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Santé

La gym: un rendez-vous qu’on n’a pas envie de lâcher

A Morges, chaque semaine, on se retrouve pour bouger et échanger. Avec l’accompagnement expert d’Anne-Marie Collin, ces heures de gymnastique adaptée constituent un rituel précieux pour les personnes malentendantes.


Loin des salles de sport classiques où la musique couvre les voix et où les instructions sont données pêle-mêle, l’ambiance est ici très calme et concentrée. Dans ces cours, financés en très grande partie par notre fondation, tout est conçu pour répondre aux besoins des femmes et hommes seniors malentendants.


La règle d’or? «Prendre le temps», répond Anne-Marie Collin. «J’explique d’abord le mouvement, en me tenant bien face au groupe, pour permettre la lecture labiale. Une fois l’exercice lancé, je passe vers chaque personne». Avec un maximum de 10 participant·e·s, elle peut veiller à ce que chaque exercice soit réalisé correctement.


Du mouvement pour une meilleure qualité de vie


Les séances mêlent renforcement, coordination, équilibre et souplesse, utilisant ballons, élastiques ou même anneaux Pilates. «On commence souvent assis, le temps de reprendre son souffle après s’être déplacé jusqu’à la salle, puis on alterne entre activités debout et au sol.», explique Anne-Marie.


Le résultat dépasse la simple heure de sport. «Beaucoup m’ont dit que les cours avaient amené un grand changement dans leur vie. Tout d’abord, en améliorant leur mobilité et leur équilibre, ils gagnent en assurance. Et puis le cours les met dans une dynamique qui les pousse à mieux se prendre en change et ils poursuivent l’activité entre les séances», raconte encore Anne-Marie.


Cerise sur le gâteau: les moments d’échange avant et après la séance. «Faire du sport ouvre la parole», remarque Anne-Marie. On parle de soi, de sa santé, on reçoit de l’écoute et on en offre. Les conseils s’échangent, les expériences se partagent et on se transmet des astuces pour rester en forme.


Rendez-vous en août


Ce n’est donc pas étonnant qu’une partie des participant·e·s ait accueilli le début de la pause estivale à contrecœur, tant le rendez-vous hebdomadaire est devenu un pilier. Mais Anne-Marie le sait, ses participant·e·s ne vont pas rester les bras croisés jusqu’à la rentrée. Ils continueront par eux-mêmes, pour se maintenir, preuve que le cours a rempli sa mission: rendre le mouvement naturel et indispensable. Les retrouvailles à la rentrée n’en seront que plus chaleureuses.



🔗 Les informations utiles et le formulaire d’inscription pour les personnes intéressées à rejoindre nos cours de gymnastique adaptée sont disponibles sur la page web Cours de gym.


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Photo de SHVETS production sur Pexels

21 juil. 2026

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Point fort

Prix FoRom écoute 2026: plus de trente jeunes à l’honneur

Chaque année, le Prix FoRom écoute vient saluer le parcours d’élèves et d’étudiant·e·s malentendant·e·s ayant mené à bien leur formation. L’édition 2026 ne déroge pas à la règle, récompensant 32 jeunes dont la détermination force l’admiration. Au-delà de la distinction, c’est un message d’encouragement et un accès à un réseau de soutien qui sont offerts à cette nouvelle promotion.


Depuis sa création en 2004, cette initiative a déjà distingué plus de 400 jeunes à travers les cantons de Vaud, de Genève, du Valais, de Fribourg, de Neuchâtel et du Jura. Concrétisé par un bon cadeau de 100 francs pour l’achat de livres ou d’articles de loisirs, ce prix incarne avant tout une reconnaissance pour les efforts fournis pour surmonter les obstacles liés à la malaudition ou à la surdité.


Un éventail de parcours récompensés


La parité est au rendez-vous, avec une répartition quasi égale entre jeunes femmes et jeunes hommes. Quant aux cursus achevés, leur diversité montre que la réussite est possible dans de nombreuses voies.

Douze récipiendaires viennent ainsi de franchir le cap de leur scolarité obligatoire, dont trois au sein de cycles d’orientation adaptés. Dans la filière générale, onze jeunes sont à l’honneur pour l’obtention de leur maturité gymnasiale ou de leur diplôme de l’école de culture générale. La voie professionnelle brille tout autant, avec six apprentissages validés et des réussites en maturité professionnelle, en certificat préprofessionnel et dans le domaine socio-éducatif.


A travers ce prix, la fondation tient à exprimer son admiration pour le courage et la ténacité dont ces jeunes ont fait preuve pour atteindre leurs objectifs, tout en les incitant à poursuivre leur chemin avec la même assiduité.


Des liens qui se construisent


La remise de ces distinctions est aussi l’occasion de leur rappeler qu’ils ne sont pas isolés. Nous avons fait parvenir à chaque lauréat·e un courrier personnalisé présentant nos services gratuits de conseil et de soutien, pour eux-mêmes et leurs proches. L’objectif est qu’ils et elles sachent pouvoir compter sur nous en cas de besoin.


Nous insistons également sur le lien social, en proposant de faciliter la connexion avec d’autres jeunes malentendant·e·s et sourd·e·s, qui se retrouvent notamment via des groupes de discussion dédiés. Ces espaces d’échange et de partage d’expériences, ainsi que les activités communes qu’ils génèrent, sont des atouts précieux pour la construction de leur avenir.


Alors que le prix 2027 sera renommé pour refléter notre nouvelle identité – FoRom écoute étant devenue la Fondation Audition Suisse – l’esprit de la démarche restera intact: féliciter, encourager et soutenir celles et ceux qui, malgré le handicap auditif, écrivent leur propre réussite.



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Photo de Felipe Santana sur Unsplash

14 juil. 2026

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Solutions

Auracast: une technologie prometteuse

Auracast est une technologie de diffusion audio Bluetooth qui pourrait être intégrée aux prochaines évolutions de la norme SIA 500 en matière d’accessibilité auditive. Plus ouverte et polyvalente que les systèmes traditionnels, elle permet de transmettre un son de qualité directement vers des aides auditives ou des écouteurs compatibles. Notre fondation s’est saisie de cette innovation en acquérant du matériel dès 2025 et en réalisant un premier test d’utilisation lors de son congrès annuel.


Pendant des décennies, la boucle magnétique a constitué la principale solution de transmission audio dans les lieux publics pour les personnes malentendantes. Si ce système a rendu d’immenses services, ses coûts d’installation et d’entretien ont parfois freiné son déploiement. A présent, une nouvelle approche se développe avec Auracast, une technologie de diffusion audio par Bluetooth qui ouvre de nouvelles perspectives en matière d’accessibilité, tant pour les personnes malentendantes que pour le grand public.


Le principe est à la fois simple et visionnaire: un émetteur diffuse un flux audio Bluetooth que n’importe quel récepteur compatible peut capter instantanément, sans appairage complexe. Ainsi, un nombre illimité de personnes peut recevoir un son clair et direct dans son propre dispositif, qu’il s’agisse d’aides auditives ou de simples écouteurs du commerce.


Une technologie à la disposition de toutes et tous


C’est ici que réside la force d’Auracast. Contrairement aux systèmes réservés aux seuls porteurs d’appareils auditifs spécifiques, cette technologie fonctionne également avec les casques et écouteurs grand public. Cette ouverture change la donne pour les gestionnaires de musées, gares, salles de conférences et autres lieux publics: choisir Auracast, c’est servir à la fois les personnes en situation de handicap auditif et le grand public, que ce soit pour une meilleure écoute ou pour accéder à des services tels que les audioguides ou la traduction simultanée. L’investissement devient ainsi transversal.


De plus, pour les personnes malentendantes légères qui ne portent pas encore d’appareillage, Auracast offre une première marche vers l’accessibilité sans stigmatisation.


En première ligne pour tester et faire tester


Notre fondation a acquis en 2025 du matériel d’émission et de réception Auracast. L’objectif est double: éprouver la robustesse de cette technologie et permettre aux personnes malentendantes d’en faire une première expérience pour se forger leur propre opinion.


Notre démarche s’inscrit également dans un contexte législatif en cours de mutation, avec la révision de la norme SIA 500 «Constructions sans obstacles». Tout indique qu’Auracast deviendra prochainement une solution admissible, voire recommandée, pour répondre aux exigences d’accessibilité dans les constructions ouvertes au public, là où le texte actuel fait principalement référence aux boucles magnétiques. En anticipant cette évolution, nous voulons permettre aux personnes malentendantes de se familiariser avec les systèmes de transmission audio numériques qui leur seront utiles dans un futur proche.


Retour d’expérience: notre congrès annuel comme terrain d’essai


Lors de notre dernier congrès annuel, nous avons offert à trois participantes malentendantes l’opportunité de tester le matériel Auracast en situation réelle. L’objectif était d’évaluer la simplicité de connexion, la qualité sonore et le confort d’usage.


Le verdict sur la prise en main est encourageant. Si Sandra, la plus jeune, a réussi à se connecter seule instantanément, Marlène et Michèle ont eu besoin d’un bref accompagnement. Cependant, toutes s’accordent à dire que quelques explications ont suffi à surmonter les doutes initiaux.


