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Point fort

Comprendre sans tout entendre: la lecture labiale, une compétence qui s’acquiert

Dans le brouhaha d’un restaurant, lors de conversations en groupe ou lors de réunions professionnelles, une personne malentendante peut facilement perdre une partie des échanges. Si les appareils auditifs ou les implants cochléaires aident, ils ne restituent pas toujours les sons de manière nette. C’est ici qu’intervient la lecture labiale. Loin d’être une capacité innée, il s’agit d’une compétence précise qui s’acquiert et se perfectionne par la pratique.


Bien que l’on dise couramment qu’il s’agit de «lire sur les lèvres», l’exercice consiste en réalité à observer un ensemble de mouvements qui fournissent une multitude d’indices visuels: le dessin formé par les lèvres, bien sûr, mais aussi la position de la langue et le degré d’ouverture de la bouche. Pourtant, cette observation ne suffit pas toujours, car certaines syllabes se ressemblent terriblement, comme «pa», «ba» et «ma», pour ne citer qu’un exemple.


Décoder ce qui est visible et invisible


Au-delà de la reconnaissance des images produites par la bouche selon les différents sons, l’enjeu de l’apprentissage consiste aussi à apprendre à combler ces ambiguïtés. Pour y parvenir, le cerveau opère un travail formidable de reconstitution, par ce que l’on nomme la «suppléance mentale». Il s’appuie sur le contexte de la phrase, la logique du discours et les résidus auditifs pour assembler les fragments et retrouver le sens global. Ainsi, l'apprentissage consiste à affiner la reconnaissance des indices visuels de la parole et à développer les capacités d’interprétation, afin de rendre la compréhension plus rapide, plus efficace et moins fatigante.


Un accompagnement structuré et accessible


Acquérir ces compétences demande un guidage. C’est l’une des missions que nous nous sommes donnés à la fondation FoRom écoute. Chaque année, nous finançons et coordonnons environ 600 heures de cours collectifs, dispensés dans une quinzaine de villes romandes par treize enseignantes spécialisées dont notre fondation a financé la formation spécifique en lecture labiale. Ce soutien permet aux participant·e·s d’accéder à cet apprentissage quels que soient leurs moyens financiers, puisque seule une contribution symbolique leur est demandée.


Ces cours sont dispensés sous forme de cycles de 10 séances hebdomadaires ou mensuelles de 2 heures, en petits groupes de 5 à 7 personnes. Cette taille réduite permet aux participant·e·s de bénéficier d’un suivi individualisé, tout en profitant de la dynamique de groupe et des échanges entre pairs. Car au-delà de la technique et des méthodes, il s’agit aussi de rompre l’isolement et de prendre sa place dans les conversations. Un participant le confirme: «J’acquiers de nouvelles compétences et je retrouve confiance en moi dans un climat amical».


Une pratique à vivre au quotidien


Cette offre, destinée aux adultes, est actuellement déployée à Genève, Lausanne, Vevey, St-Maurice, Martigny, Bulle, Bienne, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Porrentruy, Delémont, Vicques et Moutier *. Entre les séances, les participant·e·s poursuivent leur apprentissage dans leurs interactions courantes. Nous les y encourageons, car l’articulation varie d’une personne à l’autre par de subtiles nuances: multiplier les expériences avec divers interlocuteurs permet donc de progresser plus rapidement.


La lecture labiale complète ainsi utilement les prothèses auditives les plus efficaces, comme en témoigne l’une de nos participantes: «En milieu bruyant, j’arrive désormais à suivre la discussion». Une belle victoire!



* La liste des villes dans lesquelles des cours sont disponibles peut évoluer. Nous vous recommandons de consulter la page «Cours de lecture labiale» pour plus de détails sur les cours actuels, ainsi que pour trouver les contacts utiles selon votre région.



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Photo © Sébastien Monachon

30 juin 2026

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Santé

Et si le bonheur tenait au chant des oiseaux?

Des études récentes le confirment: écouter les oiseaux apaise et remonte le moral. Pour profiter de ce bienfait, encore faut-il pouvoir entendre ces mélodies aiguës et subtiles. Or, souvent, avec une perte auditive qui s’installe progressivement, notre monde sonore s’appauvrit sans que nous n’en ayons conscience, nous privant de ces petites choses qui nous font du bien.


Selon un communiqué de la Station ornithologique suisse de Sempach, relayé par RTS info la semaine dernière, plusieurs recherches scientifiques confirment le lien entre la présence d’oiseaux et notre santé mentale. Une étude révèle par exemple que se promener durant 30 minutes dans un parc urbain en écoutant le chant des oiseaux suffit à réduire le taux de cortisol (hormone du stress) de près de 40%, tout en augmentant les émotions positives et en faisant baisser la tension artérielle. D’autres travaux montrent que vivre dans un environnement riche en diversité d'oiseaux augmente significativement la satisfaction de vie, procurant un bonheur dont l'intensité équivaudrait à celle d'une augmentation de salaire.


Quand le chant s'efface progressivement


Il n’est pourtant pas donné à tous de percevoir ces mélodies. La presbyacousie, perte auditive liée à l'âge, touche prioritairement les fréquences aiguës, précisément là où se niche l'essentiel du répertoire des oiseaux. En plus de la hauteur du son, c'est aussi la capacité à discerner la complexité des trilles et la rapidité des modulations qui s'érode, rendant le chant indistinct. Le piège réside dans la progressivité de cette baisse: on s’y habitue sans prêter attention au fait que nos balades semblent de plus en plus calmes et les oiseaux toujours plus rares.


Cela touche aussi les personnes déjà appareillées dont l'audition a évolué sans qu'elles ne réalisent la nécessité de réajuster leur dispositif, les privant peu à peu de cette connexion à la nature.


Des témoignages qui parlent d’eux-mêmes


Au-delà des données scientifiques, le plaisir que procure le chant des oiseaux relève d'une certaine évidence. Deux intervenantes du récent congrès annuel organisé par notre fondation FoRom écoute ont en effet spontanément mentionné leurs expériences à ce sujet. La première, malentendante de naissance, a décrit la surprise et le bonheur intense ressentis lorsque, appareillée pour la première fois passé la quarantaine, elle a découvert ces sons pour la première fois. Elle accédait alors à un monde qu’elle ignorait jusqu’alors. La seconde, dont la perte auditive s’est installée progressivement, a partagé l'émotion de retrouver ces mélodies oubliées.


Prendre soin de son audition pour préserver son paysage sonore


Ces récits rappellent à quel point les capacités auditives sont précieuses. Le dépistage et le port d’aides correctement ajustées ne sont pas de simples actes médicaux et techniques, mais les clés qui redonnent sa couleur et sa richesse à la vie quotidienne.


L’une des intervenantes a également rappelé l’importance de protéger son ouïe en portant des bouchons d’oreille ou autres protections auditives, soulignant que cela concerne aussi bien les personnes malentendantes que celles dont le capital auditif est intact.


Veiller à son audition, c'est finalement se donner les moyens de ne rien perdre de ces petites joies du quotidien, pour une vie plus douce et plus connectée. C’est une attention qui en vaut vraiment la peine.



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Photo: James Wainscoat sur Unsplash

23 juin 2026

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Actualités

Les gilets haute visibilité pour mieux évoluer dans l’espace public

Produits l’année dernière à la demande directe des personnes malentendantes, nos gilets haute visibilité répondent à un double enjeu: plus de sécurité et plus d’harmonie dans l’espace public.


Sursauter lorsqu’une trottinette nous double soudainement ou subir l’agacement des cyclistes qui ne comprennent pas notre absence de réaction malgré l’alerte insistante de la sonnette: ces scénarios sont familiers à de nombreuses personnes malentendantes. La multiplication des trottinettes et des vélos a accru ces problématiques lorsque les voies de circulation sont partagées avec les piétons. Pour contrer ces difficultés, FoRom écoute offre gratuitement des gilets haute visibilité conçus pour la communauté malentendante.


Un principe simple et efficace


Notre gilet, jaune fluo, arbore un pictogramme signalant la malaudition. Il permet d’être vu·e de loin, compensant l’impossibilité d’entendre l’approche d’un véhicule par derrière. Les retours des utilisatrices et utilisateurs sont clairs: l’accessoire rassure, renforce la sécurité et évite les incompréhensions, ainsi que les potentiels conflits. Ces gilets sont disponibles gratuitement pour toute personne malentendante intéressée en nous écrivant à info@ecoute.ch.


De la sécurité à l’inclusion


La question de la visibilité dépasse le seul cadre de la sécurité sur les trottoirs, routes et chemins. Elle touche à l’inclusion sociale et à la qualité de vie de manière plus large. Comme discuté lors du congrès annuel de FoRom écoute le 30 mai dernier, se rendre visible facilite grandement les échanges au quotidien.

Porter un signe distinctif – qu’il s’agisse d’un gilet, d’un badge, d’une prothèse auditive assumée ou encore d’un cordon tournesol – évite d’avoir à «raconter sa vie à chaque nouvelle interaction», comme en a témoigné l’une des intervenantes. D’autres témoins ont relevé que l’attitude des interlocuteurs change immédiatement, passant parfois de l’incompréhension, voire du jugement ou de l’agacement, à plus de bienveillance et de patience.


Visibilité et prudence: trouver le juste équilibre


Si le consensus au sein de la communauté est que la visibilité est essentielle, une nuance importante a été soulevée lors des débats du congrès. Une participante a relaté s’être fait voler des affaires dans son sac dans les transports, soupçonnant que le badge «malentendant» apposé sur celui-ci ait pu rassurer les voleurs sur son incapacité à percevoir leurs gestes.


