Mégane Giancamilli: « Je n’aime pas abandonner ! »

A 17 ans, Mégane Giancamilli semble être une gymnasienne comme les autres. Pourtant, malgré son handicap auditif, et grâce à un caractère bien trempé, elle poursuit ses études avec succès, participe à la commission « Jeunesse » de forom écoute, et trouve encore du temps pour ses hobbies.

Comment a-t-on découvert votre problème d’audition ?

J’avais sept ans, et c’était au cours d’une visite médicale à l’école. On nous a fait très peur, car on nous a carrément annoncé que j’étais sourde ! Puis, en consultation, l’ORL nous a confirmé que ce n’était pas si grave que ça, que je souffrais juste d’une surdité légère ! Et dire que pendant sept ans, je ne m’en étais pas rendu compte et je vivais tout à fait normalement ! (rires)

Etes-vous appareillée ?

Oui, mais vu que j’entends assez bien, je porte mon appareil surtout à l’école quand il y a un bruit de fond, ou quand le prof ne parle pas assez fort. Mais à la maison, même pour écouter la télé, je me débrouille avec le sous-titrage ou en mettant le son plus fort ! En fait, je pourrais presque vivre sans appareils !

Votre handicap vous a-t-il gêné dans votre vie quotidienne ?

Mis à part les quelques moqueries que l’on peut subir de la part de certains camarades, franchement non ! Je n’ai jamais dû renoncer à quoi que ce soit en raison de ma surdité ! En réalité, le plus dur, c’est d’accepter d’être différent, et grâce au soutien de ma famille, qui ne m’a jamais jugée, je me suis toujours acceptée. La preuve, je suis  malentendante, je porte des lunettes, j’ai même eu un appareil dentaire… (rires)

Où en êtes-vous dans vos études ?

Je suis en deuxième année de gymnase, et la maturité sera pour l’année prochaine. J’ai la chance d’avoir une bonne mémoire, auditive, visuelle, si bien que je retiens facilement ce qui se dit en classe. Ce doit être la raison pour laquelle j’ai des notes acceptables, même s’il faudrait que je travaille un peu plus (rires) ! Mais si je réussis à l’école, c’est surtout grâce à ma maman qui m’a toujours poussée. D’autres jeunes ont des parents qui ne se préoccupent pas beaucoup d’eux…

Vers quel métier aimeriez-vous vous orienter par la suite ?

Là-dessus, j’ai les idées très claires. J’adore les enfants, et j’aimerais faire la HEP (Haute Ecole Pédagogique, ndlr) pour devenir prof pour les petits !

Comment avez-vous découvert forom écoute ?

C’était l’année passée, au cours de la Journée Nationale de l’Audition, alors que forom écoute était à la recherche de jeunes gens pour participer à la manifestation. Depuis, j’appartiens à la commission « Jeunesse » de la fondation. Nous formons une petite équipe sympa, qui se complète bien et qui a beaucoup de projets ! D’ailleurs, on nous a récemment appelés pour la course Titzé, à Sion (lire notre précédent numéro, ndlr).

Quelles sont vos hobbies ?

Depuis l’âge de sept ans, je pratique la danse. D’abord la danse classique, mais j’ai finalement arrêté, et depuis je fais du hip-hop et de la gymnastique rythmique. J’adore ça, on se sent tellement libre quand on danse, on ne pense à rien ! Et puis j’aime beaucoup lire, des romans, des histoires de vie… Il m’arrive même d’écrire quelques poèmes !

Franchement, vous savez ce que vous voulez et avez l’air d’avoir du caractère…

J’ai toujours eu la volonté de concrétiser mes projets, je n’aime pas beaucoup abandonner. J’ai hérité ce trait de caractère de mon papa, ça doit donc être mon côté italien ! D’ailleurs, comme je lui ressemble beaucoup, on se heurte parfois… (grand rire)

Propos recueillis par Charaf Abdessemed