Les retours de Marlène et Sandra concernant la qualité audio sont enthousiastes. Elles ont jugé le son «excellent», le volume «parfaitement adapté», permettant de comprendre «beaucoup mieux» les interventions, sans coupures ni interruptions. Michelle a en revanche trouvé la qualité «moyenne» et le réglage du volume perfectible. L’audioprothésiste responsable de piloter cette expérience précise que ces écarts ne sont pas inhérents à la technologie Auracast, mais s’expliquent par la nature d’un test ponctuel: les réglages fins et le suivi de l’adaptation n’ont pas pu être réalisés avec la même précision que pour un appareillage individuel classique.


Malgré ces points de vigilance, le sentiment général reste positif. Marlène recommande «absolument» Auracast et attend «avec impatience de pouvoir activer Auracast dans chaque endroit où il y a de l’écoute». Michelle, malgré une certaine déception, a apprécié la démarche: «je vous encourage à recommencer», a-t-elle conclu. Une invitation que nous relèverons sans aucune hésitation.


Les retours de cette expérience confirment en tout cas le potentiel d’Auracast et témoignent de l’ouverture des personnes malentendantes à explorer de nouvelles solutions.


💡 Nous reviendrons régulièrement avec d’autres points de situation sur les innovations numériques qui faciliteront l’accessibilité auditive dans le futur. Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter!


Photo: lors du congrès, des participant·e·s ont également testé des casques intégrant la technologie Auracast et pouvant être utilisés aussi bien par des personnes malentendantes qu’entendantes. © Sebastien Monachon

7 juil. 2026

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Actualités

FoRom écoute devient la Fondation Audition Suisse

Aujourd'hui, nous franchissons une nouvelle étape de notre histoire. FoRom écoute devient Fondation Audition Suisse. Cette nouvelle identité reflète avec davantage de clarté notre mission, notre champ d'action et notre engagement auprès des personnes concernées par les enjeux de l'audition, dans toute la Suisse.


Si notre nom évolue, notre raison d'être demeure inchangée. Depuis notre création, nous œuvrons avec la même conviction pour informer, accompagner, sensibiliser et défendre les intérêts des personnes malentendantes, devenues sourdes, ainsi que de leurs proches. Notre équipe, nos programmes, nos valeurs et nos engagements restent pleinement les mêmes.


Cette évolution s'inscrit dans une volonté de renforcer la lisibilité de notre action et de rendre notre mission plus immédiatement identifiable auprès du grand public, de nos partenaires et des personnes malentendantes qui bénéficient de nos prestations.


Au cours des prochaines semaines, cette nouvelle identité sera progressivement déployée sur l'ensemble de nos supports de communication. Vous découvrirez ainsi notre nouveau nom sur notre site internet, nos publications, nos réseaux sociaux et nos documents institutionnels.


Nous nous réjouissons de poursuivre cette aventure à vos côtés, désormais sous le nom de Fondation Audition Suisse, avec la même exigence, la même proximité et la même détermination à agir en faveur de toutes les personnes concernées par les enjeux de l'audition.

1 juil. 2026

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Point fort

Comprendre sans tout entendre: la lecture labiale, une compétence qui s’acquiert

Dans le brouhaha d’un restaurant, lors de conversations en groupe ou lors de réunions professionnelles, une personne malentendante peut facilement perdre une partie des échanges. Si les appareils auditifs ou les implants cochléaires aident, ils ne restituent pas toujours les sons de manière nette. C’est ici qu’intervient la lecture labiale. Loin d’être une capacité innée, il s’agit d’une compétence précise qui s’acquiert et se perfectionne par la pratique.


Bien que l’on dise couramment qu’il s’agit de «lire sur les lèvres», l’exercice consiste en réalité à observer un ensemble de mouvements qui fournissent une multitude d’indices visuels: le dessin formé par les lèvres, bien sûr, mais aussi la position de la langue et le degré d’ouverture de la bouche. Pourtant, cette observation ne suffit pas toujours, car certaines syllabes se ressemblent terriblement, comme «pa», «ba» et «ma», pour ne citer qu’un exemple.


Décoder ce qui est visible et invisible


Au-delà de la reconnaissance des images produites par la bouche selon les différents sons, l’enjeu de l’apprentissage consiste aussi à apprendre à combler ces ambiguïtés. Pour y parvenir, le cerveau opère un travail formidable de reconstitution, par ce que l’on nomme la «suppléance mentale». Il s’appuie sur le contexte de la phrase, la logique du discours et les résidus auditifs pour assembler les fragments et retrouver le sens global. Ainsi, l'apprentissage consiste à affiner la reconnaissance des indices visuels de la parole et à développer les capacités d’interprétation, afin de rendre la compréhension plus rapide, plus efficace et moins fatigante.


Un accompagnement structuré et accessible


Acquérir ces compétences demande un guidage. C’est l’une des missions que nous nous sommes donnés à la fondation FoRom écoute. Chaque année, nous finançons et coordonnons environ 600 heures de cours collectifs, dispensés dans une quinzaine de villes romandes par treize enseignantes spécialisées dont notre fondation a financé la formation spécifique en lecture labiale. Ce soutien permet aux participant·e·s d’accéder à cet apprentissage quels que soient leurs moyens financiers, puisque seule une contribution symbolique leur est demandée.


Ces cours sont dispensés sous forme de cycles de 10 séances hebdomadaires ou mensuelles de 2 heures, en petits groupes de 5 à 7 personnes. Cette taille réduite permet aux participant·e·s de bénéficier d’un suivi individualisé, tout en profitant de la dynamique de groupe et des échanges entre pairs. Car au-delà de la technique et des méthodes, il s’agit aussi de rompre l’isolement et de prendre sa place dans les conversations. Un participant le confirme: «J’acquiers de nouvelles compétences et je retrouve confiance en moi dans un climat amical».


Une pratique à vivre au quotidien


Cette offre, destinée aux adultes, est actuellement déployée à Genève, Lausanne, Vevey, St-Maurice, Martigny, Bulle, Bienne, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Porrentruy, Delémont, Vicques et Moutier *. Entre les séances, les participant·e·s poursuivent leur apprentissage dans leurs interactions courantes. Nous les y encourageons, car l’articulation varie d’une personne à l’autre par de subtiles nuances: multiplier les expériences avec divers interlocuteurs permet donc de progresser plus rapidement.


La lecture labiale complète ainsi utilement les prothèses auditives les plus efficaces, comme en témoigne l’une de nos participantes: «En milieu bruyant, j’arrive désormais à suivre la discussion». Une belle victoire!



* La liste des villes dans lesquelles des cours sont disponibles peut évoluer. Nous vous recommandons de consulter la page «Cours de lecture labiale» pour plus de détails sur les cours actuels, ainsi que pour trouver les contacts utiles selon votre région.



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Photo © Sébastien Monachon

30 juin 2026

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Santé

Et si le bonheur tenait au chant des oiseaux?

Des études récentes le confirment: écouter les oiseaux apaise et remonte le moral. Pour profiter de ce bienfait, encore faut-il pouvoir entendre ces mélodies aiguës et subtiles. Or, souvent, avec une perte auditive qui s’installe progressivement, notre monde sonore s’appauvrit sans que nous n’en ayons conscience, nous privant de ces petites choses qui nous font du bien.


Selon un communiqué de la Station ornithologique suisse de Sempach, relayé par RTS info la semaine dernière, plusieurs recherches scientifiques confirment le lien entre la présence d’oiseaux et notre santé mentale. Une étude révèle par exemple que se promener durant 30 minutes dans un parc urbain en écoutant le chant des oiseaux suffit à réduire le taux de cortisol (hormone du stress) de près de 40%, tout en augmentant les émotions positives et en faisant baisser la tension artérielle. D’autres travaux montrent que vivre dans un environnement riche en diversité d'oiseaux augmente significativement la satisfaction de vie, procurant un bonheur dont l'intensité équivaudrait à celle d'une augmentation de salaire.


Quand le chant s'efface progressivement


Il n’est pourtant pas donné à tous de percevoir ces mélodies. La presbyacousie, perte auditive liée à l'âge, touche prioritairement les fréquences aiguës, précisément là où se niche l'essentiel du répertoire des oiseaux. En plus de la hauteur du son, c'est aussi la capacité à discerner la complexité des trilles et la rapidité des modulations qui s'érode, rendant le chant indistinct. Le piège réside dans la progressivité de cette baisse: on s’y habitue sans prêter attention au fait que nos balades semblent de plus en plus calmes et les oiseaux toujours plus rares.


Cela touche aussi les personnes déjà appareillées dont l'audition a évolué sans qu'elles ne réalisent la nécessité de réajuster leur dispositif, les privant peu à peu de cette connexion à la nature.


Des témoignages qui parlent d’eux-mêmes


Au-delà des données scientifiques, le plaisir que procure le chant des oiseaux relève d'une certaine évidence. Deux intervenantes du récent congrès annuel organisé par notre fondation FoRom écoute ont en effet spontanément mentionné leurs expériences à ce sujet. La première, malentendante de naissance, a décrit la surprise et le bonheur intense ressentis lorsque, appareillée pour la première fois passé la quarantaine, elle a découvert ces sons pour la première fois. Elle accédait alors à un monde qu’elle ignorait jusqu’alors. La seconde, dont la perte auditive s’est installée progressivement, a partagé l'émotion de retrouver ces mélodies oubliées.


