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Publié le: 08 janv 2019

Do you speak « Cued Speech » ?

Do you speak « Cued Speech » ?

Cued Speech, Langue Parlée Complétée version anglophone a la cote auprès des codeurs-interprètes comme auprès des personnes malentendantes ou entendantes désireuses d’échanger en anglais. Le point avec la spécialiste Annika Dind.

Avant la deuxième édition de la semaine de formation continue en Cued Speech, qui se déroulera durant les vacances scolaires à Délémont, rencontre avec Annika Dind. La codeuse-interprète pour personnes malentendantes et sourdes, initiatrice avec Martine Kaba-López de la formation professionnelle pour codeurs-interprètes et autres professionnels de la surdité, utilisent la Langue Parlée Complétée pour enseigner le Cued Speech et l’anglais. En 2015 déjà, Annika Dind et Martine Kaba-López, secondées par Hadja a Marca-Kaba, avaient proposé la première édition.

« Ce projet de code anglais est une initiative privée pour laquelle nous avons cherché de nombreux partenariats pour la communication comme pour la finance avant de pouvoir nous lancer.

Comment s’est passée cette semaine intensive ?
La semaine s’est très bien déroulée, l’ambiance était très chouette. Mais Martine et moi avons fini sur les rotules, car nous étions soucieuses que tout se passe bien et avons assuré une permanence de 8h00 à 20h00, puis encore animé les soirées. Les participantes et les intervenants étaient eux aussi ravis. Il y a bien évidemment eu quelques couacs, mais ils sont restés minimes et nous avons tout fait pour les gérer au mieux.

Témoignages
Et une des participantes de témoigner : « Pour moi, c’était l’occasion de pratiquer intensément, avec des formatrices codeuses interprètes anglaises, et des enseignants d’anglais. J’ai ainsi pu progresser au niveau de mon accent et donc de mon code, le tout étant basé sur la phonétique. Ces semaines de formation sont toujours une très belle opportunité d’apprendre et de progresser rapidement ; mais c’est également l’occasion de rencontrer d’autres professionnelles, notamment de France et donc d’échanger sur nos pratiques », s’exclame Carmen Amoroso.

Pour une de ses acolytes, la semaine de formation était comme une immersion dans la langue anglaise. « En alternant des cours d’anglais, de phonétique anglaise essentielle pour les codeurs-interprètes, dont le travail ne s’appuie que sur le son, et de code en langue anglaise, il nous a été donné d’acquérir vitesse, automatismes et confiance en soi. L’ambiance y est détendue et studieuse, c’est une aubaine de disposer d’une formation de haute qualité en Suisse romande ».

Par ailleurs, de plus en plus de cours dans les hautes écoles sont délivrés en langue anglaise, selon l’origine des professeurs invités, il est donc important que certaines codeuses-interprètes se spécialisent dans les langues étrangères pour accompagner les étudiants malentendants.

Et de deux !

La deuxième édition contiendra-elle le même cours ?
Dans l’ensemble, oui. Nous avons évidemment amélioré ce que nous pouvions. Nous proposons par exemple trois niveaux de code anglais, alors que seulement deux avaient été proposés en 2015.

Les inscriptions sont presque complètes. Prévoyez-vous d’ores et déjà une troisième édition ?
Oui et non ! Mais nous pensons la faire dans quatre ans. Ce qui nous permettrait de « coincer » des semaines dédiées à l’allemand et au code allemand dès 2021, puis alterner entre allemand et anglais.

On the road
Originaire de Montanaire (Saint-Cierges), Annika est née à Lausanne en 1981. Ses premières études se sont déroulées à Londres, dans le domaine de la danse contemporaine (1999-2002), puis à Genève à l’Ecole de Traduction et d’Interprétation (2005-2008), avant sa formation de codeuse. Aujourd’hui, lorsqu’on demande à la maman d’un petit de sept mois ce qu’elle fait dans la vie, elle répond spontanément : « je navigue de projet en projet, d’activité en activité…

J’ai eu la chance de grandir dans un environnement bilingue ; ma mère est finlandaise et mon père est suisse romand ».