Ce témoignage invite à une prudence élémentaire, valable d’ailleurs pour tout un chacun dans les lieux bondés: se rendre visible ne doit pas signifier se rendre vulnérable. Il s’agit de garder un œil vigilant sur ses objets de valeur, tout en profitant des avantages sociaux et sécuritaires que procure le fait d’être identifié.



➡️ Pour aller plus loin sur le sujet de la visibilité du handicap auditif, nous vous invitons à consulter d’autres articles parus récemment dans notre magazine en ligne:



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16 juin 2026

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Actualités

Congrès 2026: inclusion, action et joie de vivre

Pour cette 25e édition, FoRom écoute a fait le choix de placer la parole des personnes concernées au cœur des échanges. Le traditionnel congrès s’est mué en un laboratoire d’idées vivant, où les vécus individuels sont devenus une ressource collective, insufflant une énergie palpable. Retour sur une journée où l’inclusion s’est vécue, partagée et célébrée.


Une centaine de personnes malentendantes se sont réunies le 30 mai dernier pour le congrès annuel de FoRom écoute. Le mot d’ordre? Une inclusion réelle, concrète, qui doit se vivre partout: dans la vie sociale, familiale, professionnelle, culturelle, sportive et citoyenne.


Plus de témoignages, plus de pouvoir d’agir


Comme l’a souligné Laurent Huguenin dans son mot de bienvenue: «Notre rôle n’est pas de faire à votre place, mais de vous donner des outils, des repères, et surtout la possibilité de reprendre la main sur votre parcours.»


Pour traduire cette vision en actes, le format 2026 a accordé une place importante aux témoignages de personnes malentendantes. Loin d’être des récits centrés sur les difficultés, ces interventions ont été conçues comme des leviers d’action. D’Anne et Sylviane, qui ont partagé leur chemin vers l’acceptation et la «suradaptation» transformée en force, à Jean-Bernard, pionnier de l’engagement associatif et professionnel, en passant par les révélations tardives mais lumineuses de Marlène et Caroline: chaque histoire a résonné comme une preuve qu’il est possible de «prendre le pouvoir» sur sa vie.


Les interviews croisées ont permis de confronter les générations et les parcours, faisant émerger des conseils pratiques: oser demander des adaptations, choisir le bon audioprothésiste, utiliser la technologie (comme Auracast, expérimentée en direct lors du congrès sous la supervision de notre consultante audioprothésiste) ou encore simplement porter son handicap de manière visible, accessoires à l’appui.


Une alchimie unique pour parler de philosophie


L’inclusion ne se limite bien sûr pas aux outils. Elle passe aussi par le regard des autres et par le travail sur soi. Pour aborder cette dimension, le philosophe et écrivain Alexandre Jollien nous a fait la surprise de partager la scène avec Bernard Campan, l’acteur et ami avec lequel il a tourné le film Presque.


Les deux complices ont livré un dialogue à la fois profond et vivant, ponctué d’anecdotes et d’humour, pour illustrer comment «devenir soi-même» et transformer sa différence en une force de lien. Ce duo inattendu a cristallisé l’esprit de la journée: une inclusion joyeuse et partagée.


Une énergie qui porte vers l’avenir


Les premiers retours ont été unanimes: l’objectif est atteint. Les participantes et participants ont emporté avec eux une inspiration nouvelle. «Un grand merci pour cette journée, riche en expériences!» s’est exclamée l’une des participantes ayant pris la parole lors des panels. Une autre participante abonde: «Les expériences et les partages étaient riches et pertinents. J’ai eu beaucoup de plaisir à y assister.»


L’émotion était également au rendez-vous: «J’ai ressenti beaucoup d’émotions diverses et variées en entendant ces témoignages poignants et la parole précieuse de notre philosophe national. Encore merci pour l’organisation de cette belle rencontre.»


Pour aller plus loin et se revoir l’an prochain


Pour celles et ceux qui souhaitent revivre ces moments ou partager les interventions avec leur entourage, les vidéos du congrès seront prochainement mises en ligne sur la chaîne YouTube de FoRom écoute.


Enfin, notez déjà dans vos agendas la date de notre prochain grand rendez-vous: le 26e congrès annuel de FoRom écoute se tiendra le samedi 29 mai 2027 à Lausanne.



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Photo: Sebastien Monachon

9 juin 2026

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Point fort

Rapport d’activités 2025: une année d’actions pour l’accessibilité et l’inclusion

Le rapport d’activités 2025 de FoRom écoute est désormais disponible. Ce document retrace une année marquée par une activité soutenue au service des personnes malentendantes. Entre renforcement de l’accessibilité auditive, soutien au développement de l’autonomie et consolidation des liens sociaux, nous avons une nouvelle fois confirmé notre rôle de centre de compétences et d’organisation de référence pour la communauté des malentendants.


Accessibilité auditive et technologies de pointe


Nous avons maintenu une priorité forte sur l’accès aux aides auditives. Grâce à un réseau incluant donateurs et audioprothésistes bénévoles, notre programme d’appareils reconditionnés a permis à de nombreuses personnes en situation de précarité de s’équiper gratuitement. Face à l’importance de la demande, nous avons également mobilisé notre fonds d’aide financière pour l’achat d’appareils neufs.


Côté innovation, nous nous sommes positionnés sur les technologies d’avenir en acquérant du matériel de démonstration Auracast, un système de diffusion audio basé sur le Bluetooth nouvelle génération. Plusieurs organisations nous ont rapidement sollicités pour réaliser des essais concrets.


En parallèle, nous avons poursuivi le déploiement des boucles magnétiques, garantissant une meilleure réception sonore dans les lieux publics et culturels.


Culture, formation et liens sociaux


Nous avons largement facilité l’accès à la culture grâce à nos partenariats, notamment avec le Menuhin Festival Gstaad, le Septembre Musical Montreux-Vevey, l’Opéra de Lausanne et le Théâtre de Vidy.


Sur le plan de l’autonomie, nous avons financé 600 heures de cours de lecture labiale dans une quinzaine de villes romandes. Cette thématique centrale a d’ailleurs été mise à l’honneur lors de notre congrès annuel, qui a réuni plus d’une centaine de participantes et participants. Parallèlement, nous avons innové en créant l’application SmartLip, un outil qui centralise désormais la gestion des cours de lecture labiale, simplifiant les inscriptions et le suivi administratif de ces formations, pour les participant·e·s comme pour les enseignantes.


Nos activités de gymnastique adaptée et les rencontres au sein des amicales ont continué de rompre l’isolement. De plus, la création et distribution de gilets haute visibilité, ainsi que le partenariat avec les CFF pour promouvoir les cordons tournesol, ont participé à améliorer la sécurité et le confort des personnes malentendantes dans l’espace public.


Un modèle économique solidaire et un réseau étendu


Dans un contexte financier exigeant, marqué par l’absence de subventions fédérales, nous avons réalisé des efforts soutenus pour la recherche de fonds, rendant possibles le maintien et le développement de nos prestations. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude envers tous nos donateurs, dont la générosité constitue le socle indispensable de l’existence de notre fondation.


Cette dynamique s’appuie également sur un réseau de collaborations élargi et stratégique. En 2025, FoRom écoute a tissé ou consolidé des liens avec des acteurs variés: chambres de commerce, organisations faîtières et entreprises; institutions de santé et organisations actives dans le domaine du handicap; acteurs culturels; organisations nationales et internationales. Ces partenariats multiples permettent d’amplifier l’impact de nos actions en faveur des personnes malentendantes.


Pour découvrir plus en détail les actions menées tout au long de l’année 2025, étayées par des témoignages de personnes malentendantes, nous vous invitons à consulter le rapport complet:


Télécharger le Rapport d’activités 2025 (PDF)



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26 mai 2026

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Point fort

Concerts et spectacles vivants: des expériences à vivre et à partager

La musique est un langage universel, une source d’émotion capable de transcender les barrières. Pourtant, pour les personnes malentendantes, l’accès aux salles de concert et aux spectacles vivants reste souvent semé d’embûches. Pour briser ces obstacles, des dynamiques vertueuses existent grâce à des partenariats entre acteurs engagés.


Au-delà du concert: le droit à la culture


Participer à une sortie culturelle ne se résume pas à occuper un siège dans un auditorium. Pour une personne malentendante, c’est l’occasion de partager un moment de complicité, de ressentir les vibrations d’un orchestre et de s’immerger dans une atmosphère unique. Trop souvent, la difficulté à suivre les conversations ou à percevoir les sons subtils conduit à un retrait social involontaire. Les spectacles accessibles constituent dès lors une opportunité précieuse pour rompre cette solitude et recréer du lien.


Un partenariat exemplaire avec le Menuhin Festival Gstaad


Pour la quatrième fois, nous renouvelons cette année notre collaboration avec le Menuhin Festival Gstaad. Ce rendez-vous incontournable anime les Alpes bernoises de mi-juillet à début septembre avec plus de 60 concerts classiques et des artistes de renommée internationale. Grâce au soutien généreux d’une fondation donatrice souhaitant garder l’anonymat, nous organisons deux sorties pour les personnes malentendantes, les 15 et 16 août prochains, avec un total de plus de 100 billets offerts.


La force de cette initiative réside dans sa prise en charge globale. En offrant non seulement la gratuité des billets, mais aussi le transport en car depuis Lausanne et l’apéritif dînatoire sur place, nous éliminons les contraintes logistiques pour que les participant·e·s se concentrent sur le plaisir du spectacle et la richesse des échanges. Les retours des éditions précédentes sont unanimes: bien plus qu’une simple sortie, ces soirées deviennent des souvenirs qui restent gravés dans la mémoire.


La technologie au service de l’inclusion


L’accessibilité auditive nécessite des équipements technologiques adéquats. Dans le cadre de ce partenariat, FoRom écoute prend en charge l’installation d’une boucle magnétique dans la Tente du Festival. Ce dispositif permet aux personnes utilisant des appareils auditifs équipés de la position «T» de recevoir le son directement, avec une clarté exceptionnelle et sans les interférences des bruits ambiants.