Prendre soin de son audition pour préserver son paysage sonore


Ces récits rappellent à quel point les capacités auditives sont précieuses. Le dépistage et le port d’aides correctement ajustées ne sont pas de simples actes médicaux et techniques, mais les clés qui redonnent sa couleur et sa richesse à la vie quotidienne.


L’une des intervenantes a également rappelé l’importance de protéger son ouïe en portant des bouchons d’oreille ou autres protections auditives, soulignant que cela concerne aussi bien les personnes malentendantes que celles dont le capital auditif est intact.


Veiller à son audition, c'est finalement se donner les moyens de ne rien perdre de ces petites joies du quotidien, pour une vie plus douce et plus connectée. C’est une attention qui en vaut vraiment la peine.



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Photo: James Wainscoat sur Unsplash

23 juin 2026

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Actualités

Les gilets haute visibilité pour mieux évoluer dans l’espace public

Produits l’année dernière à la demande directe des personnes malentendantes, nos gilets haute visibilité répondent à un double enjeu: plus de sécurité et plus d’harmonie dans l’espace public.


Sursauter lorsqu’une trottinette nous double soudainement ou subir l’agacement des cyclistes qui ne comprennent pas notre absence de réaction malgré l’alerte insistante de la sonnette: ces scénarios sont familiers à de nombreuses personnes malentendantes. La multiplication des trottinettes et des vélos a accru ces problématiques lorsque les voies de circulation sont partagées avec les piétons. Pour contrer ces difficultés, FoRom écoute offre gratuitement des gilets haute visibilité conçus pour la communauté malentendante.


Un principe simple et efficace


Notre gilet, jaune fluo, arbore un pictogramme signalant la malaudition. Il permet d’être vu·e de loin, compensant l’impossibilité d’entendre l’approche d’un véhicule par derrière. Les retours des utilisatrices et utilisateurs sont clairs: l’accessoire rassure, renforce la sécurité et évite les incompréhensions, ainsi que les potentiels conflits. Ces gilets sont disponibles gratuitement pour toute personne malentendante intéressée en nous écrivant à info@ecoute.ch.


De la sécurité à l’inclusion


La question de la visibilité dépasse le seul cadre de la sécurité sur les trottoirs, routes et chemins. Elle touche à l’inclusion sociale et à la qualité de vie de manière plus large. Comme discuté lors du congrès annuel de FoRom écoute le 30 mai dernier, se rendre visible facilite grandement les échanges au quotidien.

Porter un signe distinctif – qu’il s’agisse d’un gilet, d’un badge, d’une prothèse auditive assumée ou encore d’un cordon tournesol – évite d’avoir à «raconter sa vie à chaque nouvelle interaction», comme en a témoigné l’une des intervenantes. D’autres témoins ont relevé que l’attitude des interlocuteurs change immédiatement, passant parfois de l’incompréhension, voire du jugement ou de l’agacement, à plus de bienveillance et de patience.


Visibilité et prudence: trouver le juste équilibre


Si le consensus au sein de la communauté est que la visibilité est essentielle, une nuance importante a été soulevée lors des débats du congrès. Une participante a relaté s’être fait voler des affaires dans son sac dans les transports, soupçonnant que le badge «malentendant» apposé sur celui-ci ait pu rassurer les voleurs sur son incapacité à percevoir leurs gestes.


Ce témoignage invite à une prudence élémentaire, valable d’ailleurs pour tout un chacun dans les lieux bondés: se rendre visible ne doit pas signifier se rendre vulnérable. Il s’agit de garder un œil vigilant sur ses objets de valeur, tout en profitant des avantages sociaux et sécuritaires que procure le fait d’être identifié.



➡️ Pour aller plus loin sur le sujet de la visibilité du handicap auditif, nous vous invitons à consulter d’autres articles parus récemment dans notre magazine en ligne:



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16 juin 2026

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Actualités

Congrès 2026: inclusion, action et joie de vivre

Pour cette 25e édition, FoRom écoute a fait le choix de placer la parole des personnes concernées au cœur des échanges. Le traditionnel congrès s’est mué en un laboratoire d’idées vivant, où les vécus individuels sont devenus une ressource collective, insufflant une énergie palpable. Retour sur une journée où l’inclusion s’est vécue, partagée et célébrée.


Une centaine de personnes malentendantes se sont réunies le 30 mai dernier pour le congrès annuel de FoRom écoute. Le mot d’ordre? Une inclusion réelle, concrète, qui doit se vivre partout: dans la vie sociale, familiale, professionnelle, culturelle, sportive et citoyenne.


Plus de témoignages, plus de pouvoir d’agir


Comme l’a souligné Laurent Huguenin dans son mot de bienvenue: «Notre rôle n’est pas de faire à votre place, mais de vous donner des outils, des repères, et surtout la possibilité de reprendre la main sur votre parcours.»


Pour traduire cette vision en actes, le format 2026 a accordé une place importante aux témoignages de personnes malentendantes. Loin d’être des récits centrés sur les difficultés, ces interventions ont été conçues comme des leviers d’action. D’Anne et Sylviane, qui ont partagé leur chemin vers l’acceptation et la «suradaptation» transformée en force, à Jean-Bernard, pionnier de l’engagement associatif et professionnel, en passant par les révélations tardives mais lumineuses de Marlène et Caroline: chaque histoire a résonné comme une preuve qu’il est possible de «prendre le pouvoir» sur sa vie.


Les interviews croisées ont permis de confronter les générations et les parcours, faisant émerger des conseils pratiques: oser demander des adaptations, choisir le bon audioprothésiste, utiliser la technologie (comme Auracast, expérimentée en direct lors du congrès sous la supervision de notre consultante audioprothésiste) ou encore simplement porter son handicap de manière visible, accessoires à l’appui.


Une alchimie unique pour parler de philosophie


L’inclusion ne se limite bien sûr pas aux outils. Elle passe aussi par le regard des autres et par le travail sur soi. Pour aborder cette dimension, le philosophe et écrivain Alexandre Jollien nous a fait la surprise de partager la scène avec Bernard Campan, l’acteur et ami avec lequel il a tourné le film Presque.


Les deux complices ont livré un dialogue à la fois profond et vivant, ponctué d’anecdotes et d’humour, pour illustrer comment «devenir soi-même» et transformer sa différence en une force de lien. Ce duo inattendu a cristallisé l’esprit de la journée: une inclusion joyeuse et partagée.


Une énergie qui porte vers l’avenir


Les premiers retours ont été unanimes: l’objectif est atteint. Les participantes et participants ont emporté avec eux une inspiration nouvelle. «Un grand merci pour cette journée, riche en expériences!» s’est exclamée l’une des participantes ayant pris la parole lors des panels. Une autre participante abonde: «Les expériences et les partages étaient riches et pertinents. J’ai eu beaucoup de plaisir à y assister.»


L’émotion était également au rendez-vous: «J’ai ressenti beaucoup d’émotions diverses et variées en entendant ces témoignages poignants et la parole précieuse de notre philosophe national. Encore merci pour l’organisation de cette belle rencontre.»


Pour aller plus loin et se revoir l’an prochain


Pour celles et ceux qui souhaitent revivre ces moments ou partager les interventions avec leur entourage, les vidéos du congrès seront prochainement mises en ligne sur la chaîne YouTube de FoRom écoute.


Enfin, notez déjà dans vos agendas la date de notre prochain grand rendez-vous: le 26e congrès annuel de FoRom écoute se tiendra le samedi 29 mai 2027 à Lausanne.



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Photo: Sebastien Monachon

9 juin 2026

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Point fort

Rapport d’activités 2025: une année d’actions pour l’accessibilité et l’inclusion

Le rapport d’activités 2025 de FoRom écoute est désormais disponible. Ce document retrace une année marquée par une activité soutenue au service des personnes malentendantes. Entre renforcement de l’accessibilité auditive, soutien au développement de l’autonomie et consolidation des liens sociaux, nous avons une nouvelle fois confirmé notre rôle de centre de compétences et d’organisation de référence pour la communauté des malentendants.


Accessibilité auditive et technologies de pointe


Nous avons maintenu une priorité forte sur l’accès aux aides auditives. Grâce à un réseau incluant donateurs et audioprothésistes bénévoles, notre programme d’appareils reconditionnés a permis à de nombreuses personnes en situation de précarité de s’équiper gratuitement. Face à l’importance de la demande, nous avons également mobilisé notre fonds d’aide financière pour l’achat d’appareils neufs.


Côté innovation, nous nous sommes positionnés sur les technologies d’avenir en acquérant du matériel de démonstration Auracast, un système de diffusion audio basé sur le Bluetooth nouvelle génération. Plusieurs organisations nous ont rapidement sollicités pour réaliser des essais concrets.


En parallèle, nous avons poursuivi le déploiement des boucles magnétiques, garantissant une meilleure réception sonore dans les lieux publics et culturels.


