Victoria Pittier: « l’équitation, ma grande passion ! »

Âgée de 15 ans, Victoria Pittier est valaisanne et vit à Sion. Née sourde et appareillée très tôt, elle a terminé avec succès sa scolarité obligatoire, avant d’entamer le collège. Si ses objectifs professionnels sont encore très flous, son présent est en revanche  très clair, puisqu’elle consacre l’essentiel de son temps et de ses efforts à ses études. Rencontre avec une adolescente au caractère bien trempé.

En juin dernier, vous avez reçu le Prix aux élèves malentendants…

Cela m’a beaucoup étonnée. Je ne pensais pas qu’on pouvait accorder de l’importance aux sourds, car on ne parle pas souvent de nous !

Comment êtes-vous devenue sourde ?

C’est de naissance, d’origine génétique. Ma mère est également atteinte de surdité. Mais dès l’âge de 18 mois, j’ai été appareillée des deux oreilles, ce qui me permet d’entendre quasi-normalement.

Comment s’est déroulée votre scolarité ?

J’ai suivi ma scolarité dans une école normale, mais en bénéficiant de l’appui d’une codeuse, et en ayant recours au micro. Et puis, ma mère m’a beaucoup soutenue. Du coup, je n’ai jamais redoublé et à la rentrée 2012, j’ai commencé le collège. Mais il est vrai que ce n’est pas toujours facile et que cela demande plus de travail que pour une personne qui entend bien, d’autant que je n’aime pas faire répéter (rires) !

Et avec les camarades de classe ?

Au début, les amis sont toujours un peu surpris. Puis ils s’habituent, et ensuite, ils ne font même plus attention ! Ce qui a été un peu plus difficile, c’est lorsque j’ai changé d’école au primaire, et qu’il a fallu tout réexpliquer à tout le monde, car les camarades ne savaient pas trop comment se comporter avec moi !

Et après le collège, quels sont vos projets ?

Je dois dire que je n’étais pas très emballée à l’idée de faire le collège, car je n’aime pas beaucoup les études. Mais c’est le meilleur moyen d’avoir un bon métier ! Quant à la suite, je n’en ai aucune idée ! Ce que je sais, c’est que j’aime beaucoup les langues, surtout l’allemand et l’italien. L’anglais, j’ai plus de mal à le comprendre, en raison des sonorités. J’aime bien aussi le monde du social et de la santé !

 Vous avez l’air en tout cas d’être particulièrement déterminée à étudier…

Oui, je consacre beaucoup de temps aux études, tous les soirs de 5 heures à 9 heures. Le collège n’a rien à voir avec le cycle, c’est beaucoup plus exigeant ! Je suis quelqu’un qui est plus dans l’avoir que dans l’être. Alors, je veux tout ! Mais je suis prête à vraiment travailler pour avoir ce que je veux !

Que désirez-vous par exemple ?

Un cheval ! Je suis passionnée d’équitation, que je pratique depuis une dizaine d’années !

Comment vous est venue cette passion ?

Petite, comme tous les enfants, j’ai essayé un peu tous les sports. Le patinage, l’athlétisme, puis l’équitation.  Et j’ai adoré ça. Je n’aime pas les hypocrites, et du coup, j’aime beaucoup le contact avec les chevaux: quand on a des problèmes, on peut tout leur dire, sans qu’ils le répètent. En tout cas, je passe mon brevet en février prochain, et, j’aimerais ensuite faire de la compétition !

Et le reste de vos loisirs ?

J’aime bien tout ce qui est technologie, comme les ordinateurs, les iPhones, etc. Sinon, quand les études m’en laissent le temps, je sors avec mes amis.

Propos recueillis par Charaf Abdessemed