration professionnelle en matière de handicap, qui imprègnent le discours ambiant, déplore Monique Richoz. Malheureusement, la dimension culturelle passe souvent au second plan. »

Ouvrir la culture aux personnes en situation de handicap représente un projet ambitieux qui ne s’est pas fait sans difficultés. « Aujourd’hui, tout roule parfaitement et les musées sont très demandeurs, se réjouit Monique Richoz. Mais nos premières rencontres avec leurs responsables étaient plutôt laborieuses, car c’était vraiment la rencontre de deux mondes très différents ! »

Dès ses débuts, le projet Accès-Cible, décliné dans la version « handicap » et géré par l’agence Plates-Bandes, affiche une double ambition: permettre évidemment d’ouvrir à tous l’accessibilité à l’offre muséale, mais aussi œuvrer à un volet sensibilisation du grand public pour permettre aux valides de prendre conscience de ce que peut représenter une situation de handicap. Un volet important qui suscite chaque année un véritable engouement des visiteurs de La Nuit des Musées. Ainsi, au cours de la Nuit 2011, l’atelier de lecture labiale organisé par forom écoute et animé par Marie-Thé Sangsue et Ginny Siegrist a rencontré un franc succès (lire notre article dans aux écoutes 54, novembre 2011).

Grand succès

« C’est vrai, le public a très vite accroché, s’enthousiasme la directrice de Pro Infirmis. Qu’il s’agisse de déficience auditive avec forom écoute, mais aussi pour les autres handicaps, les diverses animations proposées ont très bien marché, surtout auprès des jeunes. En termes de sensibilisation, c’est un résultat remarquable ! »

Ce succès n’est néanmoins pas sans poser quelques petits problèmes. « Le côté événementiel fait qu’il y a beaucoup de monde. Et du coup, ce ne sont franchement pas les meilleures conditions pour qu’une personne en situation de handicap étrenne sa vie culturelle », s’interroge ainsi Monique Richoz.

Monique Richoz

Résultat: l’enjeu pour les années à venir se situe dans la possibilité de pérenniser l’action au-delà d’une seule nuit. Un souhait exprimé par de nombreux musées, enchantés par le succès de la démarche, mais qui n’est pas facile à mettre en œuvre. « Nous avons accumulé un superbe et précieux capital de sympathie, se réjouit encore Monique Richoz. Mais nous sommes toujours dans une phase où il faut convaincre, amener les interlocuteurs à la cause. Quand on voit se qui se fait dans d’autres pays, on se dit qu’il nous reste encore beaucoup à réaliser! »

Nuit des Musées 2012

L’édition 2012 de La Nuit des Musées de Lausanne et Pully se tiendra le samedi 22 septembre, de 14h à 2h du matin. Comme d’habitude, une trentaine de musées à Lausanne et à Pully participeront à la manifestation, avec comme grande nouveauté, l’inauguration de nombreuses expositions. « Je souhaite renforcer ce qui plaît dans cette manifestation, à savoir un traitement original et ludique de l’accès à la culture par les animations de qualité proposées par les musées, une entrée à 10 francs pour les adultes et la gratuité pour les enfants, ainsi que la poursuite des travaux du projet Accès-Cible», confie ainsi Denis Pernet, le nouveau directeur de la manifestation. Pour cette édition, forom écoute va participer à l’événement avec le Musée Cantonal des Beaux-Arts dans le cadre du projet Accès-Cible, en assurant l’équipement en boucles magnétiques portables des expositions et diverses conférences.
Rens. www.lanuitdesmusees.ch