Culture, formation et liens sociaux


Nous avons largement facilité l’accès à la culture grâce à nos partenariats, notamment avec le Menuhin Festival Gstaad, le Septembre Musical Montreux-Vevey, l’Opéra de Lausanne et le Théâtre de Vidy.


Sur le plan de l’autonomie, nous avons financé 600 heures de cours de lecture labiale dans une quinzaine de villes romandes. Cette thématique centrale a d’ailleurs été mise à l’honneur lors de notre congrès annuel, qui a réuni plus d’une centaine de participantes et participants. Parallèlement, nous avons innové en créant l’application SmartLip, un outil qui centralise désormais la gestion des cours de lecture labiale, simplifiant les inscriptions et le suivi administratif de ces formations, pour les participant·e·s comme pour les enseignantes.


Nos activités de gymnastique adaptée et les rencontres au sein des amicales ont continué de rompre l’isolement. De plus, la création et distribution de gilets haute visibilité, ainsi que le partenariat avec les CFF pour promouvoir les cordons tournesol, ont participé à améliorer la sécurité et le confort des personnes malentendantes dans l’espace public.


Un modèle économique solidaire et un réseau étendu


Dans un contexte financier exigeant, marqué par l’absence de subventions fédérales, nous avons réalisé des efforts soutenus pour la recherche de fonds, rendant possibles le maintien et le développement de nos prestations. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude envers tous nos donateurs, dont la générosité constitue le socle indispensable de l’existence de notre fondation.


Cette dynamique s’appuie également sur un réseau de collaborations élargi et stratégique. En 2025, FoRom écoute a tissé ou consolidé des liens avec des acteurs variés: chambres de commerce, organisations faîtières et entreprises; institutions de santé et organisations actives dans le domaine du handicap; acteurs culturels; organisations nationales et internationales. Ces partenariats multiples permettent d’amplifier l’impact de nos actions en faveur des personnes malentendantes.


Pour découvrir plus en détail les actions menées tout au long de l’année 2025, étayées par des témoignages de personnes malentendantes, nous vous invitons à consulter le rapport complet:


Télécharger le Rapport d’activités 2025 (PDF)



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26 mai 2026

Publié le :

Point fort

Concerts et spectacles vivants: des expériences à vivre et à partager

La musique est un langage universel, une source d’émotion capable de transcender les barrières. Pourtant, pour les personnes malentendantes, l’accès aux salles de concert et aux spectacles vivants reste souvent semé d’embûches. Pour briser ces obstacles, des dynamiques vertueuses existent grâce à des partenariats entre acteurs engagés.


Au-delà du concert: le droit à la culture


Participer à une sortie culturelle ne se résume pas à occuper un siège dans un auditorium. Pour une personne malentendante, c’est l’occasion de partager un moment de complicité, de ressentir les vibrations d’un orchestre et de s’immerger dans une atmosphère unique. Trop souvent, la difficulté à suivre les conversations ou à percevoir les sons subtils conduit à un retrait social involontaire. Les spectacles accessibles constituent dès lors une opportunité précieuse pour rompre cette solitude et recréer du lien.


Un partenariat exemplaire avec le Menuhin Festival Gstaad


Pour la quatrième fois, nous renouvelons cette année notre collaboration avec le Menuhin Festival Gstaad. Ce rendez-vous incontournable anime les Alpes bernoises de mi-juillet à début septembre avec plus de 60 concerts classiques et des artistes de renommée internationale. Grâce au soutien généreux d’une fondation donatrice souhaitant garder l’anonymat, nous organisons deux sorties pour les personnes malentendantes, les 15 et 16 août prochains, avec un total de plus de 100 billets offerts.


La force de cette initiative réside dans sa prise en charge globale. En offrant non seulement la gratuité des billets, mais aussi le transport en car depuis Lausanne et l’apéritif dînatoire sur place, nous éliminons les contraintes logistiques pour que les participant·e·s se concentrent sur le plaisir du spectacle et la richesse des échanges. Les retours des éditions précédentes sont unanimes: bien plus qu’une simple sortie, ces soirées deviennent des souvenirs qui restent gravés dans la mémoire.


La technologie au service de l’inclusion


L’accessibilité auditive nécessite des équipements technologiques adéquats. Dans le cadre de ce partenariat, FoRom écoute prend en charge l’installation d’une boucle magnétique dans la Tente du Festival. Ce dispositif permet aux personnes utilisant des appareils auditifs équipés de la position «T» de recevoir le son directement, avec une clarté exceptionnelle et sans les interférences des bruits ambiants.


La présence de telles installations dans les salles n’est pas un luxe, mais une nécessité. Elle garantit une qualité d’écoute fine, permettant de percevoir les nuances des œuvres, du pianissimo d’un solo à la puissance d’un tutti orchestral.


Un réseau de partenaires engagés


Cette opération à Gstaad illustre parfaitement le type d’action que nous menons. Elle n’en constitue cependant qu’une facette. Tout au long de l’année, nous promouvons l’accessibilité culturelle en relayant des offres spéciales et en collaborant avec des institutions majeures telles que le Théâtre de Vidy, le Septembre Musical Montreux-Vevey, ainsi que de nombreuses salles de cinéma et théâtres en Suisse romande.


Grâce à ces partenaires, la culture devient un véritable terrain de rencontre et de partage, même pour les événements les plus prestigieux.



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🎟️ Envie de vous joindre à nous pour le Menuhin Festival Gstaad? Rendez-vous sur la billetterie en ligne pour vérifier si des places sont encore disponibles. La réservation est soumise au dépôt d’une caution.



Photo du chef d’orchestre Alexander Shelley avec le Gstaad Festival Orchestra (GFO), qui se produiront le 15 août 2026, l’une des deux soirées auxquelles auront le plaisir de participer les personnes accompagnées par FoRom écoute. Photo mise à disposition par le Menuhin Festival Gstaad.

19 mai 2026

Publié le :

Point fort

Malaudition: et si arrêter de se cacher était le premier pas vers l’inclusion?

Avant même de pouvoir agir et revendiquer ses droits, encore faut-il reconnaître sa propre réalité. Pour de nombreuses personnes malentendantes, le premier obstacle à l’inclusion n’est pas l’absence d’aménagements, mais le poids du secret, de la honte ou, plus insidieusement, l’ignorance de son propre état.


Une problématique souvent ignorée ou niée


Parce que la malentendance est parfois déjà présente à la naissance, ou s’installe progressivement, beaucoup de personnes ne réalisent pas qu’elles en souffrent. D’après les témoignages que nous avons récoltés, elles peuvent vivre des années avec une fatigue chronique ou une difficulté à s’intégrer dans un groupe, croyant qu’il s’agit de leur façon d’être. Sans diagnostic, la vie s’organise par défaut autour de limites incomprises et ce n’est souvent que tardivement, lors d’un déclic familial ou professionnel, que le voile se lève: ce n’était pas un trait de caractère, mais une perte auditive non identifiée.


La puissance, et le poids, de la «suppléance mentale»


A l’inverse, pour celles et ceux qui ont conscience de leur handicap, la dissimulation devient parfois une stratégie de défense consciente. Par peur du jugement, de la stigmatisation ou de la perte de leur emploi, ils et elles choisissent de faire «comme si». On sourit quand on n’a pas compris, on acquiesce pour ne pas ralentir le groupe, on devine la suite de la phrase. Les experts appellent cela la «suppléance mentale»: un effort cognitif épuisant pour combler les trous auditifs en temps réels. Si cette technique permet de survivre socialement à court terme, elle isole progressivement. A force de vouloir paraître «comme les autres», on finit par s’exclure soi-même, par épuisement ou en fuyant les situations sociales, appauvrissant ainsi son réseau et ses opportunités.


Le courage de la transparence


Pourtant, l’expérience montre que le tournant décisif se produit souvent lorsque le mot est posé. Dire «je suis malentendant» ou «je suis malentendante», ce n’est pas avouer une faiblesse, mais offrir une clé de compréhension à son entourage. Bein sûr, le chemin n’est pas toujours bordé de roses: certaines personnes rencontrent des incompréhensions, voire des discriminations. Le risque est réel. Mais le silence, lui, mène inévitablement à une impasse. La transparence, au contraire, invite l’autre à adapter son comportement – par exemple parler face à face, s’exprimer à tour de rôle – ce que l’on fait souvent volontiers une fois informé.


Des outils pour sensibiliser l’entourage


Pour faciliter les échanges, des ressources existent. La plateforme www.voirpourcomprendre.ch, soutenue par FoRom écoute, met gratuitement à disposition affiches, marque-pages et articles didactiques. Ces outils aident à sensibiliser l’entourage aux réalités de la malentendance et proposent des bonnes pratiques simples pour fluidifier la communication au quotidien.


La force du collectif


Au-delà des outils, ce sont les rencontres qui débloquent les situations. Rejoindre des pairs, confronter son vécu à d’autres témoignages et échanger avec des professionnel·le·s permet de réaliser qu’on n’est pas seul·e. C’est précisément pour favoriser ces liens et accompagner cette sortie de l’ombre que nous promouvons ou organisons une variété d’événements tout au long de l’année: sorties culturelles adaptées, cours de lecture labiale, congrès annuel et rencontres diverses.