Toujours en route et en mouvement, Annika travaille en plus comme codeuse-interprète et donne des cours de FLE (Français Langue Etrangère ; français pour allophones) et d’anglais à des adultes non francophones entendants pour la Fondation ECAP, Lausanne. Elle enseigne également comme formatrice dans le domaine de la surdité et de la malentendance, sur mandat ou sur contrat.

« C’est d’ailleurs dans ce cadre que j’ai tissé des liens avec la fondation forom écoute ».

Depuis son diplôme de formatrice d’adultes auprès de la fédération pour la formation continue, FSEA en 2015, Annika a collaboré dans le même domaine avec l’école d’enseignement supérieur en travail social et en ergothérapie, EESP, à Lausanne. Parmi d’autres : Pro Senectute, des mandats de l‘assurance Invalidité et de la compagnie AirFrance.

Cours… toujours !
Annika travaille ainsi comme codeuse-interprète diplômée depuis 2009. Elle a travaillé deux ans comme codeuse auxiliaire (2006-2008), puis a décidé de faire la formation de codeuse à Lyon, en 2008-2009.

« Je suis passionnée par les langues et par les différentes versions du Langage Parlé, LPC. Avant même de suivre la formation de codeuse-interprète, j’ai commencé à donner des stages de code anglais tant pour entendants que pour malentendants dès 2006 ».

Depuis plusieurs années, la jeune femme forme des codeurs-interprètes, et également des enseignants spécialisés dans des cadres divers.  « J’ai eu l’occasion de proposer des journées de pratique professionnelle du Cued Speech pour le compte de l’association suisse des codeuses-interprètes en langue française, ASCI ».

C’est à Paris, qu’elle a travaillé en 2013 comme chargée de cours de Cued Speech, dans le cadre du Diplôme Universitaire de Cued Speech, auprès de l’Université Pierre et Marie Curie, aujourd’hui Sorbonne Université. « Cette expérience m’a apporté une bonne dose de confiance en moi ! Et j’ai tissé des liens avec les autres intervenants, les étudiants, et la directrice du Diplôme Universitaire (et de la formation de codeurs de Paris). Elle m’a conforté dans le travail que j’avais accompli auparavant, et j’ai aussi appris beaucoup de choses en échangeant avec les autres intervenants ». Elle a aussi été en charge de trois journées de tandem « codeur-décodeur » pour le compte de l’association suisse pour les Langues Parlées Complétées ;

Toujours prête à former, elle accompagne des collègues pour le passage du « level 1 exam » de la Cued Speech Association UK durant deux ans, à la formation des codeurs-interprètes à l’EESP en assurant notamment l’organisation et le passage du « level 1 exam ».

Enseigner n’est pas donné à tout le monde ; comment avez-vous attrapé le virus ? C’est en expérimentant, en testant des cours que j’ai pris goût à la formation. Il y a pour moi un côté très créatif dans la préparation des cours. J’aime également beaucoup le contact d’adulte à adulte (formateur / apprenants), en situation de cours.

Elle a également proposé des cours pour le compte de l’ALPC Suisse, destinés uniquement à des personnes sourdes, ceci afin de travailler en profondeur le décodage du Cued Speech.

En 2012 encore, Annika Dind et Martine Kaba-López ont eu l’opportunité d’élaborer un premier projet commun : elles ont rédigé un manuel d’apprentissage du code anglais avec leurs collègues Gabrielle Bernhard et Elinor Radeff, marquant le début de leur collaboration dans le domaine du Cued Speech.

Telle une évidence, parmi la cinquantaine de codeurs-interprètes en Suisse romande et en vraie polyglotte, Annika met actuellement en place des cours en allemand.

Existe-t-il des cours pour l’italien ?
Non, rien de tel n’existe pour l’instant. La Suisse romande est déjà un petit terrain, avec une petite équipe de codeuses et un nombre limité de bénéficiaire. Un grand travail est fait actuellement pour développer le code en Suisse alémanique. Un rêve serait de développer le code au Tessin et, pourquoi pas, aux Grisons !

Pour toutes informations sur le Cued Speech :

annika_dind@yahoo.com