La présence de telles installations dans les salles n’est pas un luxe, mais une nécessité. Elle garantit une qualité d’écoute fine, permettant de percevoir les nuances des œuvres, du pianissimo d’un solo à la puissance d’un tutti orchestral.


Un réseau de partenaires engagés


Cette opération à Gstaad illustre parfaitement le type d’action que nous menons. Elle n’en constitue cependant qu’une facette. Tout au long de l’année, nous promouvons l’accessibilité culturelle en relayant des offres spéciales et en collaborant avec des institutions majeures telles que le Théâtre de Vidy, le Septembre Musical Montreux-Vevey, ainsi que de nombreuses salles de cinéma et théâtres en Suisse romande.


Grâce à ces partenaires, la culture devient un véritable terrain de rencontre et de partage, même pour les événements les plus prestigieux.



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🎟️ Envie de vous joindre à nous pour le Menuhin Festival Gstaad? Rendez-vous sur la billetterie en ligne pour vérifier si des places sont encore disponibles. La réservation est soumise au dépôt d’une caution.



Photo du chef d’orchestre Alexander Shelley avec le Gstaad Festival Orchestra (GFO), qui se produiront le 15 août 2026, l’une des deux soirées auxquelles auront le plaisir de participer les personnes accompagnées par FoRom écoute. Photo mise à disposition par le Menuhin Festival Gstaad.

19 mai 2026

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Point fort

Malaudition: et si arrêter de se cacher était le premier pas vers l’inclusion?

Avant même de pouvoir agir et revendiquer ses droits, encore faut-il reconnaître sa propre réalité. Pour de nombreuses personnes malentendantes, le premier obstacle à l’inclusion n’est pas l’absence d’aménagements, mais le poids du secret, de la honte ou, plus insidieusement, l’ignorance de son propre état.


Une problématique souvent ignorée ou niée


Parce que la malentendance est parfois déjà présente à la naissance, ou s’installe progressivement, beaucoup de personnes ne réalisent pas qu’elles en souffrent. D’après les témoignages que nous avons récoltés, elles peuvent vivre des années avec une fatigue chronique ou une difficulté à s’intégrer dans un groupe, croyant qu’il s’agit de leur façon d’être. Sans diagnostic, la vie s’organise par défaut autour de limites incomprises et ce n’est souvent que tardivement, lors d’un déclic familial ou professionnel, que le voile se lève: ce n’était pas un trait de caractère, mais une perte auditive non identifiée.


La puissance, et le poids, de la «suppléance mentale»


A l’inverse, pour celles et ceux qui ont conscience de leur handicap, la dissimulation devient parfois une stratégie de défense consciente. Par peur du jugement, de la stigmatisation ou de la perte de leur emploi, ils et elles choisissent de faire «comme si». On sourit quand on n’a pas compris, on acquiesce pour ne pas ralentir le groupe, on devine la suite de la phrase. Les experts appellent cela la «suppléance mentale»: un effort cognitif épuisant pour combler les trous auditifs en temps réels. Si cette technique permet de survivre socialement à court terme, elle isole progressivement. A force de vouloir paraître «comme les autres», on finit par s’exclure soi-même, par épuisement ou en fuyant les situations sociales, appauvrissant ainsi son réseau et ses opportunités.


Le courage de la transparence


Pourtant, l’expérience montre que le tournant décisif se produit souvent lorsque le mot est posé. Dire «je suis malentendant» ou «je suis malentendante», ce n’est pas avouer une faiblesse, mais offrir une clé de compréhension à son entourage. Bein sûr, le chemin n’est pas toujours bordé de roses: certaines personnes rencontrent des incompréhensions, voire des discriminations. Le risque est réel. Mais le silence, lui, mène inévitablement à une impasse. La transparence, au contraire, invite l’autre à adapter son comportement – par exemple parler face à face, s’exprimer à tour de rôle – ce que l’on fait souvent volontiers une fois informé.


Des outils pour sensibiliser l’entourage


Pour faciliter les échanges, des ressources existent. La plateforme www.voirpourcomprendre.ch, soutenue par FoRom écoute, met gratuitement à disposition affiches, marque-pages et articles didactiques. Ces outils aident à sensibiliser l’entourage aux réalités de la malentendance et proposent des bonnes pratiques simples pour fluidifier la communication au quotidien.


La force du collectif


Au-delà des outils, ce sont les rencontres qui débloquent les situations. Rejoindre des pairs, confronter son vécu à d’autres témoignages et échanger avec des professionnel·le·s permet de réaliser qu’on n’est pas seul·e. C’est précisément pour favoriser ces liens et accompagner cette sortie de l’ombre que nous promouvons ou organisons une variété d’événements tout au long de l’année: sorties culturelles adaptées, cours de lecture labiale, congrès annuel et rencontres diverses.


Cette dynamique se poursuit également dans les pages de notre magazine en ligne, où nous publions témoignages, dossiers de fond et informations pratiques.


Votre expérience compte aussi! N’hésitez pas à nous la partager à info@ecoute.ch.



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Photo: Andrew Neel sur Unsplash

12 mai 2026

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Point fort

Inclusion dans la société: quand l’attente laisse place à l’action

Trop souvent, l’inclusion des personnes malentendantes, comme celle des personnes en situation de handicap de manière plus générale, est attendue comme une concession de la société, pilotée par les organisations de défense et les acteurs politiques. Pourtant, la clé d’une véritable inclusion réside ailleurs: dans la capacité des personnes concernées elles-mêmes à sortir de leur réserve pour devenir actrices de leur environnement.


Concrètement, cette dynamique invite à dépasser la posture passive – celle où l’on espère que les institutions combleront les besoins – pour embrasser une approche volontariste. C’est tout l’enjeu de l’«empowerment»: passer du «je subis» au «j’agis». Pour les organisations de défense de la cause, l’enjeu est alors de ne pas faire à la place des personnes, ni de les cantonner à un rôle de bénéficiaires, mais de les encourager et leur fournir les outils pour qu’elles prennent elles-mêmes en main leur destin. L’objectif est de créer une alliance où la personne entreprend et l’organisation facilite.


Cet «empowerment» ou, autrement dit, cette prise de pouvoir sur sa propre vie, devient le moteur de l’inclusion. Il ne s’agit plus de considérer le handicap comme une raison d’attendre une solution externe, mais comme un point de départ pour changer. Transformer son expérience vécue en force d’action: voilà comment les avancées les plus significatives ont souvent vu le jour, portées par celles et ceux qui ont choisi de devenir architectes de leur environnement plutôt que simples occupants. Etre proactif, c’est précisément cela: identifier un obstacle et porter le projet qui le lèvera.


Imaginez une collaboratrice malentendante responsable d’équiper son lieu de travail en systèmes d’aide auditive: en menant ce projet à bien, elle devient un catalyseur de changement pour ses collègues et ses clients. Pensez à cet entrepreneur malentendant qui, fort de son parcours, crée un fonds d’aide pour la génération suivante, en partenariat avec notre fondation: avec cette initiative, il apporte concrètement son soutien à l’intégration des jeunes dans la société. Ce sont des témoignages comme ceux-ci qui redéfinissent le paysage de la malentendance. Ils nous rappellent que l’inclusion n’est pas un don fait par la société, mais une construction commune où chacune et chacun a un rôle à jouer.


Etre proactif, c’est donc aussi s’engager pour la communauté. C’est comprendre que sa propre expérience vécue constitue une expertise unique, indispensable pour concevoir des solutions pertinentes. C’est aussi prendre la parole, non pas pour raconter sa souffrance, mais pour partager ses réussites, brisant ainsi les préjugés et inspirant l’entourage, entendant ou malentendant.


C’est autour de ces réflexions et de parcours inspirants que FoRom écoute vous invite à échanger lors de son prochain congrès annuel. Comment passer de la résignation à l’action? Comment trouver les ressources en soi pour aller de l’avant? Ces questions et bien d’autres seront au cœur de nos discussions le samedi 30 mai 2026. Nous y accueillerons des interventions diverses mettant en lumière cette dynamique d’action: du monde professionnel à l’engagement citoyen, en passant par la culture et le soutien par les pairs.

Si ce sujet résonne en vous, rejoignez-nous pour cette journée d’échange et d’inspiration.


Rendez-vous le samedi 30 mai 2026, de 9h15 à 16h, à Lausanne: cliquez ici pour en savoir plus et vous inscrire



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Photo: Sierra Koder sur Unsplash

5 mai 2026

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Actualités

La malaudition est un handicap: rejoignez le mouvement pour l’inclusion le 2 mai à Zurich

Quand le mot «handicap» est prononcé, ce sont immédiatement les limitations visibles qui viennent à l’esprit. Pourtant, la malaudition est un handicap bien réel, qui impacte quotidiennement des milliers de personnes. FoRom écoute, qui s’engage pour la reconnaissance des besoins des personnes malentendantes, soutient la grande manifestation nationale pour l’égalité et l’inclusion.


Une marche historique


Le 2 mai 2026, le centre-ville de Zurich accueillera une forte mobilisation. Une manifestation nationale réunira personnes en situation de handicap, familles, alliés et organisations pour réclamer l’égalité des droits et une participation pleine et entière dans la société, la politique, la culture, l’éducation, le sport et toutes les sphères de la vie.


L’objectif est clair: briser les barrières – visibles et invisibles – dans tous les domaines. Il ne s’agit pas seulement de demander des aménagements, mais d’exiger une inclusion systémique qui permette à chacune et chacun de vivre sa citoyenneté sans entrave.