Cette dynamique se poursuit également dans les pages de notre magazine en ligne, où nous publions témoignages, dossiers de fond et informations pratiques.


Votre expérience compte aussi! N’hésitez pas à nous la partager à info@ecoute.ch.



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Photo: Andrew Neel sur Unsplash

12 mai 2026

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Point fort

Inclusion dans la société: quand l’attente laisse place à l’action

Trop souvent, l’inclusion des personnes malentendantes, comme celle des personnes en situation de handicap de manière plus générale, est attendue comme une concession de la société, pilotée par les organisations de défense et les acteurs politiques. Pourtant, la clé d’une véritable inclusion réside ailleurs: dans la capacité des personnes concernées elles-mêmes à sortir de leur réserve pour devenir actrices de leur environnement.


Concrètement, cette dynamique invite à dépasser la posture passive – celle où l’on espère que les institutions combleront les besoins – pour embrasser une approche volontariste. C’est tout l’enjeu de l’«empowerment»: passer du «je subis» au «j’agis». Pour les organisations de défense de la cause, l’enjeu est alors de ne pas faire à la place des personnes, ni de les cantonner à un rôle de bénéficiaires, mais de les encourager et leur fournir les outils pour qu’elles prennent elles-mêmes en main leur destin. L’objectif est de créer une alliance où la personne entreprend et l’organisation facilite.


Cet «empowerment» ou, autrement dit, cette prise de pouvoir sur sa propre vie, devient le moteur de l’inclusion. Il ne s’agit plus de considérer le handicap comme une raison d’attendre une solution externe, mais comme un point de départ pour changer. Transformer son expérience vécue en force d’action: voilà comment les avancées les plus significatives ont souvent vu le jour, portées par celles et ceux qui ont choisi de devenir architectes de leur environnement plutôt que simples occupants. Etre proactif, c’est précisément cela: identifier un obstacle et porter le projet qui le lèvera.


Imaginez une collaboratrice malentendante responsable d’équiper son lieu de travail en systèmes d’aide auditive: en menant ce projet à bien, elle devient un catalyseur de changement pour ses collègues et ses clients. Pensez à cet entrepreneur malentendant qui, fort de son parcours, crée un fonds d’aide pour la génération suivante, en partenariat avec notre fondation: avec cette initiative, il apporte concrètement son soutien à l’intégration des jeunes dans la société. Ce sont des témoignages comme ceux-ci qui redéfinissent le paysage de la malentendance. Ils nous rappellent que l’inclusion n’est pas un don fait par la société, mais une construction commune où chacune et chacun a un rôle à jouer.


Etre proactif, c’est donc aussi s’engager pour la communauté. C’est comprendre que sa propre expérience vécue constitue une expertise unique, indispensable pour concevoir des solutions pertinentes. C’est aussi prendre la parole, non pas pour raconter sa souffrance, mais pour partager ses réussites, brisant ainsi les préjugés et inspirant l’entourage, entendant ou malentendant.


C’est autour de ces réflexions et de parcours inspirants que FoRom écoute vous invite à échanger lors de son prochain congrès annuel. Comment passer de la résignation à l’action? Comment trouver les ressources en soi pour aller de l’avant? Ces questions et bien d’autres seront au cœur de nos discussions le samedi 30 mai 2026. Nous y accueillerons des interventions diverses mettant en lumière cette dynamique d’action: du monde professionnel à l’engagement citoyen, en passant par la culture et le soutien par les pairs.

Si ce sujet résonne en vous, rejoignez-nous pour cette journée d’échange et d’inspiration.


Rendez-vous le samedi 30 mai 2026, de 9h15 à 16h, à Lausanne: cliquez ici pour en savoir plus et vous inscrire



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Photo: Sierra Koder sur Unsplash

5 mai 2026

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Actualités

La malaudition est un handicap: rejoignez le mouvement pour l’inclusion le 2 mai à Zurich

Quand le mot «handicap» est prononcé, ce sont immédiatement les limitations visibles qui viennent à l’esprit. Pourtant, la malaudition est un handicap bien réel, qui impacte quotidiennement des milliers de personnes. FoRom écoute, qui s’engage pour la reconnaissance des besoins des personnes malentendantes, soutient la grande manifestation nationale pour l’égalité et l’inclusion.


Une marche historique


Le 2 mai 2026, le centre-ville de Zurich accueillera une forte mobilisation. Une manifestation nationale réunira personnes en situation de handicap, familles, alliés et organisations pour réclamer l’égalité des droits et une participation pleine et entière dans la société, la politique, la culture, l’éducation, le sport et toutes les sphères de la vie.


L’objectif est clair: briser les barrières – visibles et invisibles – dans tous les domaines. Il ne s’agit pas seulement de demander des aménagements, mais d’exiger une inclusion systémique qui permette à chacune et chacun de vivre sa citoyenneté sans entrave.


FoRom écoute est solidaire d’inclusion360 et d’Agile


Cet événement est organisé par inclusion360, en collaboration avec un collectif de personnes en situation de handicap. Le mouvement bénéficie du soutien d’une trentaine d’associations, dont Agile, la faîtière suisse des organisations d’entraide et d’autoreprésentation de personnes avec un handicap.


En tant que membre solidaire d’Agile, notre fondation tient à réaffirmer son engagement à ses côtés. Cette contribution traduit notre ferme volonté de porter la voix des personnes malentendantes au cœur du débat public.


Comment agir, à Zurich ou depuis chez soi?


Bien que nous n’organisions pas de délégation officielle pour Zurich, nous encourageons vivement toutes les personnes sensibles à cette cause à rejoindre la manifestation si leur situation le permet. Vous trouverez plus d’informations sur le site web d’Agile.


Si vous n’êtes pas en mesure de vous déplacer, votre soutien reste précieux et indispensable:

  • Parlez-en autour de vous: la sensibilisation commence dans les cercles privés et professionnels

  • Mobilisez les réseaux sociaux: partagez l’information pour donner de la visibilité à ce combat. Chaque publication contribue à normaliser la présence du handicap dans l’espace public

L’objectif est d’envoyer un signal fort: l’inclusion n’est pas une option, c’est une nécessité pour une société plus juste.


Vos histoires donnent de la force à nos actions


La malaudition se vit de mille façons. C’est pourquoi nous lançons une nouvelle fois un appel à témoignages afin de recueillir vos histoires de vie et vos expériences concrètes en tant que personnes malentendantes.


Ces récits sont essentiels pour nourrir nos futures campagnes de communication avec des situations réelles et illustrer la diversité des trajectoires au sein de notre communauté.


Pour partager votre témoignage, écrivez-nous simplement à info@ecoute.ch.


Prolongez la réflexion lors de notre congrès annuel


Il reste des places pour notre Congrès annuel qui se tiendra à Lausanne le 30 mai 2026. Cette édition sera entièrement dédiée aux différentes facettes de l’inclusion des personnes malentendantes: cliquez ici pour découvrir le programme du Congrès et vous inscrire.



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Image de couverture: source www.inclusion360.ch

28 avr. 2026

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Point fort

Handicap et vie en société: le regard éclairant d’Alexandre Jollien pour FoRom écoute

Après nous avoir honorés de sa présence lors du Gala de charité en début d’année, le philosophe et écrivain Alexandre Jollien sera à nouveau parmi nous le 30 mai 2026, à l'occasion de notre Congrès annuel. Retour sur une intervention inspirante et aperçu d’une rencontre à ne pas manquer.


Un Gala sous le signe de la solidarité et de la joie


En ce début d’année 2026, la Table Ronde de Lausanne a organisé un Gala de charité en faveur de notre fondation. Au-delà de la collecte de fonds, cette soirée nous a permis de partager un moment de grande qualité avec la nonantaine de personnes présentes, autour d’une intervention marquante d’Alexandre Jollien.


S’appuyant sur l’enseignement du maître du bouddhisme tibétain Trungpa, le philosophe romand a décrit la voie spirituelle comme un double chantier. Le premier est collectif: bâtir une société solidaire et éveillée qui ne laisse personne sur la touche. Une mission qui résonne parfaitement avec l’action quotidienne de FoRom écoute, car nous croyons fermement que l’inclusion se construit à plusieurs voix: le travail des institutions, des acteurs politiques et des organisations telles que la nôtre, mais aussi l’engagement direct des personnes malentendantes elles-mêmes – dont plusieurs viendront d’ailleurs témoigner lors de notre prochain Congrès.


Le second chantier évoqué par Alexandre Jollien est intérieur: il s’agit de se libérer par le détachement. Il invite à pratiquer la «non-fixation», c’est-à-dire à laisser passer les émotions sans s'y accrocher, car il n’y a «rien de pire», explique-t-il, que de «s'enliser dans l'immobilisme» face à la souffrance. Il a également souligné notre dimension politique inhérente: «L'être humain ne saurait être heureux seul dans son coin». Dans une société où tout va très vite, il nous a lancé un défi joyeux: «Ralentir, tendre l'oreille, écouter, suivre la boussole de notre cœur […] pour cesser de vivre, comme dirait Kafka, dans une espèce de carnaval social».


Congrès 2026: vivre avec ses singularités et s’épanouir dans la société


Nous aurons la chance de recevoir à nouveau Alexandre Jollien le 30 mai 2026, cette fois-ci dans le cadre de notre Congrès annuel, dont l’édition 2026 est dédiée aux différentes facettes de l’inclusion des personnes malentendantes.


Son intervention, intitulée «Devenir soi-même, trouver sa place en société, s'épanouir», promet d’être un temps fort de réflexion. Il explorera la tension entre la singularité de chacun·e et notre besoin vital de lien. Comment assumer sa différence dans une société de performance où la comparaison fait des ravages? Comment, à l’instar de Spinoza, «bien faire et se tenir en joie» malgré les épreuves?


Nous comprendrons alors comment, malgré la réalité du handicap, on peut vivre de manière épanouie, «créer des ponts» et apporter sa contribution à la société. Porté par cet esprit d’émancipation et d’engagement collectif, ce message saura interpeller chaque participant·e, personne malentendante ou alliée.


Participez à une journée d’échanges et d’inspiration


Le Congrès de FoRom écoute est bien plus qu’une conférence. C’est une journée complète articulée autour de témoignages et de dialogues. Aux côtés d’Alexandre Jollien, nous aurons le privilège d’accueillir:

  • Monsieur Pierre-André Page, Président du Conseil national

  • Dre Hélène Cao Van, Médecin adjointe au Service ORL des HUG

  • Plusieurs personnes malentendantes qui partageront leur engagement et leur parcours de vie


Ces rencontres sont des occasions uniques d’enrichir sa compréhension du handicap et de tisser des liens. Venez échanger, vous inspirer et contribuer à faire avancer l’inclusion!


Date: 30 mai 2026, de 9h15 à 16h

Lieu: Lausanne

Informations et inscriptions: cliquez ici pour en savoir plus et vous inscrire



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Photo: Aurélie Felli

21 avr. 2026

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Dans les cantons

«Elle entend pas la moto»: un documentaire intime à découvrir

Le 25 avril 2026, FoRom écoute invite son public à une projection gratuite et sous-titrée du documentaire de Dominique Fischbach au cinéma Bellevaux à Lausanne. Un après-midi pour partager un regard sensible sur les défis liés aux handicaps auditifs, la résilience et les liens familiaux.


Pendant plus de vingt-cinq ans, la réalisatrice Dominique Fischbach a suivi le parcours de Manon, une jeune femme sourde, et de sa famille. Le résultat est un documentaire bouleversant de justesse, tissé d’images d’archives et de scènes de vie quotidienne. Loin des clichés, «Elle entend pas la moto» nous plonge dans l’intimité d’un parcours marqué par la résilience, interrogeant notre propre regard sur la différence et l’inclusion.


Un moment de culture partagé et accessible


Cette séance crée un espace dans lequel vivre une expérience cinématographique commune et un temps d’échange pour mieux comprendre les réalités vécues par les personnes sourdes et malentendantes.

La projection s’inscrit dans la dynamique des nombreuses initiatives de FoRom écoute, en Suisse romande et au-delà, pensées pour favoriser l’accessibilité culturelle pour toutes et tous: de la gratuité des billets aux solutions techniques, comme le sous-titrage pour cette séance.


Les détails pratiques:

  • Quand? Le samedi 25 avril 2026 à 14 heures

  • Où? Cinéma Bellevaux, Lausanne

  • Pour qui? Entrée offerte par FoRom écoute pour une personne malentendante et un·e accompagnant·e


Réservez vite votre place


Les places étant limitées, nous vous encourageons à réserver rapidement: cliquez ici pour accéder à la page d'inscription.



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14 avr. 2026

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Actualités

Cordon tournesol: désormais disponible à tous les guichets CFF

C’est une bonne nouvelle qui est arrivée avec le printemps: après une phase de lancement depuis l’été dernier, le cordon tournesol est maintenant offert dans l’ensemble des centres de voyage CFF de Suisse. Partenaire engagé du projet, FoRom écoute se réjouit de cette extension et vous invite à découvrir comment cet accessoire peut faciliter vos déplacements.


L’été dernier, nous annoncions que les CFF devenaient la première entreprise de transport suisse à introduire le cordon «Sunflower Hidden Disabilities», avec le soutien de notre fondation et de quatorze autres organisations. Après avoir testé le dispositif dans seize guichets pilotes, une étape décisive a été franchie: depuis le 25 mars 2026, plus besoin de chercher le bon guichet, puisque le cordon est disponible gratuitement dans toute la Suisse.


Un accessoire simple pour des voyages plus sereins


Ce cordon au motif de tournesol est un signal reconnu à l’international pour indiquer la présence d’un handicap invisible, tel qu’une perte auditive. Le porter n’est pas une obligation, mais une option: vous pouvez le porter en permanence ou le présenter ponctuellement en cas de besoin, par exemple lors d’un contrôle de billets.


L’initiative porte ses fruits. Une enquête menée par les CFF fin 2025 révèle que 71% des personnes qui l’utilisent en sont satisfaites ou très satisfaites. Pourquoi un tel succès? Parce que cet accessoire change la dynamique: il invite le personnel et les autres voyageurs à faire preuve d’attention, de patience et de compréhension.


Notre engagement: le faire connaître pour qu’il soit utile


Le cordon tournesol ne fonctionne efficacement que si tout le monde en connaît la signification. C’est pourquoi, en tant que partenaires, nous sommes engagés sur deux fronts: encourager toutes les personnes malentendantes à s’emparer de cet outil pour faciliter leurs déplacements, ainsi que sensibiliser le grand public sur les gestes qui font la différence.


Comment se procurer un cordon tournesol?


Rendez-vous simplement à la gare la plus proche et demandez-y un cordon tournesol. Aucune attestation médicale n’est requise et il vous sera remis gratuitement.


Quel comportement adopter avec une personne malentendante?


Si vous apercevez une personne portant ce cordon et constatez qu’elle est malentendante, vous vous demandez peut-être comment réagir. Les besoins sont propres à chacun·e, mais de petites attentions suffisent souvent, par exemple:

  • Capter son attention avant de lui adresser la parole

  • Parler distinctement et bien en face de la personne

  • Faire preuve de patience et répéter si nécessaire

  • Utiliser des gestes et des supports visuels (texte écrit, plan, etc.)

Porter ce cordon ne signifie pas systématiquement avoir besoin d’assistance, mais une proposition attentionnée et un esprit de solidarité transforment souvent le voyage en un moment plus agréable pour toutes et tous.



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9 avr. 2026

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Santé

«C’est au physiothérapeute de s’adapter au patient malentendant»

Physiothérapeute à Lausanne, Joëlle Jaunin est spécialisée dans la prise en charge des patients sourds et malentendants. Retour sur un exercice complexe qui impose de prendre en compte les spécificités de cette patientèle particulière.


La perte auditive représente-t-elle une difficulté supplémentaire pour le physiothérapeute qui prend en charge un patient malentendant ou sourd ?

C’est certain. Le physiothérapeute utilise ses mains pour travailler or, s'il doit par exemple avoir recours à celles-ci pour utiliser la langue des signes afin de communiquer avec son patient, cela devient compliqué. Et la difficulté est similaire pour le patient qui n’a pas besoin de la langue des signes, mais qui lit sur les lèvres. Couché sur la table de physiothérapie, il ne pourra pas entendre ce que lui dit le soignant… C’est d’ailleurs un préjugé courant que de penser que la prise en charge des patients qui oralisent est plus simple, alors qu’ils ont autant besoin d'adaptation à la communication que les sourds qui signent.

Comment vous adaptez-vous à ces difficultés ?

En premier lieu, en s’entendant au préalable avec le patient sur la manière de communiquer. Ensuite, en agençant son cabinet pour ne pas être à contre-jour afin qu’il puisse lire sur les lèvres, en veillant à ce que l'ordinateur ne cache pas mon visage, en ne regardant pas mon clavier pendant que je parle, en ne pas mettant pas de musique de fond quand les patients sont appareillés ne pas parler etc. Il y a ainsi de nombreuses petites mesures à prendre pour que la séance soit la plus confortable possible pour le patient. Et puis, en amont pour la prise de rendez-vous, il faut bien sûr veiller à être joignable en ligne par visioconférence ou par WhatsApp… Le téléphone seul ne suffit pas !

Avez-vous recours à des outils particuliers pour communiquer ?

Oui, j'utilise beaucoup les images et les schémas, je dessine volontiers et j'utilise mon livre d'anatomie plus que pour les patients entendants, puisqu’il s'agit d'un public très visuel. Montrer les éléments sur un dessin, un graphique ou un schéma est beaucoup plus simple et efficace d’autant que qu’il s’agit d’une patientèle dont le niveau en connaissances de base en santé est souvent plus bas que la moyenne.

En plus de la communication, à quoi êtes-vous également très attentive ?