FoRom écoute est solidaire d’inclusion360 et d’Agile


Cet événement est organisé par inclusion360, en collaboration avec un collectif de personnes en situation de handicap. Le mouvement bénéficie du soutien d’une trentaine d’associations, dont Agile, la faîtière suisse des organisations d’entraide et d’autoreprésentation de personnes avec un handicap.


En tant que membre solidaire d’Agile, notre fondation tient à réaffirmer son engagement à ses côtés. Cette contribution traduit notre ferme volonté de porter la voix des personnes malentendantes au cœur du débat public.


Comment agir, à Zurich ou depuis chez soi?


Bien que nous n’organisions pas de délégation officielle pour Zurich, nous encourageons vivement toutes les personnes sensibles à cette cause à rejoindre la manifestation si leur situation le permet. Vous trouverez plus d’informations sur le site web d’Agile.


Si vous n’êtes pas en mesure de vous déplacer, votre soutien reste précieux et indispensable:

  • Parlez-en autour de vous: la sensibilisation commence dans les cercles privés et professionnels

  • Mobilisez les réseaux sociaux: partagez l’information pour donner de la visibilité à ce combat. Chaque publication contribue à normaliser la présence du handicap dans l’espace public

L’objectif est d’envoyer un signal fort: l’inclusion n’est pas une option, c’est une nécessité pour une société plus juste.


Vos histoires donnent de la force à nos actions


La malaudition se vit de mille façons. C’est pourquoi nous lançons une nouvelle fois un appel à témoignages afin de recueillir vos histoires de vie et vos expériences concrètes en tant que personnes malentendantes.


Ces récits sont essentiels pour nourrir nos futures campagnes de communication avec des situations réelles et illustrer la diversité des trajectoires au sein de notre communauté.


Pour partager votre témoignage, écrivez-nous simplement à info@ecoute.ch.


Prolongez la réflexion lors de notre congrès annuel


Il reste des places pour notre Congrès annuel qui se tiendra à Lausanne le 30 mai 2026. Cette édition sera entièrement dédiée aux différentes facettes de l’inclusion des personnes malentendantes: cliquez ici pour découvrir le programme du Congrès et vous inscrire.



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Image de couverture: source www.inclusion360.ch

28 avril 2026

Publié le :

Point fort

Handicap et vie en société: le regard éclairant d’Alexandre Jollien pour FoRom écoute

Après nous avoir honorés de sa présence lors du Gala de charité en début d’année, le philosophe et écrivain Alexandre Jollien sera à nouveau parmi nous le 30 mai 2026, à l'occasion de notre Congrès annuel. Retour sur une intervention inspirante et aperçu d’une rencontre à ne pas manquer.


Un Gala sous le signe de la solidarité et de la joie


En ce début d’année 2026, la Table Ronde de Lausanne a organisé un Gala de charité en faveur de notre fondation. Au-delà de la collecte de fonds, cette soirée nous a permis de partager un moment de grande qualité avec la nonantaine de personnes présentes, autour d’une intervention marquante d’Alexandre Jollien.


S’appuyant sur l’enseignement du maître du bouddhisme tibétain Trungpa, le philosophe romand a décrit la voie spirituelle comme un double chantier. Le premier est collectif: bâtir une société solidaire et éveillée qui ne laisse personne sur la touche. Une mission qui résonne parfaitement avec l’action quotidienne de FoRom écoute, car nous croyons fermement que l’inclusion se construit à plusieurs voix: le travail des institutions, des acteurs politiques et des organisations telles que la nôtre, mais aussi l’engagement direct des personnes malentendantes elles-mêmes – dont plusieurs viendront d’ailleurs témoigner lors de notre prochain Congrès.


Le second chantier évoqué par Alexandre Jollien est intérieur: il s’agit de se libérer par le détachement. Il invite à pratiquer la «non-fixation», c’est-à-dire à laisser passer les émotions sans s'y accrocher, car il n’y a «rien de pire», explique-t-il, que de «s'enliser dans l'immobilisme» face à la souffrance. Il a également souligné notre dimension politique inhérente: «L'être humain ne saurait être heureux seul dans son coin». Dans une société où tout va très vite, il nous a lancé un défi joyeux: «Ralentir, tendre l'oreille, écouter, suivre la boussole de notre cœur […] pour cesser de vivre, comme dirait Kafka, dans une espèce de carnaval social».


Congrès 2026: vivre avec ses singularités et s’épanouir dans la société


Nous aurons la chance de recevoir à nouveau Alexandre Jollien le 30 mai 2026, cette fois-ci dans le cadre de notre Congrès annuel, dont l’édition 2026 est dédiée aux différentes facettes de l’inclusion des personnes malentendantes.


Son intervention, intitulée «Devenir soi-même, trouver sa place en société, s'épanouir», promet d’être un temps fort de réflexion. Il explorera la tension entre la singularité de chacun·e et notre besoin vital de lien. Comment assumer sa différence dans une société de performance où la comparaison fait des ravages? Comment, à l’instar de Spinoza, «bien faire et se tenir en joie» malgré les épreuves?


Nous comprendrons alors comment, malgré la réalité du handicap, on peut vivre de manière épanouie, «créer des ponts» et apporter sa contribution à la société. Porté par cet esprit d’émancipation et d’engagement collectif, ce message saura interpeller chaque participant·e, personne malentendante ou alliée.


Participez à une journée d’échanges et d’inspiration


Le Congrès de FoRom écoute est bien plus qu’une conférence. C’est une journée complète articulée autour de témoignages et de dialogues. Aux côtés d’Alexandre Jollien, nous aurons le privilège d’accueillir:

  • Monsieur Pierre-André Page, Président du Conseil national

  • Dre Hélène Cao Van, Médecin adjointe au Service ORL des HUG

  • Plusieurs personnes malentendantes qui partageront leur engagement et leur parcours de vie


Ces rencontres sont des occasions uniques d’enrichir sa compréhension du handicap et de tisser des liens. Venez échanger, vous inspirer et contribuer à faire avancer l’inclusion!


Date: 30 mai 2026, de 9h15 à 16h

Lieu: Lausanne

Informations et inscriptions: cliquez ici pour en savoir plus et vous inscrire



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Photo: Aurélie Felli

21 avril 2026

Publié le :

Dans les cantons

«Elle entend pas la moto»: un documentaire intime à découvrir

Le 25 avril 2026, FoRom écoute invite son public à une projection gratuite et sous-titrée du documentaire de Dominique Fischbach au cinéma Bellevaux à Lausanne. Un après-midi pour partager un regard sensible sur les défis liés aux handicaps auditifs, la résilience et les liens familiaux.


Pendant plus de vingt-cinq ans, la réalisatrice Dominique Fischbach a suivi le parcours de Manon, une jeune femme sourde, et de sa famille. Le résultat est un documentaire bouleversant de justesse, tissé d’images d’archives et de scènes de vie quotidienne. Loin des clichés, «Elle entend pas la moto» nous plonge dans l’intimité d’un parcours marqué par la résilience, interrogeant notre propre regard sur la différence et l’inclusion.


Un moment de culture partagé et accessible


Cette séance crée un espace dans lequel vivre une expérience cinématographique commune et un temps d’échange pour mieux comprendre les réalités vécues par les personnes sourdes et malentendantes.

La projection s’inscrit dans la dynamique des nombreuses initiatives de FoRom écoute, en Suisse romande et au-delà, pensées pour favoriser l’accessibilité culturelle pour toutes et tous: de la gratuité des billets aux solutions techniques, comme le sous-titrage pour cette séance.


Les détails pratiques:

  • Quand? Le samedi 25 avril 2026 à 14 heures

  • Où? Cinéma Bellevaux, Lausanne

  • Pour qui? Entrée offerte par FoRom écoute pour une personne malentendante et un·e accompagnant·e


Réservez vite votre place


Les places étant limitées, nous vous encourageons à réserver rapidement: cliquez ici pour accéder à la page d'inscription.



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14 avril 2026

Publié le :

Actualités, Dans les cantons

Cordon tournesol: désormais disponible à tous les guichets CFF

C’est une bonne nouvelle qui est arrivée avec le printemps: après une phase de lancement depuis l’été dernier, le cordon tournesol est maintenant offert dans l’ensemble des centres de voyage CFF de Suisse. Partenaire engagé du projet, FoRom écoute se réjouit de cette extension et vous invite à découvrir comment cet accessoire peut faciliter vos déplacements.


L’été dernier, nous annoncions que les CFF devenaient la première entreprise de transport suisse à introduire le cordon «Sunflower Hidden Disabilities», avec le soutien de notre fondation et de quatorze autres organisations. Après avoir testé le dispositif dans seize guichets pilotes, une étape décisive a été franchie: depuis le 25 mars 2026, plus besoin de chercher le bon guichet, puisque le cordon est disponible gratuitement dans toute la Suisse.


Un accessoire simple pour des voyages plus sereins


Ce cordon au motif de tournesol est un signal reconnu à l’international pour indiquer la présence d’un handicap invisible, tel qu’une perte auditive. Le porter n’est pas une obligation, mais une option: vous pouvez le porter en permanence ou le présenter ponctuellement en cas de besoin, par exemple lors d’un contrôle de billets.


L’initiative porte ses fruits. Une enquête menée par les CFF fin 2025 révèle que 71% des personnes qui l’utilisent en sont satisfaites ou très satisfaites. Pourquoi un tel succès? Parce que cet accessoire change la dynamique: il invite le personnel et les autres voyageurs à faire preuve d’attention, de patience et de compréhension.


Notre engagement: le faire connaître pour qu’il soit utile


Le cordon tournesol ne fonctionne efficacement que si tout le monde en connaît la signification. C’est pourquoi, en tant que partenaires, nous sommes engagés sur deux fronts: encourager toutes les personnes malentendantes à s’emparer de cet outil pour faciliter leurs déplacements, ainsi que sensibiliser le grand public sur les gestes qui font la différence.


Comment se procurer un cordon tournesol?


Rendez-vous simplement à la gare la plus proche et demandez-y un cordon tournesol. Aucune attestation médicale n’est requise et il vous sera remis gratuitement.


Quel comportement adopter avec une personne malentendante?


Si vous apercevez une personne portant ce cordon et constatez qu’elle est malentendante, vous vous demandez peut-être comment réagir. Les besoins sont propres à chacun·e, mais de petites attentions suffisent souvent, par exemple:

  • Capter son attention avant de lui adresser la parole

  • Parler distinctement et bien en face de la personne

  • Faire preuve de patience et répéter si nécessaire

  • Utiliser des gestes et des supports visuels (texte écrit, plan, etc.)

Porter ce cordon ne signifie pas systématiquement avoir besoin d’assistance, mais une proposition attentionnée et un esprit de solidarité transforment souvent le voyage en un moment plus agréable pour toutes et tous.



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9 avril 2026

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Santé

«C’est au physiothérapeute de s’adapter au patient malentendant»

Physiothérapeute à Lausanne, Joëlle Jaunin est spécialisée dans la prise en charge des patients sourds et malentendants. Retour sur un exercice complexe qui impose de prendre en compte les spécificités de cette patientèle particulière.


La perte auditive représente-t-elle une difficulté supplémentaire pour le physiothérapeute qui prend en charge un patient malentendant ou sourd ?

C’est certain. Le physiothérapeute utilise ses mains pour travailler or, s'il doit par exemple avoir recours à celles-ci pour utiliser la langue des signes afin de communiquer avec son patient, cela devient compliqué. Et la difficulté est similaire pour le patient qui n’a pas besoin de la langue des signes, mais qui lit sur les lèvres. Couché sur la table de physiothérapie, il ne pourra pas entendre ce que lui dit le soignant… C’est d’ailleurs un préjugé courant que de penser que la prise en charge des patients qui oralisent est plus simple, alors qu’ils ont autant besoin d'adaptation à la communication que les sourds qui signent.

Comment vous adaptez-vous à ces difficultés ?

En premier lieu, en s’entendant au préalable avec le patient sur la manière de communiquer. Ensuite, en agençant son cabinet pour ne pas être à contre-jour afin qu’il puisse lire sur les lèvres, en veillant à ce que l'ordinateur ne cache pas mon visage, en ne regardant pas mon clavier pendant que je parle, en ne pas mettant pas de musique de fond quand les patients sont appareillés ne pas parler etc. Il y a ainsi de nombreuses petites mesures à prendre pour que la séance soit la plus confortable possible pour le patient. Et puis, en amont pour la prise de rendez-vous, il faut bien sûr veiller à être joignable en ligne par visioconférence ou par WhatsApp… Le téléphone seul ne suffit pas !

Avez-vous recours à des outils particuliers pour communiquer ?

Oui, j'utilise beaucoup les images et les schémas, je dessine volontiers et j'utilise mon livre d'anatomie plus que pour les patients entendants, puisqu’il s'agit d'un public très visuel. Montrer les éléments sur un dessin, un graphique ou un schéma est beaucoup plus simple et efficace d’autant que qu’il s’agit d’une patientèle dont le niveau en connaissances de base en santé est souvent plus bas que la moyenne.

En plus de la communication, à quoi êtes-vous également très attentive ?

D’une manière générale, la physiothérapie concerne le corps et donc on touche-là à l'intime et encore plus en ce qui me concerne, puisque je pratique aussi la physiothérapie périnéale. De fait, et plus que pour toute autre spécialité, obtenir le consentement explicite du patient est encore plus important. Et ce n’est pas toujours aisé, car souvent des patients sourds ou malentendants déclarent avoir compris les propos du soignant, alors que ce n’est pas le cas. En tant que physiothérapeute, je suis donc très attentive à cette dimension, et même si je connais assez bien la LSF et le monde de la malentendance, je n’hésite pas à prévoir si nécessaire un interprète LSF ou LPC.

Quelles sont les conséquences de toutes ces particularités ?

Le temps consacré aux séances de physiothérapie et à l’éducation du patient, qui est très nettement rallongé! Sur le plan tarifaire et pour les assurances, le physiothérapeute doit donc souvent utiliser une position particulière qui correspond aux situations dites « complexes », avec le critère « difficulté à la communication ». Ce qui n’empêche pas d’ailleurs, de devoir régulièrement argumenter avec les assurances…

Enfin, est-il plus difficile d'obtenir des résultats probants avec les patients malentendants ou sourds?

À partir du moment où on a pris soin de bien d'éduquer le patient et de veiller à ce que la communication soit optimale en lui consacrant le temps qu'il faut pendant les séances, on obtient évidemment des résultats identiques. En revanche, il arrive que l’on mette beaucoup plus de temps à obtenir des résultats, parce que ces patients viennent souvent consulter beaucoup plus tard que les autres, en raison des difficultés d’accès aux soins qu’ils rencontrent.

27 mars 2026

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Dans les cantons

Les séances du Grand Conseil genevois sont accessibles au public malentendant

Depuis des années, les débats parlementaires du Grand Conseil genevois sont sous-titrés et traduits en langue des signes en direct. Une prouesse technique assurée par la société Swiss TXT.


Voici une démarche d’inclusion politique et citoyenne qui mérite d’être saluée. Depuis 2020, en effet, les malentendants et sourds genevois peuvent suivre en direct les séances et débats – parfois animés - de leur Grand conseil, grâce à une retranscription en langue des signes et à un sous titrage en temps réel.

« Le projet de retranscription en langue des signes ainsi que le sous-titrage des séances a démarré par un projet de loi datant de 2017 et qui visait à donner une base légale au soutien financier accordé à la chaine locale Léman bleu, explique Laurent Koelliker, sautier du Canton de Genève. C’est lors des débats qu’un député a souhaité élargir le projet de loi à la mise en place de mesures d’accessibilité pour les personnes sourdes et malentendantes ».

Appel d’offres

Adopté en mars 2017 par 52 voix contre 36, le projet de loi de financement général de la chaîne Léman Bleu est ainsi entré en vigueur deux mois après, et avec lui les mesures prévues pour les personnes ayant une perte auditive. « Le secrétariat du Grand conseil est aussitôt entré en contact avec les associations représentatives pour évaluer ce qu’il était possible de faire, se souvient Laurent Koelliker. Au départ, c’était l’option d’avoir sur place une personne qui gèrerait la traduction en langue des signes qui avait été retenue. Elle a ensuite été abandonnée en raison de sa complexité, au profit d’une traduction LSF et d’un sous-titrage en direct à distance».

Aussitôt, un appel d’offres est opéré, remporté par la société Swiss TXT, filiale de la SSR et qui assure ainsi depuis le début, l’importante logistique imposée par ce mandat un peu particulier. Au total, une vingtaine de personnes entre Zurich et Genève, comprenant des techniciens, des interprètes LSF, ainsi que sous-titreurs professionnels, gèrent et organisent l’accessibilité pour les sourds et malentendants, lors des 10 sessions annuelles du Grand conseil genevois, chacune d’elle durant… 2 jours entiers.

Un défi : le direct !

« Pour moi, le principal défi est la transmission en direct et c’est vraiment une grande responsabilité, car tout doit fonctionner parfaitement, explique Liliane Martignetti-Blanco, responsable Retranscription et nouveaux projets chez Swiss TXT, qui ajoute : et si tout cela fonctionne, c’est vraiment grâce à l’excellent collaboration et implication des différents services chez nous, mais aussi au niveau du Grand conseil».

A chaque session, un signal depuis la salle du Grand conseil envoie images et sons, qui sont ensuite traduits par des interprètes en langue des signes eux-mêmes filmés en studio. Les images obtenues sont ensuite renvoyées en temps réel sur le site internet du Grand conseil, via une solution intitulée Accessible Player qui permet également de renvoyer le sous-titrage.

« Au moins une dizaine de personnes assurent le tournus pour assurer le sous-titrage en direct, via la technique du re-speaking. C’est une activité qui demande d’excellents réflexes ainsi que de vraies qualités techniques, en raison des procédures propres liées au Grand conseil, et qu’il faut connaître, ajoute Liliane Martignetti-Blanco, qui complète : « Et à ce stade, le travail n’est pas terminé, car une fois le direct assuré, c’est la post-production qu’il faut garantir, de sorte que la traduction LSF et le sous-titrage puissent continuer à être accessibles par la suite en replay ».

300'000 francs

Chaque année, le Grand conseil consent la coquette somme de 300'000 francs pour garantir l’accessibilité des débats au public sourd et malentendant. « Malheureusement, nous ne disposons pas de statistiques permettant d'évaluer le nombre de personnes qui profitent de ce service, déplore le sautier Laurent Koelliker. Mais il est clair que le choix du Grand conseil de garantir ces retranscriptions était une décision de principe et non fondée sur des considérations pécuniaires. Il s’agit avant tout d’une démarche de service public et d’intégration du plus grand nombre, indépendamment de quelconques critères d’audience »

https://ge.ch/grandconseil/sessions/live/

Le sous-titrage des sessions est également accessible via la chaîne de télévision Léman Bleu.

17 mars 2026

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Portrait

«La première erreur pour un soignant, c’est de penser savoir!»

La prise en charge de patients sourds ou malentendants est un défi pour tout soignant. Les explications de Corinne Béran, psychothérapeute et fondatrice de Boulevard Santé, un lieu unique qui, à Lausanne, réunit des thérapeutes indépendants spécialisés dans la surdité.


A quoi doit être attentif un soignant, lorsqu’il interagit avec un patient sourd ou malentendant ?