D’une manière générale, la physiothérapie concerne le corps et donc on touche-là à l'intime et encore plus en ce qui me concerne, puisque je pratique aussi la physiothérapie périnéale. De fait, et plus que pour toute autre spécialité, obtenir le consentement explicite du patient est encore plus important. Et ce n’est pas toujours aisé, car souvent des patients sourds ou malentendants déclarent avoir compris les propos du soignant, alors que ce n’est pas le cas. En tant que physiothérapeute, je suis donc très attentive à cette dimension, et même si je connais assez bien la LSF et le monde de la malentendance, je n’hésite pas à prévoir si nécessaire un interprète LSF ou LPC.

Quelles sont les conséquences de toutes ces particularités ?

Le temps consacré aux séances de physiothérapie et à l’éducation du patient, qui est très nettement rallongé! Sur le plan tarifaire et pour les assurances, le physiothérapeute doit donc souvent utiliser une position particulière qui correspond aux situations dites « complexes », avec le critère « difficulté à la communication ». Ce qui n’empêche pas d’ailleurs, de devoir régulièrement argumenter avec les assurances…

Enfin, est-il plus difficile d'obtenir des résultats probants avec les patients malentendants ou sourds?

À partir du moment où on a pris soin de bien d'éduquer le patient et de veiller à ce que la communication soit optimale en lui consacrant le temps qu'il faut pendant les séances, on obtient évidemment des résultats identiques. En revanche, il arrive que l’on mette beaucoup plus de temps à obtenir des résultats, parce que ces patients viennent souvent consulter beaucoup plus tard que les autres, en raison des difficultés d’accès aux soins qu’ils rencontrent.

27 mars 2026

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Dans les cantons

Les séances du Grand Conseil genevois sont accessibles au public malentendant

Depuis des années, les débats parlementaires du Grand Conseil genevois sont sous-titrés et traduits en langue des signes en direct. Une prouesse technique assurée par la société Swiss TXT.


Voici une démarche d’inclusion politique et citoyenne qui mérite d’être saluée. Depuis 2020, en effet, les malentendants et sourds genevois peuvent suivre en direct les séances et débats – parfois animés - de leur Grand conseil, grâce à une retranscription en langue des signes et à un sous titrage en temps réel.

« Le projet de retranscription en langue des signes ainsi que le sous-titrage des séances a démarré par un projet de loi datant de 2017 et qui visait à donner une base légale au soutien financier accordé à la chaine locale Léman bleu, explique Laurent Koelliker, sautier du Canton de Genève. C’est lors des débats qu’un député a souhaité élargir le projet de loi à la mise en place de mesures d’accessibilité pour les personnes sourdes et malentendantes ».

Appel d’offres

Adopté en mars 2017 par 52 voix contre 36, le projet de loi de financement général de la chaîne Léman Bleu est ainsi entré en vigueur deux mois après, et avec lui les mesures prévues pour les personnes ayant une perte auditive. « Le secrétariat du Grand conseil est aussitôt entré en contact avec les associations représentatives pour évaluer ce qu’il était possible de faire, se souvient Laurent Koelliker. Au départ, c’était l’option d’avoir sur place une personne qui gèrerait la traduction en langue des signes qui avait été retenue. Elle a ensuite été abandonnée en raison de sa complexité, au profit d’une traduction LSF et d’un sous-titrage en direct à distance».

Aussitôt, un appel d’offres est opéré, remporté par la société Swiss TXT, filiale de la SSR et qui assure ainsi depuis le début, l’importante logistique imposée par ce mandat un peu particulier. Au total, une vingtaine de personnes entre Zurich et Genève, comprenant des techniciens, des interprètes LSF, ainsi que sous-titreurs professionnels, gèrent et organisent l’accessibilité pour les sourds et malentendants, lors des 10 sessions annuelles du Grand conseil genevois, chacune d’elle durant… 2 jours entiers.

Un défi : le direct !

« Pour moi, le principal défi est la transmission en direct et c’est vraiment une grande responsabilité, car tout doit fonctionner parfaitement, explique Liliane Martignetti-Blanco, responsable Retranscription et nouveaux projets chez Swiss TXT, qui ajoute : et si tout cela fonctionne, c’est vraiment grâce à l’excellent collaboration et implication des différents services chez nous, mais aussi au niveau du Grand conseil».

A chaque session, un signal depuis la salle du Grand conseil envoie images et sons, qui sont ensuite traduits par des interprètes en langue des signes eux-mêmes filmés en studio. Les images obtenues sont ensuite renvoyées en temps réel sur le site internet du Grand conseil, via une solution intitulée Accessible Player qui permet également de renvoyer le sous-titrage.

« Au moins une dizaine de personnes assurent le tournus pour assurer le sous-titrage en direct, via la technique du re-speaking. C’est une activité qui demande d’excellents réflexes ainsi que de vraies qualités techniques, en raison des procédures propres liées au Grand conseil, et qu’il faut connaître, ajoute Liliane Martignetti-Blanco, qui complète : « Et à ce stade, le travail n’est pas terminé, car une fois le direct assuré, c’est la post-production qu’il faut garantir, de sorte que la traduction LSF et le sous-titrage puissent continuer à être accessibles par la suite en replay ».

300'000 francs

Chaque année, le Grand conseil consent la coquette somme de 300'000 francs pour garantir l’accessibilité des débats au public sourd et malentendant. « Malheureusement, nous ne disposons pas de statistiques permettant d'évaluer le nombre de personnes qui profitent de ce service, déplore le sautier Laurent Koelliker. Mais il est clair que le choix du Grand conseil de garantir ces retranscriptions était une décision de principe et non fondée sur des considérations pécuniaires. Il s’agit avant tout d’une démarche de service public et d’intégration du plus grand nombre, indépendamment de quelconques critères d’audience »

https://ge.ch/grandconseil/sessions/live/

Le sous-titrage des sessions est également accessible via la chaîne de télévision Léman Bleu.

17 mars 2026

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Portrait

«La première erreur pour un soignant, c’est de penser savoir!»

La prise en charge de patients sourds ou malentendants est un défi pour tout soignant. Les explications de Corinne Béran, psychothérapeute et fondatrice de Boulevard Santé, un lieu unique qui, à Lausanne, réunit des thérapeutes indépendants spécialisés dans la surdité.


A quoi doit être attentif un soignant, lorsqu’il interagit avec un patient sourd ou malentendant ?

Déjà en premier lieu à être accessible ! C’est une dimension cruciale, puisque ces patients doivent commencer par réussir à entrer en contact avec le soignant, à l’atteindre autrement que par un simple appel téléphonique, ce qui n’est pas toujours évident. Cela implique que le soignant puisse recevoir des vidéos en langue des signes, ou être capable d’organiser des appels vidéo qui facilitent la lecture labiale etc.


L’enjeu se situe donc au niveau de la communication !

Évidemment ! Il est impératif que le soignant adapte sa communication aux besoins de ces patients particuliers, et il est même de sa responsabilité de faire en sorte que sa communication soit optimale. Ainsi, j’ai dû non seulement développer mes compétences, en me formant à la langue des signes, en connaissant les spécificités du LPC ou de la lecture labiale etc., mais aussi m’équiper de moyens auxiliaires, comme une ardoise, une boucle magnétique, une application de retranscription sur mon smartphone etc… Il y a aussi la question de la gestion de l'espace pour que le patient soit confortable, en particulier au niveau de l’éclairage, sans oublier, et c’est important en psychothérapie, l’organisation de pauses pour certains, car les séances durent une heure en principe.


Il y autant de profils que de patients sourds et malentendants et qui ont chacun leur spécificité. Comment un soignant peut-il gérer cette diversité ?

Ce que l'on appelle l'anamnèse (ndlr, l’interrogatoire du patient) est très importante, car elle permet de clarifier les choses dès la prise de rendez-vous et d’affiner: savoir si le patient oralise, s’il utilise la langue des signes, se renseigner sur les conditions de survenue de sa perte auditive. Et en réalité, il s’agit d’un processus d’adaptation réciproque entre le patient et son soignant.


Selon vous, quelles sont les erreurs à ne pas faire lorsqu’on prend en charge un patient sourd ou malentendant ?

La première erreur, c'est de penser savoir, parce que la prise en charge d’une personne sourde profonde qui oralise est très différente de celle d'une personne avec une surdité moyenne mais acquise tardivement… En outre, pour les personnes qui oralisent, il faut éviter d’articuler de manière exagérée, de parler très fort ou de cacher sa bouche, ce qui interfère avec la lecture labiale. Enfin, une erreur courante est de croire que dès lors qu’un patient est accompagné par un interprète LSF ou un codeur LPC le message est forcément compris.


Justement, beaucoup de patients sourds ou malentendants n’osent pas avouer qu’ils n’ont pas compris…

Il y a des techniques pour vérifier que le message est bien passé, comme d’utiliser des supports visuels ou demander au patient de réexpliquer ce qu’on lui a dit. Il faut toujours partir du principe que ce qui nous paraît évident ne l'est pas forcément pour la personne en face, d'autant que comprendre les mots qu’un soignant prononce n’implique pas forcément d’avoir intégré le sens profond de son message.


D’une manière générale, le personnel médical et soignant est-il suffisamment formé ou sensibilisé à la question de la perte auditive ?