Déjà en premier lieu à être accessible ! C’est une dimension cruciale, puisque ces patients doivent commencer par réussir à entrer en contact avec le soignant, à l’atteindre autrement que par un simple appel téléphonique, ce qui n’est pas toujours évident. Cela implique que le soignant puisse recevoir des vidéos en langue des signes, ou être capable d’organiser des appels vidéo qui facilitent la lecture labiale etc.


L’enjeu se situe donc au niveau de la communication !

Évidemment ! Il est impératif que le soignant adapte sa communication aux besoins de ces patients particuliers, et il est même de sa responsabilité de faire en sorte que sa communication soit optimale. Ainsi, j’ai dû non seulement développer mes compétences, en me formant à la langue des signes, en connaissant les spécificités du LPC ou de la lecture labiale etc., mais aussi m’équiper de moyens auxiliaires, comme une ardoise, une boucle magnétique, une application de retranscription sur mon smartphone etc… Il y a aussi la question de la gestion de l'espace pour que le patient soit confortable, en particulier au niveau de l’éclairage, sans oublier, et c’est important en psychothérapie, l’organisation de pauses pour certains, car les séances durent une heure en principe.


Il y autant de profils que de patients sourds et malentendants et qui ont chacun leur spécificité. Comment un soignant peut-il gérer cette diversité ?

Ce que l'on appelle l'anamnèse (ndlr, l’interrogatoire du patient) est très importante, car elle permet de clarifier les choses dès la prise de rendez-vous et d’affiner: savoir si le patient oralise, s’il utilise la langue des signes, se renseigner sur les conditions de survenue de sa perte auditive. Et en réalité, il s’agit d’un processus d’adaptation réciproque entre le patient et son soignant.


Selon vous, quelles sont les erreurs à ne pas faire lorsqu’on prend en charge un patient sourd ou malentendant ?

La première erreur, c'est de penser savoir, parce que la prise en charge d’une personne sourde profonde qui oralise est très différente de celle d'une personne avec une surdité moyenne mais acquise tardivement… En outre, pour les personnes qui oralisent, il faut éviter d’articuler de manière exagérée, de parler très fort ou de cacher sa bouche, ce qui interfère avec la lecture labiale. Enfin, une erreur courante est de croire que dès lors qu’un patient est accompagné par un interprète LSF ou un codeur LPC le message est forcément compris.


Justement, beaucoup de patients sourds ou malentendants n’osent pas avouer qu’ils n’ont pas compris…

Il y a des techniques pour vérifier que le message est bien passé, comme d’utiliser des supports visuels ou demander au patient de réexpliquer ce qu’on lui a dit. Il faut toujours partir du principe que ce qui nous paraît évident ne l'est pas forcément pour la personne en face, d'autant que comprendre les mots qu’un soignant prononce n’implique pas forcément d’avoir intégré le sens profond de son message.


D’une manière générale, le personnel médical et soignant est-il suffisamment formé ou sensibilisé à la question de la perte auditive ?

Quelques heures de formation-sensibilisation aux spécificités du handicap auditif sont dispensées en médecine, et au CHUV, cette dimension est abordée via une sensibilisation dispensée par Unisanté aux soignants et au personnel administratif. Mais tout cela reste des interventions ponctuelles. C'est un début, c'est mieux que rien, mais il reste clairement beaucoup à faire !


Venons-en aux spécificités de la psychothérapie. En quoi le travail d'un psychothérapeute spécialisé avec les personnes sourdes ou malentendantes est-il plus complexe ?

Il faut être conscient que lorsqu'on traite des traumatismes, le corps fait partie de la prise en charge et suivant l'émotion qu’il ressent, le patient aura tendance à se replier sur lui-même, à détourner le regard, ou à se cacher le visage, etc. L'enjeu est donc de rester en lien avec la personne qui est débordée émotionnellement, alors que la communication visuelle est également coupée, ce qui représente une vraie difficulté… En plus de cela, le psychothérapeute doit être conscient de ce qu’implique la surdité dans un monde d’entendants, de la fatigue et de la frustration que cela peut représenter au quotidien pour ses patients qui d’ailleurs tendent parfois à la banaliser. Et quand on échange durant une heure avec un patient, cette dimension est vraiment importante.


Y a-t-il d’autres dimensions à prendre en compte ?

Bien sûr ! Il est important de connaître l'histoire de la surdité en Suisse mais aussi de connaître le contexte socioculturel et familial dans lequel s'inscrit le patient pour mieux pouvoir comprendre ce qu'il ressent. Enfin, il faut bien connaître le réseau de la surdité pour pouvoir l’orienter si besoin vers des professionnels qui connaissent les spécificités de la surdité et puissent le prendre en charge en toute sécurité.

9 mars 2026

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Actualités

La surdité cachée, un mal peu connu et difficile à diagnostiquer

Il est tout à fait possible de souffrir de surdité alors que les examens audiométriques sont parfaitement normaux. Explications sur ce qui n’est un paradoxe qu’en apparence.


Les professionnels de l’audition la connaissent bien, mais le grand public bien moins. Saviez-vous que vous pouvez souffrir de surdité cachée ? En clair, présenter une perte auditive, alors que votre audiogramme – examen de référence s’il en est –, est tout à fait normal.

« Ce type de surdité ne peut pas être détecté par les examens auditifs usuels, ce qui pour les médecins représente un véritable défi clinique et diagnostique, explique un ORL genevois. En général, les patients consultent parce qu’ils éprouvent des difficultés à entendre en milieu bruyant, avec parfois, mais pas toujours des acouphènes, de l’hyperacousie ou même une vraie fatigabilité auditive. Et jusqu’à il n’a pas très longtemps, on les renvoyait chez eux dès lors que leur audiogramme était tout à fait normal ».

Découverte récente

De découverte récente, la surdité cachée est une pathologie qui n’est pas liée à une atteinte de l’oreille interne – les cellules ciliées sont tout à fait intactes – mais du nerf auditif, plus particulièrement au niveau des connexions synaptiques avec l’oreille interne. Il s’agit donc plus d’une atteinte neurologique que d’une atteinte de l’appareil auditif proprement dit.

De fait, la seule manière de la diagnostiquer est d’avoir recours à des examens très spécialisés dont l’objectif est de détecter des anomalies qui seraient passées inaperçues avec les examens standards : potentiels évoqués auditifs, électro-cochléographie, audiométries tonale et vocale etc.

« Il faut avoir recours à ces examens lorsqu’un patient se plaint de manière prolongée de difficultés à entendre dans le bruit, alors que les examens usuels n’ont rien objectivé, explicite l’expert. Et c’est d’autant plus recommandé qu’il a dans son histoire médicale des antécédents d’exposition excessive au bruit. »

Causes inconnues

Si les causes de la surdité cachée ne sont pour l’heure pas clairement établies, on sait en revanche en effet que les traumatismes sonores répétés peuvent la favoriser, en fragilisant les fibres nerveuses. Sont d’ailleurs ainsi plus fréquemment atteintes, un certain nombre de professions à haut risque sonore, comme les musiciens, les travailleurs dans le bâtiment ou l’industrie.

D’autres facteurs favorisant l’apparition d’une surdité cachée ont également été identifiés : le vieillissement qui provoquerait une dégénérescence des fibres nerveuses, la concomitance avec des maladies inflammatoires chroniques, mais aussi avec du diabète, ou un taux élevé de cholestérol, ou encore le recours à certains médicaments oto-toxiques etc.

La prise en charge et le traitement de la surdité cachée constituent enfin un véritable défi pour les médecins, confrontés à des alternatives thérapeutiques limitées. Des recherches sont toutefois en cours, alors que la principale difficulté réside dans la régénération des fibres nerveuses et/ou des connexions synaptiques altérées.

Appareils auditifs

« Chez certains patients, mais ce n’est pas la majorité des cas, on a cependant constaté que le port d’appareils auditifs pouvait améliorer la situation, note notre ORL. Mais d’une manière générale, nous sommes pour l’instant démunis et le seul levier sur lequel nous pouvons actuellement efficacement agir est celui de la prévention. Il est très important surtout pour les jeunes, de bien veiller à contrôler et surtout limiter leur exposition à des niveaux sonores trop élevés ».

2 mars 2026

Publié le :

Point fort

« L’intelligence artificielle nous permet de faire plus »

Depuis des années, la SSR offre un sous-titrage ciblé et spécifique de ses programmes pour les sourds et les malentendants, financé par la redevance. L’avènement de l’intelligence artificielle améliore considérablement le travail des sous-titreurs et devrait permettre d’atteindre l’objectif de 100% des programmes sous-titrés à l’horizon 2027. Rencontre avec Fabienne Wieser, responsable du sous-titrage pour la Suisse romande.


A la RTS, combien de personnes se consacrent-elles au sous-titrage pour sourds et malentendants ?

Actuellement nous sommes 32. Jusqu’à fin décembre, nous travaillions dans le cadre de la société Swiss TXT, rattachée, à la SSR. Dès lors que Swiss TXT va être dissoute, nous serons pleinement intégrés à la SSR.


Quelle proportion de programmes arrivez-vous à sous-titrer actuellement ?

Actuellement, nous sous-titrons 85% de la totalité de nos diffusions. Pour donner un ordre d’idées, quand j’ai commencé dans mes fonctions il y a 10 ans, nous en étions à environ 50%.


Comment expliquez-vous cette performance ?

C'est clairement l'avènement du re-speaking qui a permis d’atteindre ce taux. Il s’agit d’une technologie de sous-titrage qui fait appel à la reconnaissance vocale. Le transcripteur entend dans un casque les mots prononcés par le locuteur, il les répète dans un microphone, et la reconnaissance vocale affiche le texte dans le logiciel ad hoc. Ensuite, il corrige les éventuelles erreurs et surtout reformule et synthétise le texte sans dénaturer le propos…


Ce que les sourds et malentendants voient à l’écran n’est donc pas une retranscription mot à mot…

Non, notre mission est de proposer un sous-titrage spécifique et ciblé pour les malentendants. La restitution d’un simple verbatim conduirait à un texte plus difficilement compréhensible.


Venons-en à l'arrivée de l'intelligence artificielle. Celle-ci permet-elle de faire plus vite, moins cher, et mieux ?

Plus vite c’est sûr, moins cher, sans doute. Mais mieux, cela dépend surtout du type de programme que l’on veut sous-titrer…


Comment utilisez-vous l'IA aujourd'hui ?

Pour le sous-titrage d'une émission pré-produite, c'est-à-dire enregistrée en avance, comme les documentaires, les entretiens, etc., l'intelligence artificielle convient bien et donne un rendu de qualité, même s’il nous revient ensuite de faire des corrections et de calibrer le texte pour qu’il réponde aux besoins des personnes sourdes et malentendantes : il manque en effet les couleurs, les tirets qui indiquent le changement de personnes qui parlent etc… En revanche, les émissions plus complexes mais aussi le direct, requièrent une intervention humaine plus importante.


Le recours à l’intelligence artificielle est donc une aide précieuse ?

Sans aucun doute. Il s’agit en fait d’une béquille qui nous permet d'aller plus vite dans le travail de sous-titrage de certaines émissions, ce qui nous permet de libérer du temps pour nous impliquer dans de nouvelles tâches, comme par exemple l'audiodescription en direct pour les personnes aveugles, qui est en pleine croissance.


Finalement, la vivez-vous comme une concurrente ?

A l’époque, quand le re-speaking est arrivé, on a entendu les mêmes craintes chez Swiss TXT. Finalement, on s'est rendu compte que grâce à cette technologie, on pouvait faire plus. C’est la même chose pour l'intelligence artificielle, qui est une occasion de produire davantage de contenus sous-titrés, l’objectif légal étant de parvenir à 100 % des programmes à l’horizon 2027.


Vous n’allez donc pas disparaître ?

Tout dépend de la qualité de sous-titrage que l'on attend. Si l'on veut quelque chose de spécifique et de qualitatif pour les sourds et les malentendants, une intervention humaine sera à mon avis toujours nécessaire. Les interprètes au sens large font d’ailleurs face à la même problématique.

16 février 2026

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Portrait

Michèle Lovis, de la langue des signes belge au… Repuis de Grandson

Après 15 années passées en tant que « Répondante Surdité » au centre de formation professionnelle spécialisée Le Repuis (VD), Michèle Lovis partira à la retraite le 1er mars prochain. Retour sur un parcours très riche en enseignements.

« Ce qui m’a le plus marquée dans ce métier et que je trouve vraiment très important, c’est la capacité de résilience de tous ces jeunes qui arrivent à faire de superbes parcours, qu’ils soient implantés et oralisent, qu’ils soient appareillés, qu’ils maîtrisent bien ou peu le LPC ou enfin qu’ils communiquent en langue des signes. Cela montre que les efforts et la motivation finissent toujours par payer, et pour moi en tant qu’éducatrice spécialisée, c’est très gratifiant ».

Ce constat, réjouissant et très encourageant, Michèle Lovis le dresse, à la veille de prendre une retraite bien méritée le 1er mars prochain, après avoir officié en tant que « Répondante surdité » durant 15 années d’intense activité au Repuis (Grandson-VD), un centre de formation professionnelle spécialisée pour des apprentis ne pouvant acquérir celle-ci selon le processus traditionnel.

Conséquences de la surdité

15 années passées à suivre, encadrer, accompagner et orienter des dizaines de jeunes sourds ou malentendants durant tout leur parcours professionnel : traduire en langue des signes en cas de besoin, faciliter le lien entre l’apprenti et son maître d’apprentissage, accompagner certaines jeunes à sortir du déni et apprivoiser leur surdité, renseigner les familles, la tâche est multiple, prenante et passionnante, avec toujours le même constat : « Durant toutes ces années, j’ai pu constater l’importance des conséquences invisibles de la surdité, observe-t-elle. Un réservoir lexical appauvri - que le jeune oralise ou utilise la langue des signes -, et qui rend compliquée la gestion des émotions, une culture générale également souvent appauvrie, ainsi que des difficultés d’abstraction. Cette méconnaissance de ces conséquences, tant de la part des jeunes eux-mêmes que de leurs proches, a été un des éléments les plus complexes à gérer durant mes fonctions, tant il est difficile de réussir un parcours de formation lorsqu’on a un champ lexical restreint et que l’on croit qu’un implant ou qu’un appareil règle tout ».

Autre constat riche en enseignements : « J’ai également appris que l’on ne peut avancer qu’au rythme de ces jeunes et de leurs familles. Ainsi, ce qui compte c’est que leurs compétences professionnelles et scolaires correspondent à leur niveau de formation – pratique, AFP, CFC – et qu’ils soient bien à l’aise, aussi bien dans la formation qu’ils suivent, qu’avec leur surdité. D’ailleurs, en fonction de leurs compétences acquises et développées et de leur potentiel d’employabilité, certains poursuivront leur formation au niveau supérieur. Et puis enfin, dans le monde de la surdité, je me suis beaucoup enrichie des pratiques et des ressources du réseau de professionnels de la surdité en Romandie».

Apprentissage de la langue des signes… belge

Rien ne prédestinait Michèle Lovis à consacrer sa carrière au monde de la surdité, ni dans son entourage personnel ou familial, ni dans sa formation initiale. Très jeune, c’est en effet un apprentissage d’employée de commerce qu’elle commence à Yverdon. Seulement voilà : le commerce et les bureaux ont rapidement représenté un monde « trop fermé » pour la jeune femme qui rêve d’autres horizons. Ce sera donc l’éducation spécialisée à l’EESP de Lausanne (aujourd’hui Haute école de travail social et de la santé, ndlr) dont elle sortira diplômé en 1985, il y a donc exactement quarante ans. Après de nombreux stages et trois années de travail en Suisse, elle décide de s’expatrier en Belgique. Et c’est là, à la faveur de rencontres dans le milieu associatif, qu’elle découvre, pour la première fois, la langue des signes.

Une langue qu’elle trouve d’emblée « fascinante » et qui la conduit à l’apprendre « par curiosité » durant 5 années, à la faveur de cours du soir. A l’issue de ceux-ci, elle est prête à se présenter à l’examen d’entrée de l’école d’interprètes de Bruxelles, mais doit y renoncer, car elle doit rentrer en Suisse.

Avec au final un bagage professionnel plutôt inutile, la langue des signes belge francophone étant très différente de notre langue des signes romande. « J’ai alors dû reprendre quasiment à zéro mon apprentissage de la langue des signes durant six ans, tout en travaillant en parallèle dans une structure d’accueil à Yverdon », raconte-elle.

« Plaisir et sérénité »

Un apprentissage et un effort qui ne seront pas vains, car lorsqu’elle envoie sa candidature au centre de formation professionnelle le Repuis, qui était à la recherche d’une éducatrice spécialisée pour accompagner les sourds et les malentendants dans le cadre de leur formation, elle est évidemment immédiatement engagée, tant son profil est parfaitement adéquat pour le poste à pourvoir.

Après 15 années d’engagement au Repuis, dans un univers qu’elle a trouvé « passionnant », la voici donc qui s’apprête à prendre une retraite bien méritée. Une perspective qui ne l’effraie guère : « Je ne me suis jamais ennuyée en dehors de ma vie professionnelle, j’aborde donc cette étape avec beaucoup de plaisir et de sérénité et me laisserai conduire là où la vie me mènera ».

9 février 2026

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Actualités

Le diabète peut aussi attaquer vos oreilles

Si vous souffrez de diabète de type 2, vous avez 4 fois plus de risque de développer une perte auditive. Tel est le résultat d’une récente étude, qui pointe ainsi l’importance du contrôle de la glycémie et d’un suivi audiologique pour cette maladie de plus en plus fréquente.


Dans la longue panoplie des complications dues au diabète – oculaires, rénales, cardio-vasculaires -, elle ne figurait jusqu’à présent pas. Et pourtant : l’oreille, à l’instar d’autres organes, peut également être significativement impactée par le diabète de type 2.

Une étude complète publiée à la fin de l’année dans Otolaryngology–Head and Neck Surgery, la revue de l’American Academy of Otolaryngology–Head and Neck Surgery Foundation, révèle en effet que les personnes atteintes de diabète de type 2 sont confrontées à un risque significativement élevé de perte auditive, une complication qui passe souvent inaperçue et n’est même jamais dépistée et explorée.

40 à 70% des diabétiques

Selon les résultats de cette méta-analyse qui a compilé les données de 17 études portant sur plus de 8000 participants, les personnes souffrant de diabète présenteraient un risque de perte auditive 4 fois plus important. Selon les chercheurs, 40 à 70% des personnes diabétiques feraient ainsi l’objet d’une perte auditive, le plus souvent non détectée.

L'étude, menée par les auteurs Miguel Caballero-Borrego et Ivan Andujar-Lara de l'hôpital Clínic et de l'Universitat de Barcelona en Espagne, révèle en outre que la perte auditive est principalement observée au niveau des fréquences plus élevées, avec des seuils audiométriques moyens de tonalité pure du groupe diabétique, 3,19 dB plus élevés que les contrôles.

Plus significatif encore, l’apparition de ces complications auditives semble corrélée à l’ancienneté de la maladie. La prévalence de la perte auditive était en effet significativement plus élevée chez les patients ayant un diagnostic de diabète pendant plus de 10 ans, ces personnes étant confrontées à un risque de 2,07 fois plus élevé que ceux ayant une durée de maladie plus courte.