Quelques heures de formation-sensibilisation aux spécificités du handicap auditif sont dispensées en médecine, et au CHUV, cette dimension est abordée via une sensibilisation dispensée par Unisanté aux soignants et au personnel administratif. Mais tout cela reste des interventions ponctuelles. C'est un début, c'est mieux que rien, mais il reste clairement beaucoup à faire !


Venons-en aux spécificités de la psychothérapie. En quoi le travail d'un psychothérapeute spécialisé avec les personnes sourdes ou malentendantes est-il plus complexe ?

Il faut être conscient que lorsqu'on traite des traumatismes, le corps fait partie de la prise en charge et suivant l'émotion qu’il ressent, le patient aura tendance à se replier sur lui-même, à détourner le regard, ou à se cacher le visage, etc. L'enjeu est donc de rester en lien avec la personne qui est débordée émotionnellement, alors que la communication visuelle est également coupée, ce qui représente une vraie difficulté… En plus de cela, le psychothérapeute doit être conscient de ce qu’implique la surdité dans un monde d’entendants, de la fatigue et de la frustration que cela peut représenter au quotidien pour ses patients qui d’ailleurs tendent parfois à la banaliser. Et quand on échange durant une heure avec un patient, cette dimension est vraiment importante.


Y a-t-il d’autres dimensions à prendre en compte ?

Bien sûr ! Il est important de connaître l'histoire de la surdité en Suisse mais aussi de connaître le contexte socioculturel et familial dans lequel s'inscrit le patient pour mieux pouvoir comprendre ce qu'il ressent. Enfin, il faut bien connaître le réseau de la surdité pour pouvoir l’orienter si besoin vers des professionnels qui connaissent les spécificités de la surdité et puissent le prendre en charge en toute sécurité.

9 mars 2026

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Actualités

La surdité cachée, un mal peu connu et difficile à diagnostiquer

Il est tout à fait possible de souffrir de surdité alors que les examens audiométriques sont parfaitement normaux. Explications sur ce qui n’est un paradoxe qu’en apparence.


Les professionnels de l’audition la connaissent bien, mais le grand public bien moins. Saviez-vous que vous pouvez souffrir de surdité cachée ? En clair, présenter une perte auditive, alors que votre audiogramme – examen de référence s’il en est –, est tout à fait normal.

« Ce type de surdité ne peut pas être détecté par les examens auditifs usuels, ce qui pour les médecins représente un véritable défi clinique et diagnostique, explique un ORL genevois. En général, les patients consultent parce qu’ils éprouvent des difficultés à entendre en milieu bruyant, avec parfois, mais pas toujours des acouphènes, de l’hyperacousie ou même une vraie fatigabilité auditive. Et jusqu’à il n’a pas très longtemps, on les renvoyait chez eux dès lors que leur audiogramme était tout à fait normal ».

Découverte récente

De découverte récente, la surdité cachée est une pathologie qui n’est pas liée à une atteinte de l’oreille interne – les cellules ciliées sont tout à fait intactes – mais du nerf auditif, plus particulièrement au niveau des connexions synaptiques avec l’oreille interne. Il s’agit donc plus d’une atteinte neurologique que d’une atteinte de l’appareil auditif proprement dit.

De fait, la seule manière de la diagnostiquer est d’avoir recours à des examens très spécialisés dont l’objectif est de détecter des anomalies qui seraient passées inaperçues avec les examens standards : potentiels évoqués auditifs, électro-cochléographie, audiométries tonale et vocale etc.

« Il faut avoir recours à ces examens lorsqu’un patient se plaint de manière prolongée de difficultés à entendre dans le bruit, alors que les examens usuels n’ont rien objectivé, explicite l’expert. Et c’est d’autant plus recommandé qu’il a dans son histoire médicale des antécédents d’exposition excessive au bruit. »

Causes inconnues

Si les causes de la surdité cachée ne sont pour l’heure pas clairement établies, on sait en revanche en effet que les traumatismes sonores répétés peuvent la favoriser, en fragilisant les fibres nerveuses. Sont d’ailleurs ainsi plus fréquemment atteintes, un certain nombre de professions à haut risque sonore, comme les musiciens, les travailleurs dans le bâtiment ou l’industrie.

D’autres facteurs favorisant l’apparition d’une surdité cachée ont également été identifiés : le vieillissement qui provoquerait une dégénérescence des fibres nerveuses, la concomitance avec des maladies inflammatoires chroniques, mais aussi avec du diabète, ou un taux élevé de cholestérol, ou encore le recours à certains médicaments oto-toxiques etc.

La prise en charge et le traitement de la surdité cachée constituent enfin un véritable défi pour les médecins, confrontés à des alternatives thérapeutiques limitées. Des recherches sont toutefois en cours, alors que la principale difficulté réside dans la régénération des fibres nerveuses et/ou des connexions synaptiques altérées.

Appareils auditifs

« Chez certains patients, mais ce n’est pas la majorité des cas, on a cependant constaté que le port d’appareils auditifs pouvait améliorer la situation, note notre ORL. Mais d’une manière générale, nous sommes pour l’instant démunis et le seul levier sur lequel nous pouvons actuellement efficacement agir est celui de la prévention. Il est très important surtout pour les jeunes, de bien veiller à contrôler et surtout limiter leur exposition à des niveaux sonores trop élevés ».

2 mars 2026

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Point fort

« L’intelligence artificielle nous permet de faire plus »

Depuis des années, la SSR offre un sous-titrage ciblé et spécifique de ses programmes pour les sourds et les malentendants, financé par la redevance. L’avènement de l’intelligence artificielle améliore considérablement le travail des sous-titreurs et devrait permettre d’atteindre l’objectif de 100% des programmes sous-titrés à l’horizon 2027. Rencontre avec Fabienne Wieser, responsable du sous-titrage pour la Suisse romande.


A la RTS, combien de personnes se consacrent-elles au sous-titrage pour sourds et malentendants ?

Actuellement nous sommes 32. Jusqu’à fin décembre, nous travaillions dans le cadre de la société Swiss TXT, rattachée, à la SSR. Dès lors que Swiss TXT va être dissoute, nous serons pleinement intégrés à la SSR.


Quelle proportion de programmes arrivez-vous à sous-titrer actuellement ?

Actuellement, nous sous-titrons 85% de la totalité de nos diffusions. Pour donner un ordre d’idées, quand j’ai commencé dans mes fonctions il y a 10 ans, nous en étions à environ 50%.


Comment expliquez-vous cette performance ?

C'est clairement l'avènement du re-speaking qui a permis d’atteindre ce taux. Il s’agit d’une technologie de sous-titrage qui fait appel à la reconnaissance vocale. Le transcripteur entend dans un casque les mots prononcés par le locuteur, il les répète dans un microphone, et la reconnaissance vocale affiche le texte dans le logiciel ad hoc. Ensuite, il corrige les éventuelles erreurs et surtout reformule et synthétise le texte sans dénaturer le propos…


Ce que les sourds et malentendants voient à l’écran n’est donc pas une retranscription mot à mot…

Non, notre mission est de proposer un sous-titrage spécifique et ciblé pour les malentendants. La restitution d’un simple verbatim conduirait à un texte plus difficilement compréhensible.


Venons-en à l'arrivée de l'intelligence artificielle. Celle-ci permet-elle de faire plus vite, moins cher, et mieux ?

Plus vite c’est sûr, moins cher, sans doute. Mais mieux, cela dépend surtout du type de programme que l’on veut sous-titrer…


Comment utilisez-vous l'IA aujourd'hui ?

Pour le sous-titrage d'une émission pré-produite, c'est-à-dire enregistrée en avance, comme les documentaires, les entretiens, etc., l'intelligence artificielle convient bien et donne un rendu de qualité, même s’il nous revient ensuite de faire des corrections et de calibrer le texte pour qu’il réponde aux besoins des personnes sourdes et malentendantes : il manque en effet les couleurs, les tirets qui indiquent le changement de personnes qui parlent etc… En revanche, les émissions plus complexes mais aussi le direct, requièrent une intervention humaine plus importante.


Le recours à l’intelligence artificielle est donc une aide précieuse ?

Sans aucun doute. Il s’agit en fait d’une béquille qui nous permet d'aller plus vite dans le travail de sous-titrage de certaines émissions, ce qui nous permet de libérer du temps pour nous impliquer dans de nouvelles tâches, comme par exemple l'audiodescription en direct pour les personnes aveugles, qui est en pleine croissance.


Finalement, la vivez-vous comme une concurrente ?

A l’époque, quand le re-speaking est arrivé, on a entendu les mêmes craintes chez Swiss TXT. Finalement, on s'est rendu compte que grâce à cette technologie, on pouvait faire plus. C’est la même chose pour l'intelligence artificielle, qui est une occasion de produire davantage de contenus sous-titrés, l’objectif légal étant de parvenir à 100 % des programmes à l’horizon 2027.


Vous n’allez donc pas disparaître ?

Tout dépend de la qualité de sous-titrage que l'on attend. Si l'on veut quelque chose de spécifique et de qualitatif pour les sourds et les malentendants, une intervention humaine sera à mon avis toujours nécessaire. Les interprètes au sens large font d’ailleurs face à la même problématique.

16 févr. 2026

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