Micro-vaisseaux de la cochlée

Pour rappel, le diabète de type 2 apparaît à l’âge adulte et se traduit par un déficit de sécrétion en insuline par le pancréas. Sa survenue est largement liée à des facteurs tels que la sédentarité et l’activité physique, ainsi qu’un régime alimentaire trop sucré. Selon les auteurs de l’étude, le mécanisme de la perte auditive survenant en cas de diabète serait lié à des altérations des micro-vaisseaux sanguins irriguant la cochlée, à l’intérieur de l’oreille interne.

« Cette étude objective l’importance de la prévention et du dépistage auditif lorsqu’une personne est atteinte de diabète de type 2, explique un ORL genevois. Comme elle établit un lien entre le risque de survenue de surdité et le taux d’hémoglobine glyquée HbA1c - un indicateur classique de suivi du diabète sur le long terme -, elle montre que le contrôle et la stabilisation du taux de glucose sanguin par le patient permet d’agir pour limiter le risque de perte auditive sur le long terme. Sans oublier évidemment un suivi audiologique régulier pour ce type de patients, jusqu’à présent fort négligé ».

2 février 2026

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Point fort

« Ecrire et témoigner m’a amenée à accepter ma surdité »

Âgée de 43 ans, vivant à Dombresson (NE), Mélanie Augsburger est double implantée cochléaire depuis l’année dernière. Elle vient de publier «Ma surdité… Bienvenue dans mon monde», un émouvant témoignage qui raconte le long parcours qui l’a amenée à accepter sa surdité.


Depuis quand êtes-vous malentendante ?

Je suis malentendante depuis l'âge de 20 ans, au moment où on s'est rendu compte que j'avais une perte auditive de 50% de chaque côté. A l’époque, je travaillais comme serveuse dans un petit restaurant et ma patronne m'a dit un jour : « Mélanie je crois que tu as un problème, va faire un contrôle parce que je dois beaucoup te répéter les choses » ! Je suis donc allée consulter un ORL qui m’a fait des tests dont un audiogramme, et a posé le diagnostic de surdité, dont la cause est inconnue d’ailleurs !

Et comment avez-vous réagi ?

En décidant de continuer à vivre normalement ! Je me suis dit : « tout cela n’est pas grave, j’entends très bien et je n’ai pas besoin d’être appareillée » !

Comment expliquez-vous cette réaction ?

Par la honte ! Pour moi, seules les grands parents et les personnes âgées avaient besoin d’appareil auditifs, et certainement pas une jeune femme de 20 ans ! D’ailleurs très peu de gens dans mon entourage ont su que j'avais ce problème…

A un moment, vous avez bien dû vous résoudre à vous appareiller !

Le déclic est arrivé quand j’ai eu ma première fille. J’avais très peur de ne pas pouvoir l’entendre pleurer et c'est ce qui m'a décidée à aller m'appareiller… Donc au fond, je m’étais appareillé pour elle, pas pour moi…

L’appareillage vous a-t-il aidée ?

Oui, je m’y suis plus ou moins habituée, et les appareils avaient l’avantage de me permettre d’entendre ma fille, puis mon fils qui est né 2 ans après.  Pour moi, c’était l'essentiel…

Et puis un jour, tout s'est aggravé…

En effet, le COVID a été une période de cauchemar affreux : je travaillais à la caisse dans un magasin, il fallait répondre au téléphone, encaisser l'argent, faire les retours de marchandises, gérer les relations avec les collègues et les clients, et tout ça avec le masque et le plexiglas en plus ! Là, j’ai pris conscience que je n'entendais plus rien et le médecin m’a confirmé que ma perte auditive atteignait désormais 92% des 2 côtés ! Malheureusement, malgré de nouveaux appareils, la situation s’est encore aggravée et en août 2023, ma perte auditive est devenue totale !

Et c'est là qu'arrive l'implantation cochléaire…

Oui, en mars 2024, je suis implantée de l'oreille gauche en janvier 2025 on me pose le deuxième implant ! Il m’a ensuite fallu beaucoup travailler pour apprendre à les maîtriser, tout en continuant à travailler et à gérer ma famille. Cela a d’ailleurs été au prix d’un immense épuisement…

Venons-en à votre livre « Ma surdité… Bienvenue dans mon monde », tout récemment paru aux éditions Baudelaire. Comment est venue l'idée de l’écrire ?

En automne 2024, ma meilleure amie me dit : « avec un tel parcours, tu devrais écrire un livre ». Je n'y avais jamais pensé, mais je me suis dit « pourquoi pas » ? C’est comme cela que tout a commencé. Le rédiger m'a pris une bonne année et il n’a pas été facile de trouver un éditeur. En Suisse, j'ai eu des refus, mais en France où je l'ai envoyé à 3 éditeurs, on m’a dit que c'était un sujet important !

Écrire ce témoignage vous a-t-il changée ?

Sans aucun doute ! Ce livre a fait office de thérapie en me conduisant à accepter cette surdité que je cachais et n'acceptais pas depuis 20 ans ! Témoigner et raconter m'a aidée à accepter de dire aux autres que je n'entendais pas et en avoir moins honte !

Ce témoignage, il est aussi pour les autres, non ?

Oui bien sûr ! J'ai très mal vécu ma surdité jusqu'à maintenant et j'aimerais donc pouvoir aider et soutenir les personnes qui sont dans mon cas. Leur montrer qu'elles ne sont pas seules afin qu’elles puissent oser en parler pour accepter leur handicap et mieux vivre. J’espère aussi que ce livre contribuera à sensibiliser le public qui doit savoir que la surdité touche beaucoup plus de monde que ce que l’on pense, d’autant qu’en plus, il s’agit d’un handicap invisible !

«Ma surdité… Bienvenue dans mon monde», Mélanie Aubsburger, éditions Baudelaire. Disponible sur les sites fnac, amazon ou par email : m.augsburger@net2000.ch

19 janvier 2026

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Point fort

Familles concernées par la surdité, le Surdibus vient vous soutenir à votre domicile!

A bord d’un sympathique bus au look vintage et aménagé en centre de documentation consacré à la surdité, l’équipe de l’association Surdibus sillonne la Suisse romande et offre un accompagnement personnalisé aux familles concernées par la surdité. Retour sur une prestation originale et très appréciée.


Peut-être le verrez-vous sillonner les routes de Suisse romande. Et avec son look vintage si caractéristique, vous ne risquerez pas de l’oublier. Depuis deux ans en effet, ce petit bus joliment appelé « Surdibus » est une structure mobile associative qui offre ses prestations d’accompagnement « aux familles concernées par la surdité ».

« Au départ, nous avions mis sur pied ce projet pour accompagner les parents des enfants sourds ou malentendants au moment où ils apprennent la surdité de leur enfant, explique Christel Molleyres qui avec son collègue Philippe Wieland, a fondé l’association éponyme Surdibus. Ce moment est une période cruciale où les parents, dans 95% des cas entendants, sont en contact avec le milieu médical et les professionnels de la surdité et se trouvent ainsi confrontés à une multitude d’informations, parfois contradictoires. D’où l’idée de leur offrir un espace d’écoute, de conseil et d’échange dans un lieu neutre, leur domicile ».

« Sur mesure »

Après un premier entretien téléphonique, les 2 professionnels se déplacent ainsi au domicile des familles, pour assurer une prestation personnalisée, professionnelle et… gratuite : « Nos interventions sont sur mesure, détaille Christel Molleyeres. Nous commençons par écouter, puis échanger pour cerner les besoins spécifiques de chaque famille, et construire avec elle des objectifs afin que chaque membre puisse aussi y trouver sa place, dans une approche qui tient compte de la pluralité des surdités. Nous assurons également à ce moment-là un travail d’information et d’orientation vers l’ensemble de l’offre du réseau d’accompagnement en surdité ». Car le Surdibus n’est pas un simple moyen de locomotion. Il est également un véritable centre de documentation en surdité, convoyant une très complète bibliothèque spécialisée mise à la disposition des personnes concernées.

Très vite après les premières consultations en 2023, l’équipe de Surdibus a élargi l’éventail de ses prestations à un public plus large que celui des parents au moment du diagnostic de surdité de leur enfant. « Les familles nous ont réservé immédiatement un très bel accueil ce qui montre que le Surdibus répond vraiment à un besoin. Mais elles ont aussi très rapidement demandé que d’autres moments charnières de leur vie soient abordés, comme l’entrée à l’école des enfants ou la délicate période de l’adolescence. Et en parallèle, différents professionnels nous ont approchés pour nous demander de prendre en charge les familles d’enfants entendants dont les parents sont sourds. C’est pour cette raison que désormais, nous nous adressons de manière plus complète à l’ensemble des familles concernées par la surdité».

Soutien de fondations

Élaborer et mettre en route un projet tel que le Surdibus n’a pas été chose aisée. Christel Molleyres et Philippe Wieland, pourtant actifs chacun dans le monde de la surdité depuis deux décennies, comme éducateur spécialisé et comme interprète en langue des signes, n’ont en effet pas ménagé leurs efforts pour lancer leur association, et surtout, réunir les fonds nécessaires à l’acquisition et l’aménagement du bus, sans parler du fonds documentaire pour constituer leur bibliothèque spécialisée.

« C’est grâce au soutien de nombreuses fondations que le projet a pu démarrer, et aussi à celui de l’ASPEDA et de l’association Boulevard Santé sur laquelle on a pu adosser nos activités depuis Lausanne ce qui nous permet de rayonner vers toute la Suisse romande, se réjouit Christel Molleyres. Aujourd’hu, nous travaillons en moyenne deux jours par semaine et sommes à la recherche de fonds supplémentaires pour pouvoir poursuivre notre action et répondre à l’importante demande que nous rencontrons, à la fois des familles mais aussi des professionnels qui nous sollicitent de plus en plus souvent pour notre expertise ».

12 janvier 2026

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